Baja : Edge of Control n’est vraiment pas à la hauteur

A l'heure où les jeux de course off-road retrouvent le devant de la scène, THQ tente d'imposer sa nouvelle licence intitulée Baja. |

Pour les vrais fans de course off-road, le Baja 1000 est connu pour être l’un des évènements les plus difficiles et les plus dramatiques du monde en matière de sports mécaniques. Chaque année, les coureurs se rejoignent à Baja en Californie pour une course de 1000 miles pleine de bosses, de sauts et de chutes à laquelle participent des camions, des buggies ou des motos de toutes sortes. Avec ses multiples classes de véhicules et un potentiel encore inexploré, THQ et 2XL Games ont vu là une bonne occasion de transposer cet évènement dans le monde du jeu vidéo, et se sont donc associés dans ce but en créant Baja : Edge of Control.
Seul dans le désert
Les développeurs de 2XL ne sont pas des novices en matière de course off road, certains venant même des équipes à l’origine des MX vs ATV. Mais au lieu de se contenter des quads et autres motos, ils ont cette fois-ci voulu retranscrire pleinement les environnements vastes de Baja et les machines complexes qui participent à la course. Le résultat est un jeu intitulé Baja : Edge of Control, qui possède quelques éléments solides, mais malheureusement le titre peine à s’imposer et ne se révèle pas à la hauteur de l’évènement réel.
  
L’un des points forts de Baja réside dans le nombre impressionnant de courses qui se déroulent dans une douzaine d’environnements différents, et qui proposent des circuits toujours remplis de bosses et autres difficultés. Au départ, le joueur devra se contenter d’une classe de véhicules, mais les autres pourront être débloquées au fur et à mesure de sa progression dans le jeu. Malheureusement, la difficulté est plutôt élevée dans Baja, notamment à cause du maniement des véhicules qui s’avère très dur à prendre en main.
  
Certains diront que les développeurs ont su retranscrire avec précision les effets des bosses sur les amortisseurs, ou encore les effets du terrain sur le grip des roues, mais au final il est assez difficile de ne pas se retrouver dans le décor, même en pleine ligne droite. Certes, avec un peu de pratique, le joueur pourra commencer à s’habituer à ce pilotage plutôt spécial, mais le plaisir de la conduite n’est pas vraiment là. L’impression de vitesse n’est pas très bonne, et le joueur semble n’avoir jamais vraiment la maîtrise de son véhicule, ce qui s’avère au final assez frustrant.
Des adversaires coriaces
Une part de la frustration vient aussi de la difficulté du jeu et surtout de l’IA. En effet, même dans les premiers niveaux où les pilotes adverses sont censés être les moins forts, il n’est pas rare de les voir effectuer une course quasi parfaite. Là encore, le joueur aura plus ou moins l’impression de ne pas arriver à faire ce qu’il voudrait, ce qui crée encore de la frustration. C’est encore plus vrai lors des courses d’endurance qui peuvent durer plusieurs heures. Au bout de 2 heures passées dans le même environnement sableux, le fait d’être poussé hors de la piste par un adversaire provoque quelques envies de meurtre ou de jet de manettes.
  
Afin de prendre un peu l’avantage sur l’IA, Baja propose quelques possibilités de tuning qui permettront aux plus acharnés de modifier dans les moindres détails les réglages des véhicules. Une fois les modifications effectuées, il ne reste plus qu’à participer aux courses dans les cinq catégories disponibles. Si au début ces types de courses peuvent paraître variées, la lassitude s’installe assez vite car les environnements sont quand même assez similaires, sableux, rocailleux et désolés. Cette impression est d’ailleurs renforcée par l’absence de bande-son qui certes rappelle la réalité de la course, mais qui ne constitue pas un élément positif pour le plaisir de jeu.
Côté réalisation
Graphiquement, Baja : Edge of Control se révèle être très loin de la perfection. Les textures des véhicules sont quasiment absentes, les lumières et les ombres très simplistes, et le niveau de détail des environnements est plutôt bas. Les circuits ont certes lieu dans des environnements ouverts mais les décors ne sont pas particulièrement soignés. Le joueur ne peut d’ailleurs pas s’aventurer trop loin sous peine de se voir pénaliser lorsque par hasard, il aurait réussi à prendre un raccourci. Côté réalisation, Baja n’est donc pas vraiment un exemple.
  
Au final, Baja : Edge of Control est un jeu qui s’embourbe dans des problèmes de conception trop nombreux pour être oubliés. La difficulté est trop importante, le réalisme de la conduite ne laisse aucune place au plaisir, et les courses se révèlent vite répétitives et ennuyeuses, sans parler de la réalisation. Les amateurs de jeux de course off-road auront vite fait de se tourner vers la concurrence qui se révèle plus réussie, avec notamment Pure ou le second volet de Motorstorm. Seuls les fans hardcore de courses interminables dans le désert trouveront un véritable intérêt au titre de THQ.
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