Bad Company, ou la finesse du FPS

La série des Battlefield franchit le pas et arrive maintenant sur consoles. Le passage est-il réussi ? Réponse dans ces quelques lignes. |

Les règles des FPS sont en train de changer. Jusqu’à présent, les jeux vidéo qui plaçaient les joueurs au centre d’un conflit armé offraient toujours à ces derniers la possibilité de se mettre à couvert derrière un mur de briques ou un empilement de sacs de sable afin d’éviter le feu des assaillants. L’arrivée sur consoles next-gen de Battlefield : Bad Company, le dernier titre développé par les studios Digital Illusions CE, est en train de changer ce concept.
A couvert
L’intérieur d’une maison n’est en effet plus un refuge sûr pour les soldats en fuite. Les murs, sacs de sable, barrières, clôtures et autres objets jadis indestructibles peuvent maintenant être réduits en morceaux sous l’impact d’une grenade ou d’un tir de roquette. C’est en changeant la formule établie du gameplay des FPS basés sur l’univers de la guerre que Bad Company, même s’il n’est pas exempt de défauts, parvient à attirer l’attention de beaucoup de fans du genre.
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La série des Battlefield est à l’origine apparue sur PC. Battlefield 2 : Modern Combat a été le premier à franchir le pas pour passer sur consoles à l’époque de la XBox première du nom. Même s’il s’agissait d’un jeu assez fun, il n’a pas reçu toutes les bonnes critiques habituelles pour les autres titres de la série. Bad Company marque un tournant dans l’histoire de cette saga. Non seulement il s’agit du premier titre de la série accompagné d’un véritable scénario inédit, mais c’est également le premier à mettre à profit le moteur Frostbite qui se cache derrière les possibilités de destruction du décor évoquées ci-dessus.
Bad Company suit les aventures du soldat première classe Preston Marlow, une nouvelle recrue de la division appelée Bad Company. Il s’agit d’un groupe de soldats à la vocation manquée nommés Sarge, Haggard et Sweetwater, qui ont chacun une personnalité bien marquée et des lignes de dialogues assez fameuses. Alors que les premières missions ont des objectifs très nobles en relation avec l’armée, la motivation de l’équipe suit rapidement un autre chemin au bout duquel se profile la promesse de récupérer des lingots d’or. Au final, l’ambiance du jeu alterne entre le sérieux des affrontements et l’humour des différents personnages qui prennent tout ça à la légère. Même si cette association peut paraître un peu bizarre, elle a au moins le mérite d’être originale.
La ruée vers l’or
Il est d’ailleurs clair, notamment au niveau du gameplay, que Battlefield : Bad Company n’essaye pas de se prendre autant au sérieux que peut l’être un Call of Duty 4. Ceci est mis en évidence par les systèmes de santé et de réapparition en cas de mort. Dès le début de l’aventure, Marlow possède une seringue hypodermique qui, une fois enfoncée dans la poitrine, permet à ce dernier de récupérer toute sa vie. Même s’il est nécessaire d’attendre quelques secondes avant de pouvoir répéter le processus, il est assez facile au début de gérer tranquillement sa barre de vie grâce à cet appareil.
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Et même en cas de mort, le jeu pardonne assez facilement les errances du joueur. En effet, dans la plupart des jeux en solo, lorsque le joueur meurt, l’environnement revient dans un état précédent correspondant au dernier checkpoint. Et bien ce n’est pas le cas dans Bad Company. Lorsque le joueur revient sur le champ de bataille, tous les dégâts causés et tous les ennemis abattus ont été pris en compte. Cet aspect du gameplay tranche un peu avec la stratégie et l’intensité générale des combats mais permet de charger directement face à l’ennemi sans craindre de perdre ce qui a déjà été accompli.
Mais la principale originalité de Bad Company se situe bien évidemment dans les possibilités de destruction du décor. Et même si cela parait étonnant, cette particularité modifie vraiment la façon de jouer, à la fois lors de phases offensives et défensives. Il n’est en effet plus possible de se planquer derrière un mur pour regagner tranquillement de la vie. Mais par contre, il est maintenant facile de débusquer un ennemi qui se cache dans un bâtiment en explosant le mur avec une roquette. Cette originalité de Bad Company oblige le joueur à revoir complètement sa façon d’aborder les choses.
Moi, j’aime bien quand ça explose
Bien entendu, ces destructions n’auraient pas eu un tel impact si la réalisation n’avait pas été à la hauteur. Bad Company n’est pas un modèle de graphismes, mais les explosions ont été particulièrement soignées et sont parfaitement réussies. Des barils explosifs et autres bouteilles de gaz sont d’ailleurs disséminées un peu partout pour être sûr de ne pas être à court d’explosifs. Globalement, les graphismes présentent certains problèmes de collision ou de synchro verticale mais rien qui ne vienne perturber de façon trop significative l’expérience de jeu.
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Côté audio, Bad Company se révèle d’un excellent niveau. Les bruitages (explosions, tirs, destruction de bâtiments…) et les dialogues sont très réussis, ce qui permet au joueur de s’immerger parfaitement dans l’ambiance du titre. La résonance des sons dans les espaces confinés a même été prise en compte, tout comme le rechargement des munitions dans les tanks ou hélicoptères que le joueur sera amené à piloter. Et pour coller avec l’ambiance parfois grave et parfois légère du titre, la bande-son alterne entre des thèmes dramatiques et des thèmes plus joyeux qui donnent encore une fois une touche particulière à ce titre.
Malheureusement, le principal défaut du mode campagne reste l’absence de coopération. Vu que le scénario présente une équipe de quatre soldats, il était normal d’attendre un mode en coopération à quatre (online ou offline) mais malheureusement, celui-ci n’a pas été implémenté. Il est assez dommage de voir que les développeurs de Bad Company n’ont pas fait l’effort d’inclure ce genre de possibilités alors que cela colle parfaitement avec le design du titre.
Tout casser, c’est encore mieux à plusieurs
Heureusement, le multijoueur est là pour sauver la mise. La série des Battlefield est en effet plus connue pour ses matchs en ligne que pour son mode solo et Bad Company ne déroge pas à la règle. Vingt quatre joueurs peuvent participer à des matchs classés ou non sur l’une des huit maps proposées (chacune offrant des possibilités différentes en termes de véhicules et de stratégie). Les joueurs choisissent l’une des cinq classes disponibles (toutes à peu près équilibrées) qui proposent un ensemble d’armes et d’outils qu’il faudra apprendre sans tarder à utiliser.
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Au contraire du mode solo où il faut récupérer des armes éparpillées sur le champ de bataille, le multijoueur repose sur un système progressif de déblocage des armes qui oblige le joueur à accumuler des points d’expérience. La seringue hypodermique est par exemple l’un des items à débloquer, tout comme les tirs de missiles ou les frappes aériennes. Les véhicules sont également de la partie (hummers, bateaux, tanks, hélicoptères…) ce qui permet d’offrir des batailles intenses lors de joutes à plusieurs. Avec de très nombreuses récompenses à débloquer, le multijoueur promet donc une durée de vie assez exceptionnelle.
Au final, Battlefield : Bad Company s’avère donc être la réponse parfaite aux longs après-midi d’été qu’il faudra bien trouver à occuper. Cela fait du bruit, c’est beau et ça laisse un bordel monstre après coup. Même si la campagne solo n’est pas parfaite (absence de coopération notamment), le multijoueur est là pour compenser et faire de Bad Company l’un des meilleurs FPS disponibles en ce moment. Avis aux amateurs du genre.
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