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Fire Emblem Awakening : au cas où vous auriez besoin d’une raison pour acheter une 3DS

Appréciation de MaXoE
10Sélection Best Of MaXoE
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5
Les Tactical-RPG sont l'un des genres les plus populaires au Japon, alors qu'ils sont souvent boudés en Occident, à l'exception notable des Fallout de la grande époque. Pour mémoire, les Tactical-RPG sont ces RPG qui voient des armées s'affronter sur des damiers, des jeux de stratégie souvent éprouvants et passionnants. Parmi ces jeux, il en est une qui fait le bonheur des joueurs depuis les consoles 8 bits au Japon, c'est celle des Fire Emblem. Rarement, hélas, traduite en France, cette série a même failli disparaitre purement et simplement des écrans radars chez nous, les éditeurs ayant toujours été particulièrement frileux à son encontre. Pourtant, Awakening a réussi à se frayer un chemin jusque sur nos étals. Il faut croire que certains distributeurs ont le nez creux.

Fire Emblem Awakening Cover

Innocemment, parfois, le testeur de MaXoE reçoit un jeu. En l’occurrence, Fire Emblem Awakening. Profitant d’un moment de répit, il l’installe et le lance. Erreur grave. Car quelques jours plus tard, on le retrouve l’oeil hagard, la bave aux lèvres, ayant sacrifié vie sociale et sommeil sur l’autel de sa passion ludique. Car ne nous voilons pas la face : on ne croise pas souvent un jeu comme celui-là. Les fans l’attendent avec impatience, et sapristi comme ils ont raison.

Première étape : choisir son avatar. On ne peut pas dire que l’ensemble baigne dans l’originalité la plus débridée, ni que l’on puisse vraiment customiser son avatar autant qu’on le voudrait, mais les looks proposés sont sympathiques, donc on fera avec. Une sobriété qui détonne, d’ailleurs, parmi les standards du genre. Premier détail significatif : votre héros aura un point fort et un point faible, à choisir parmi ses points de vie, sa force, sa défense, ses techniques, sa magie, etc. Rejouabilité annoncée, peut-être, mais surtout adaptation du jeu à son style. Vient aussi le choix de la difficulté : la série des Fire Emblem n’a jamais brillé par sa simplicité, aussi celui-ci propose-t-il trois modes de difficulté, en sachant que, première dans la saga, il est possible que les morts ne le restent pas. Jusqu’ici Fire Emblem a toujours imposé qu’un personnage mort le reste à moins de rejouer le combat, mais ici cette petite option a été légitimée par la volonté d’ouverture, et peut-être dans ce genre de détails malins que le jeu a obtenu le droit de sortir chez nous… En effet, nombreux sont ceux, pas assez acharnés peut-être, qui ont tourné le dos à la saga à cause de ce détail spécifique, qu’il est le seul titre du genre à proposer.

Puis vient le jeu. Et là, on prend une claque monstrueuse. Cinématiques dantesques et bien mises en scènes (et en japonais en passant par les options), personnages finement détaillés, carte du terrain de combat en relief sur lequel les personnages et les décors ressortent bien, avec la réelle impression que les informations sur l’écran sont à l’avant-plan et une 3D d’un réalisme bluffant, la 3DS est en train, petit à petit, de faire taire ses détracteurs en offrant une 3D juste sublime et qui renforce profondément le plaisir de jeu. Regarder Fire Emblem est un ravissement, en particulier les combats, puisque chaque duel donne lieu à une petite animation dans laquelle des modèles en 3D très réussis s’opposent, combats que l’on peut même voir à la première personne. Énorme. Une 3D bien réglée, somptueuse, et qui curieusement ne donne pas mal à la tête. Au temps pour les éditeurs qui prétendent que si la 3D file la nausée, ce n’est pas parce qu’ils programment comme des pitres. Avec Castlevania et Fire Emblem, ils viennent de recevoir deux baffes en colissimo.

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Le système reste basé, fondamentalement, sur un pierre-ciseaux-papier : l’épée bat la hache qui bat la lance qui bat l’épée. Simple, mais efficace, puisqu’évidemment le système se complique et s’enrichit régulièrement au long de l’aventure, à travers par exemple la magie, elle aussi soumise à des avantages/handicaps. Et il va falloir le maîtriser vite et bien, ce système. Oubliez la fonction automatique qui gère les combats, elle vous enverrait au casse-pipe purement et simplement. Il va falloir remonter ses manches et les plonger dans le cambouis : votre ennemi est nombreux, il est bougrement malin (même en normal), et en plus il reçoit évidemment des renforts à intervalles réguliers, ce que vous pourrez éviter en assignant l’un de vos hommes à la surveillance de ses avant-postes. L’intérêt ne s’arrête d’ailleurs pas là : dans ce jeu, les tomes ou les objets de soin sont des armes comme les autres, qui peuvent donc se fragiliser puis casser. Le soin devient donc un ultime recours, et il se trouve qu’occuper un avant-poste permet de soigner l’unité qui s’y trouve gratuitement. CQFD.

