Castlevania : The Dracula X Chronicles

Une compilation de titres old-school qui devrait ravire les fans de la série. |

Que ceux qui ne sont pas familiers avec des jeux de plateformes old-school assez ardus passent leur chemin, Castlevania : The Dracula X Chronicles est un titre réservé à ceux qui ont déjà fait parler le fouet et qui ne redoutent pas la difficulté d’affronter les vampires. Le titre de Konami s’avère en effet être une compilation de plusieurs remakes, et notamment de la version remasterisée de Castlevania : Rondo of Blood, un opus de la série qui n’était jamais apparu dans les rayons des magasins. En plus de cette nouvelle version, l’UMD renferme la version originale de Rondo of Blood, ainsi que le très apprécié Symphony of the Night, de quoi satisfaire n’importe quel fan de la série assoiffé de sang. Que les casual gamers prennent donc gare, c’est du old-school, c’est dur et parfois même très frustrant.
Un classique du genre
Pour ceux qui ne connaitraient pas la série des Castlevania, il s’agit d’une saga de jeux d’action et de plateformes en side-scrolling qui placent le joueur face à une horde de démons, de momies et autres vampires, avec souvent pour seules armes un fouet et quelques reliques. The Dracula X Chronicles est donc une compilation de plusieurs titres de la série qui s’oriente principalement autour de la version remasterisée de Rondo of Blood (les deux autres titres sont un peu traités comme des extras, même si Symphony of the Night est un pack complet à lui seul). Ce nouvel opus place le joueur dans la peau de Richter Belmont, descendant direct de Simon Belmont, qui doit fendre le brouillard et les ténèbres pour éliminer le légendaire Dracula et sauver Annette, malheureusement kidnappée par les forces occultes (bref, un scénario très classique pour la série).
  
Dès le début de l’aventure, les graphismes du jeu marquent par leur qualité. Même si le gameplay s’apparente toujours à du side-scrolling façon 2D, les décors et les personnages sont en réalité réalisés en 3D, ce qui donne à Rondo of Blood un certain intérêt esthétique (en gros, les fans se retrouvent avec une version beaucoup plus sombre de Super Mario Bros.). De plus, le jeu propose quelques cinématiques (assez rares), mais qui sont tout de même intéressantes malgré leur simplicité. La plupart des dialogues sont doublés (même si le talent des acteurs est discutable) et la quasi-totalité des musiques est assez fantastique. Au premier regard, Rondo of Blood semble donc être un remake plutôt bien fait sur lequel les développeurs ont passé pas mal de temps.
Moi j’aime les coups de fouet
Le jeu en lui-même propose un ensemble de neuf niveaux, même si le premier d’entre eux est en réalité un prologue de quelques secondes qui ne compte donc pas vraiment. Dans chacun de ces niveaux, le joueur progresse jusqu’à affronter un boss plus ou moins coriace en essayant de ne pas perdre l’ensemble des vies dont il dispose. S’il perd une vie, le joueur reprend au dernier checkpoint, s’il perd toutes ses vies, il devra recommencer la mission depuis le début, chose qu’il est important de prendre en compte au vu de la difficulté générale du titre. Ce système s’avère en effet assez frustrant lorsque après plusieurs tentatives face à un boss particulièrement difficile, le joueur se retrouve obligé de repartir du début. De plus, les checkpoints sont assez mal placés et il arrivera de devoir recommencer quasiment du début à cause de ce problème d’équilibre dans le placement des checkpoints (parfois trop près les uns des autres, souvent trop éloignés).
  
Un des éléments intéressants de Rondo of Blood se situe dans le design des différents niveaux qui comportent parfois plusieurs branches. En effet, les niveaux 2 à 5 proposent par exemple plusieurs routes qui mènent à différents boss et constituent donc de nouvelles missions à part entière. Il s’agit de variantes des niveaux principaux qui permettent d’apporter un peu de variété au gameplay et d’améliorer la durée de vie du titre, ce qui est assez appréciable. Comme à l’habitude, les combats se font soit à l’aide de l’éternel fouet, arme de prédilection des Belmont, soit avec les différentes armes secondaires. Même si ces dernières sont au nombre de 6 (couteau, hache, croix, eau bénite…), le gameplay est assez simple et direct comme dans tout jeu old-school.
  
Ce principe peut rebuter les joueurs qui sont habitués à des mécanismes de jeu un peu plus complexes comme dans Symphony of the Night mais le gameplay de Rondo of Blood s’articule autour d’une utilisation efficace des rares armes à disposition (un véritable challenge). Le titre propose également aux joueurs d’incarner un autre personnage, Maria Renard, une jeune fille que Richter sauve au début de l’aventure, et qui peut ensuite être sélectionnée à n’importe quel moment depuis le menu de sélection du niveau. Maria utilise pour se défendre toutes sortes d’animaux, comme par exemple des pigeons, ce qui est assez surprenant au début mais se révèle plutôt fun par la suite. Ce deuxième personnage apporte également un peu de variété au gameplay et contraste avec les éléments très sombres du jeu.
Vive les gousses d’ail
Malheureusement, même si Rondo of Blood est assez fun et difficile, la compilation proposée par Konami possède tout de même quelques défauts. Le remake de Rondo of Blood dispose d’une bande-son entièrement en japonais, malheureusement certaines scènes ne proposent pas de sous-titres. Il est donc très dur de comprendre l’ensemble du scénario pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue nippone. Même si les quelques scènes incriminées ne sont pas forcément essentielles pour la compréhension générale de l’histoire, il est toujours frustrant de ne pas percevoir l’ensemble des subtilités proposées par le jeu. Le deuxième défaut de cette compilation se situe au niveau de Symphony of the Night, qui n’apparaît qu’en tant que bonus à débloquer (via un item particulier). Dommage que cet excellent titre ne soit pas disponible dès le départ.
  
Au final, Castlevania : The Dracula X Chronicles s’avère donc être une compilation plutôt réussie qui marque le retour de la série old-school cette fois-ci sur la console portable de Sony. La réalisation est globalement de qualité (même si quelques sous-titres manquent parfois à l’appel) et la difficulté est bien présente. Avec en bonus l’excellent Symphony of the Night (que les fans apprécieront), il est assez dur pour tout amateur de old-school et de Castlevania de passer à côté de cette compilation de Konami. Ceux qui seront tentés par ce titre devront tout de même se rappeler qu’il se révèle parfois très frustrant de par sa difficulté. A réserver donc à un public de connaisseurs.
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