Civilization Revolution règne sur les consoles

Après avoir fait le bonheur des joueurs sur PC, la série des Civilization arrive aujourd'hui sur consoles de salon. |

Traditionnellement, jouer à un des titres de la série des Civilization c’est s’attendre à faire d’abord quelques tentatives infructueuses avant de pouvoir se lancer pleinement dans l’aventure. C’est aussi faire face à une complexité qui rebute un peu les novices du genre, mais qui procure un réel sentiment de satisfaction lorsque les différents aspects du gameplay sont maitrisés. Les parties de Civilization sont généralement longues et peuvent conduire à des conflits parfois interminables.
C’est en partie à cause de cette particularité que la série des Civilization n’a jamais vraiment été transposée dans l’univers des consoles. En effet, les adaptes de next-gen préfèrent souvent des phases de jeu courtes mais intenses à de longues batailles dans lesquelles il faut gérer une centaine de paramètres qui varient constamment. Passer de la chaise de bureau au canapé était donc un véritable challenge pour le créateur de la série, et c’est maintenant chose faite avec Civilization Revolution.
Tout réside dans la stratégie
Pour ceux qui n’auraient pas eu le loisir d’essayer l’un des titres de la série sur PC, voici une brève présentation. Civilization est un jeu de stratégie au tour par tour dans lequel le joueur choisit une culture (aztèque, indienne, britannique…) et débute la partie avec un seul petit village qu’il va tenter de faire grossir dans le but de conquérir le monde. Se développer consiste bien entendu à construire des villes ou autres merveilles, à se développer technologiquement et évidemment à effectuer diverses manoeuvres militaires pour éliminer les civilisations adverses. Si le joueur mène plutôt bien sa barque, il passera de la cueillette au lancement de fusées spatiales, et ceci après de nombreuses heures de micro-management.
Mais Civilization Revolution n’est pas qu’un simple portage du dernier titre en date de la série. Il s’agit plutôt d’une refonte pour le monde des consoles, des idées développées dans les différents opus de la série. Une attention toute particulière a été apportée au rythme, à la prise en main et au fun, montrant ainsi le travail de lifting réalisé par les développeurs de Firaxis. Le résultat est un jeu de stratégie au tour par tour allégé qui convient parfaitement en tant qu’introduction à ce genre particulier, et qui constitue un premier essai réussi pour une première sortie sur consoles.
La prise en main semble avoir été l’un des points sur lesquels les développeurs de Firaxis se sont concentrés. Le jeu propose 16 civilisations différentes qui possèdent chacune des capacités et des bonus de terrain particuliers qui viendront jouer un rôle dans la partie en temps et en heure. Les Egyptiens par exemple, auront un bonus d’un déplacement pour leurs fusiliers une fois l’ère industrielle atteinte. Il existe ainsi dans Civilization Revolution quelques bonus qui viennent récompenser le joueur s’il persévère simplement à poursuivre la partie, sans le forcer à manager tous les attributs et stats du jeu.
A moi la conquête du monde
Les différences entre la version PC et cette version consoles sont trop nombreuses pour être détaillées ici, mais certaines d’entre elles méritent une attention plus particulière. Ainsi, Civilization Revolution est beaucoup plus court que la version PC. Une partie varie entre 2 et 10 heures selon le niveau de difficulté (cinq au total) et selon la nature de l’adversaire (machine ou humain). Les maps sont maintenant générées aléatoirement, le joueur ne peut donc pas décider de la taille du champ de bataille. Une bonne partie de la complexité du jeu a également disparue. Ainsi, les villageois ne mourront plus de famine, les villes n’ont plus besoin d’une gestion aussi fine qu’auparavant, et il existe moins de conditions de victoire.
Malgré tout, la stratégie est toujours présente dans Civilization Revolution. Il existe quatre conditions de victoire : militaire, technologique, économique et culturelle, qui correspondent chacune à une manière différente d’aborder les choses. Si le joueur apprécie de développer une vaste armée et de conquérir les territoires ennemis, il trouvera sûrement son bonheur en tentant de remporter une victoire militaire. Le jeu permet d’ailleurs de regrouper trois groupes d’unités identiques afin de constituer une armée, qui se verra gratifiée de bonus en cas de victoires multiples. Il est ainsi assez plaisant de détruire la capitale adverse avec une armée de cavaliers ninjas.
Si au contraire le joueur préfère rester pacifique, il devra sûrement se tourner vers l’arbre des technologies et l’écran de diplomatie. Le premier constitue un ticket vers le progrès et le second, le moyen de contenir les ambitions des adversaires le temps d’envoyer une mission spatiale vers Alpha du Centaure, d’accumuler 20 000 unités d’or dans la banque mondiale, ou d’acquérir une victoire culturelle en amassant suffisamment de merveilles. Il est toujours plaisant de voir Gandhi menacer ses villes, et encore plus de s’apercevoir qu’il peut être soudoyé en échange d’un secret ou deux.
Et à plusieurs…
Tout ceci est bien entendu valable en solo mais également en multijoueurs. L’aspect multi a également bénéficié d’une attention particulière et se révèle plutôt réussi. Il est en effet possible de jouer jusqu’à quatre en ligne, soit en équipe, soit chacun pour soi avec à chaque fois le nombre d’IA qui viendra compléter la partie, même lorsqu’un joueur quitte le match en cours de jeu. Le multi en ligne semble ne pas souffrir de lags intempestifs et offre même la possibilité de réaliser un chat vocal (pratique pour planifier une attaque à plusieurs).
Civilization Revolution constitue donc une bonne adaptation de la série sur consoles même si certains souhaiteront davantage de complexité après quelques parties. Les maps ne sont plus accessibles et rendent les parties un brin répétitives au bout d’un moment, ce qui est un peu dommage. Les développeurs ont tentés de compenser cet aspect des choses en incluant un mode scénario dans lequel les parties se déroulent avec une des règles du jeu légèrement changée (les barbares sont plus forts qu’à l’habitude, le développement technologique est accéléré…). Ce mode augmente considérablement la durée de vie du jeu qui reste plus qu’acceptable pour un titre de ce genre, spécialement sur consoles.
Au final, Civilization Revolution en prenant le parti de s’adapter au support et au public du monde des consoles, parvient à s’imposer là où d’autres ont échoué. Avec un gameplay simplifié mais qui laisse encore place à une bonne dose de stratégie, ce titre constitue une parfaite mise en bouche pour ceux qui voudraient continuer l’aventure sur PC. Plutôt que de s’obstiner à réaliser un portage fidèle des versions PC, les développeurs de Firaxis ont su faire d’intelligents compromis et proposent ici un titre plaisant et un bon jeu de stratégie sur consoles. Les fans inconditionnels feraient donc bien de s’y pencher en attendant le prochain add-on de Civilization IV.
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