System Of A Down : l’hypnose métallique… (Première partie)

System Of A Down, groupe phare de la scène métal internationale, et son leader Daron Malakian, psychopate de génie, reviennent (après de nombreux reports) avec un double album qui fait parler de lui et suscite bien des convoitises : Mezmerize/Hypnotize... Le retour du quatuor ne s'annonce pas difficile, les fans attendaient avec impatience ce nouvel opus, et l'achèteront les yeux fermés. Mais qu'en est-il de sa véritable valeur, de son Moi profond ? |

System Of A Down (leur premier album, éponyme) en 1998 était déjà une grosse claque, Toxicity en 2001 était sans doute leur meilleur album (et ce n’est pas peu dire…), un joyau qu’on ne trouve même pas dans la caverne d’Ali Baba. Et Steal This Album en 2002 nous confirmait à tout jamais l’étendue du talent du quatuor aux origines arméniennes, rien qu’avec un assemblage de Faces B… Après 3 ans d’absence et de travail, Daron Malakian et sa bande sont revenus en 2005 avec la sortie de deux albums en 6 mois d’intervalle. Un nouveau concept que ce double album, symétrique et mystérieux, qui n’en fait en fait qu’un, mais pas vraiment de prise de risques : le public est acquis d’avance. Alors qu’en est-il vraiment de la valeur de ces deux nouveaux opus d’un des plus grands groupes de la scène rock actuelle ? Première partie de la réponse avec le décorticage de Mezmerize…
Présentation du groupe
Je pense que la majorité d’entre vous n’ont pas besoin de lire ce paragraphe, ou juste pour la forme, histoire de se remettre un petit goût à la bouche. Mais je préfère quand même présenter en quelques lignes le groupe, pour que ceux qui ne connaissent pas puissent le cerner approximativement. SOAD est un groupe unique en son genre, à tendance « hard rockeuse », mais qui peut osciller entre rock alternatif et métal, inclassable en tout cas, à la puissance entraînante ou effrayante, et aux rythmes et mélodies saccadés ou limpides, mais toujours enivrants. Quatre membres : Serj Tankian (chanteur et guitariste claviériste à l’occasion), Daron Malakian (chanteur et guitariste), Shavo Odadjian (bassiste) et John Dolmayan (batteur). Chacun dans la formation a son rôle bien défini, et les mécaniques sont bien huilées : Daron écrit et produit, Shavo s’occupe de la réalisation des clips, etc. La formation est très engagée dans ses textes, et l’est même en dehors de sa musique (Serj milite pour la reconnaissance du génocide arménien, et le clip de Boom fait figure d’exemple type de cette volonté de s’exprimer grâce à leur notoriété sur des sujets fâcheux de l’actualité). Sur scène, l’énergie donnée est toujours spectaculaire (et parfois même incontrôlée), et les spectateurs la reçoivent avec beaucoup d’ardeur. Résultat : pogos, doigts levés, slams à foisons, vociférations, malaises, voire décès (c’est ce qui s’est malheureusement passé en juin dernier à Lyon…).
Enfin bref, SOAD c’est une musique et des textes fracassants, une vision critique du monde dans lequel nous vivons, qui laissent peu de monde indifférent. Le groupe est, il faut bien se l’avouer, une sorte de porte parole de la génération ‘Fuck the world’ (et ce n’est peut être pas ce que le quatuor recherche) ou plus banalement des amateurs de rock, de hard rock, de métal, les jeunes en général, les moins jeunes aussi, et tout ça, ça fait beaucoup de monde !
