Fracture : trop linéaire et répétitif, dommage…

Avant l'arrivé prochaine de Gears of War 2, voici un nouveau jeu de shoot à la troisième personne qui tente de s'imposer. Mais a-t-il les arguments suffisants pour réussir ? |

Développé par LucasArts et Day 1 Studios, Fracture est un jeu d’action futuriste qui tente de s’imposer face à une concurrence féroce. Certains diront qu’il ressemble peut-être trop à des Too Human, Gears of War, Halo ou encore Dark Sector, mais Fracture tente, au-delà d’un aspect graphique certes peu original, de se démarquer à l’aide d’un concept à part, l’altération du terrain. Mais cet argument est-il réellement suffisant pour espérer briller ? Explications.
Dans un futur pas si lointain
Le scénario de Fracture retrace les évènements qui se déroulent sur Terre en 2161, une période de troubles et de grands bouleversements. Le changement climatique que la Terre a subi pendant plus d’un siècle a conduit à l’inondation d’une grande partie des terres, créant naturellement deux entités, l’est et l’ouest, séparées par un océan. L’est, l’Alliance Atlantique, s’est orienté vers le développement technologique pour améliorer le monde alors que l’ouest, la République du Pacifique, s’est appuyé sur le recherche génétique pour modifier leur destinée.
  
Dès les premiers instants, le joueur est mis dans la peau, ou plutôt dans la super-combinaison de Jet Brody, un membre des forces armées de l’Alliance Atlantique. Jet débute son périple en prenant d’assaut la capitale du Pacifique, San Francisco, suite à la déclaration du Président de l’Alliance qui stipule que les manipulations génétiques sont désormais hors-la-loi. Le leader de la résistance du Pacifique, le général Nathan Sheridan, décide alors de regrouper ses forces pour détruire les armées de l’Alliance. Il revient donc à Jet d’infiltrer la base de Sheridan, de se renseigner sur ses plans, et de venir à bout de la menace qu’il représente.
Jet est loin d’être seul et sans armes dans cette aventure. Il pourra en effet compter sur de fréquentes communications avec son père adoptif et mentor militaire, mais également sur un petit arsenal de joujoux qu’il faudra mettre à profit dans ce jeu de shoot à la troisième personne. Une super combinaison qui ressemble à celles vues dans Halo ou Gears of War lui permet de bénéficier d’un bouclier (symbolisé par une barre bleue à l’écran qui se remplie d’elle même lorsqu’il n’est pas la cible de tirs). Il pourra également s’amuser avec une douzaine d’armes différentes, qui vont des classiques fusils à pompe ou fusil de sniper, en passant par l’ALM-37 Deep Freeze qui transforme les ennemis en pic à glace, ou encore le Rhino qui envoie des boulets chargés électriquement aux ennemis.
Moi, j’aime bien tout exploser
Jet n’est capable de transporter que deux armes simultanément, mais il sera toujours possible d’en laisser une pour récupérer ce qui traine ça et là. En plus des armes, Jet dispose de 4 types de grenades qu’il faudra piloter avec la croix directionnelle. La grenade vortex permet de créer un mini trou noir qui aspire tout sur son passage, les trois autres grenades sont quant à elles des armes d’altération du terrain. En effet, la première permettra de créer une explosion qui formera une colline, la seconde aura l’effet inverse et permettra de créer un cratère, la troisième permet quant à elle de créer un pic vertical parfois très utile.
  
Tout l’intérêt de Fracture se trouve dans l’utilisation de ces armes d’altération du terrain. En effet, en plus des grenades, Jet dispose d’une fonction sur sa super combinaison qui lui permet de créer des collines ou des cratères à volonté (il n’y a pas besoin de munitions et il faut seulement le recharger lorsque des tirs consécutifs ont été effectués). Lorsqu’une plateforme semble inaccessible, il y a fort à parier qu’il faudra créer une colline pour se soulever et arriver à l’atteindre. De même, lorsqu’une grille bloque le passage, il faudra peut-être créer un cratère pour pouvoir se faufiler sous la grille en question.
Il est fort probable que les développeurs de LucasArts et de Day 1 Studios pensaient que cette originalité allait permettre à Fracture de se démarquer des autres titres du genre. Malheureusement ce n’est pas le cas, et Fracture se révèle tout de même assez générique. Par exemple, l’utilisation de l’altération de terrain se révèle assez vite répétitive. Certes, cela peut permettre de se mettre à couvert un peu dans n’importe quelle situation mais le joueur ne peut agir que sur un nombre limité d’environnements, ce qui limite un peu l’intérêt de ce concept.
Un peu toujours pareil…
Malheureusement, la répétitivité se retrouve également dans plusieurs aspects du jeu comme les niveaux, l’histoire, même les combats contre les quelques boss que compte le jeu. Le scénario est par exemple divisé en trois actes (San Francisco, le Sud-ouest et Washington D.C.) mais il n’y a pas de vraies coupures entre les missions, ce qui donne l’impression au joueur de traverser un seul et même niveau quasi interminable. Les actions à réaliser répondent très souvent au même schéma, ce qui devient vite lassant et ennuyeux.
  
De plus, les ennemis se révèlent vite assez peu intelligents. Ils restent plus ou moins en position et tentent de tirer sur Jet. Même lorsqu’ils commencent à être touchés, ils ne pensent absolument pas à se mettre à couvert, et restent donc une bonne cible à éliminer. Les ennemis sont d’ailleurs assez peu variés (à quelques exceptions près) et pas forcément très durs à éliminer (pour les plus coriaces, il suffit de répéter plusieurs fois la même tactique). Chose qui peut aussi devenir agaçante : tous les ennemis ont la même voix et pousseront donc les mêmes cris, encore et encore.
Graphiquement, Fracture n’est pas aussi réussi que ce que les joueurs pourraient attendre d’un titre de ce genre. Lors des gros combats, tout semble assez bien rendu notamment grâce à aux explosions, mais le titre de Lucas Arts souffre malheureusement de problèmes récurrents comme des pertes de framerate ou des écrans qui freezent par exemple lors des sauvegardes. Pire, les cinématiques sont vraiment de faible qualité ou mal compressées car elles semblent floues voire même souvent pixélisées, ce qui au final donne un résultat assez ridicule.
Et à plusieurs
Le seul véritable atout de Fracture se situe dans son mode multijoueur qui s’avère très fun et assez prenant. Ainsi, 12 participants peuvent prendre place dans 8 modes de jeu différents sur un total de 8 arènes plutôt bien pensées. Il y a bien entendu les classiques Capture the Flag, Deathmatch et autres, mais aussi quelques modes assez sympathiques qui mettent à profit les armes originales de Fracture. Le mode Excavation oblige ainsi les membres de chaque équipe à ériger des tours dans différents endroits de la map, à les défendre tout en attaquant les tours qui ont pu être créées par l’adversaire afin d’en ériger à la place.
  
Au final, Fracture s’avère être un titre qui aurait pu être très bon, mais qui pêche malheureusement sur de trop nombreux aspects pour pouvoir s’imposer. L’idée première d’altération du terrain était intéressante mais elle se révèle mal exploitée. Le titre de Lucas Arts propose une aventure trop linéaire et trop répétitive, ce qui gâche rapidement le plaisir de jeu. Les grenades vortex et le multijoueur sont plutôt funs, mais ce sont les seuls vrais atouts de ce titre qui semble encore non abouti. Dans un genre où la concurrence est très rude, Fracture ne sort malheureusement pas du lot et pourra sans doute faire l’objet d’une location mais probablement pas d’un achat.
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