Mezmerize
Voici donc le premier opus de ce double album tant attendu… On pouvait s’attendre à un crochet du droit, un uppercut fatal, et même si on en reçoit un peu moins, le choc reste scotchant. C’est bien du System, avec ses rythmes effrénés, sa puissance, qui nous amènent au bord de la syncope, ses mélodies transcendantes, et les deux morceaux lâchés avant la sortie de Mezmerize (Cigaro puis BYOB) n’en étaient qu’un petit aperçu. Du premier son du premier morceau au dernier soupir du dernier, on se régale. L’éventail des capacités de composition de Daron s’est élargi, et nos oreilles ont le droit à tout : du gras, comme sur Revenga ou This Cocaine Makes Me Feel Like I’m In This Song, du doux (Lost In Hollywood), voire même de l’inhabituel (Old School Hollywood, et certains passages très ‘folklo’ de Radio/Video) sans vraiment comprendre ce qui leur arrive…
Et on met ici le doigt sur un point très important. Avec cet album, on sent qu’il s’est passé quelque chose. SOAD n’est plus le groupe de Toxicity ou de System Of A Down. La sonorité a changé, on ne retrouve pas le ‘tape dedans’ d’un Know ou d’un Fuck The System. C’est comme si le groupe avait pris une nouvelle direction. On a perdu la simplicité du son et l’ensemble de l’ambiance qui tournait autour, mais on a gagné en retour quelque chose de plus abouti : les morceaux sont plus arrondis, moins durs, mais sont aussi plus recherchés, plus peaufinés. Finalement SOAD a peut être changé, mais ça leur réussit, alors on ne va pas se plaindre.
Ce tournant emprunté se répercute sur d’autres aspects. Daron se permet de chanter beaucoup plus que sur les précédents albums, donnant lieu parfois à des moments de pures sensations musicales, ces frissons qu’on ne maîtrise pas, mille fois plus révélateurs que n’importe quelle critique (il faut écouter Question, ou l’ouverture du bal, la magnifique ballade Soldier Side pour comprendre). John, lui, s’est mis à la double grosse caisse.
Et avec tous ces changements, on obtient un album adressé à un public beaucoup plus large. Les morceaux passent en boucle sur MTV, tournent bien à la radio, et c’est quelque peu troublant, quand on sait que System se basait auparavant sur le bouche à oreille… Les fans des tous premiers balbutiements en arrivent même à penser que le groupe devient commercial. Les autres, ceux qui découvrent, explorent un son et une ambiance beaucoup moins agressifs qu’avant, et accrochent plus facilement.
Certaines choses en revanche perdurent, comme la qualité des textes, tous très incisifs, portés par deux voix sublimes et un Serj qui débite le flot de paroles à une vitesse parfois vertigineuse. Sur Violent Pornography, les ‘Everybody’ sont lancés par rafales de trois avec une aisance que même un anglais ne pourrait posséder facilement. Et certains passages marquent, comme ce martèlement de questions dans BYOB : ‘Why don’t presidents fight the War ? Why do they always send the poor ?’.
C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses…
Cet album, succession de ‘tubes’, frappe très fort. Dès la première écoute pourtant, quelques regrets peuvent faire surface : on sent que SOAD a changé. Alors tout dépend des goûts : les fans de la première heure qui préfèrent le son brut et brutal de System Of A Down aimeront beaucoup moins cet album ci que ses prédécesseurs, alors que le public plus large, plus jeune aussi peut être, l’adorera. Ce qui est certain dans cette confusion de sentiments qui demande plusieurs écoutes avant d’être atténuée, c’est que ce Mezmerize est un grand cru du quatuor, un virage géré à merveille. Reste à voir quelle allure prendront les choses six mois plus tard, avec l’arrivée d’Hypnotize… En tous les cas, Mezmerize est conseillé à tous : à écouter absolument !
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Le 02.05.06 à 18:46
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Personellement, je n’accroche pas du tout à ces deux nouveaux albums… Je ne les trouve pas mémorables du tout, ça manque de punch pour une grande partie des morceaux
J’ai été plutôt déçu, mais je retiens quelques bons morceaux comme B.Y.O.B. …
Le 04.05.06 à 11:50
Je suis un peu de ton avis Gerrard… Les deux derniers albums ne sont pas mes préférés, je préfère amplement System Of A Down ou l’immenssissime Toxicity !
Mais j’ai écris cet article, je me suis dit que je devais mettre de côté mon opinion personnelle, et sincèrement, ces deux albums sont quand même très très forts. B.Y.O.B est un super bon morceau, mais il y en bien d’autres !
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