Ce « CQFD » arrogant, d’ailleurs, est assez symptomatique du jeu en lui-même : il est dur, très dur parfois, mais tout est assez cohérent, et vous n’aurez jamais le sentiment de perdre une bataille sur un caprice de l’IA. A un moment ou à un autre, vous aurez commis une erreur tactique. Le jeu reste donc cohérent, et, dans un sens, logique.

Je disais il y a quelques lignes que votre adversaire est malin, et il l’est : il choisira toujours bien sa cible, et si par mégarde vous avez la mauvaise idée de laisser votre commandant ou l’un de vos personnages faibles mal protégé (comme un archer ou un magicien), vous pouvez être sûr que l’IA s’acharnera dessus. De même, dans les modes de difficulté plus élevés, elle a tendance à se concentrer sur un ennemi, plutôt que de disperser ses assauts. Dans un jeu où la mort est définitive, c’est doublement rageant…

Vous en voulez encore? En avant! Vos unités ne sont pas que des pions : d’abord, elles ont des relations. Si elles passent du temps côte-à-côte, elles finiront par nouer des liens, qui pourront aller jusqu’à se protéger l’une l’autre, ou faire une attaque supplémentaire. Indispensable. Et si cela ne suffit pas, vos unités pourront fusionner, pour obtenir le petit bonus nécessaire à affronter un gros trapu d’en face…

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Ce ne sont d’ailleurs pas des à-côtés sans conséquence : une relation suivie donne de meilleurs résultats, notés comme souvent de C à S, et deux personnages de sexe opposé ayant une relation S (ce n’est pas une abréviation, je n’y peux rien) se marieront, auront des enfants, et vous pourrez plus tard recruter ces rejetons, aux caractéristiques dépendant largement de celles des parents, sous certaines conditions.

Et puis, plus prosaïquement, vos personnages  vous paraitront plus humains, plus attachants. Vous comprenez donc d’autant mieux pourquoi on ne veut pas les voir mourir…

De la même manière, régulièrement, vous rencontrerez des missions annexes, des marchands cachés, des événements aléatoires, qui vous offriront des opportunités uniques ou des bonus relationnels. Toujours amusants, pour contraster avec les combats, crispants au possible et qui exigent une concentration maximale, ces moments constituent de vraies bouffées d’oxygène.

L’aspect RPG, lui, est assuré par la progression des personnages, que l’on bichonne, équipe, peaufine… Autant vous dire que je ne connais aucun joueur qui n’ait pas au moins rechargé une fois un combat pour ne pas voir le personnage tant idolâtré mourir comme le premier péon venu… C’est qu’on s’attache !

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Vous ai-je parlé des classes ? Pas encore ? Bon sang on n’en verra jamais le bout, de la richesse de ce jeu ! Et oui, vos personnages, une fois le niveau 10 atteint, pourront atteindre une sorte de classe de prestige. Ainsi, un guerrier pourra devenir un féroce barbare ou un robuste paladin, par exemple, et si toutes les classes n’évoluent pas (en général les plus faibles ou les plus prestigieuses), on trouve ici un moyen d’adapter son équipe à toutes les situations et d’avoir des personnages vraiment variées et donc de vraies configurations interchangeables. A noter que vous pourrez, d’ailleurs, changer la classe d’un personnage grâce à des objets dédiés… Une réussite totale, là encore.

Vos personnages ne sont d’ailleurs pas les seuls à prendre des niveaux. Ainsi, par exemple, vos armes aussi pourront prendre du galon, ou plus exactement la maîtrise qu’ont vos personnages de telle ou telle arme. De quoi dissuader ceux qui pensent qu’il suffit de donner plusieurs armes à un personnage pour qu’il soit tout terrain.

On papote on papote et je n’ai toujours pas évoqué le scénario ! Pourtant, comme dans tout bon Fire Emblem, il est assez bien ficelé, malgré un début paresseux. Votre avatar se réveille en pleine campagne, amnésique (ben voyons), trouvé par un groupe de veilleurs mené par le charismatique Chrom, dont vous deviendrez bientôt le confident et l’ami, tant il est vrai qu’il faut savoir tout confier à un amnésique dont on ne sait rien à part qu’il met des mandales par packs de six. Des veilleurs qui veillent sur quoi, et bien sur les frontières du Royaume d’Ylisse, que les voisins attaquent régulièrement. Comme souvent dans ce genre de jeu, on a un scénario qui revêt la structure d’un entonnoir inversé, partant d’un détail pour arriver à un scénario global noir et sinistre. Le jeu s’offre, par ailleurs, le luxe de commencer par un prologue troublant qui vous obligera, littéralement, à finir le jeu pour savoir de quoi il en retourne. Fanatiques de la saga, vous serez aux anges, ceci d’autant plus que les teasers du jeu ont révélé quelques surprises concernant le casting et que vous n’êtes pas au bout de vos surprises…

Quant à l’ambiance, je ne vous dis que ça : si nous avons déjà évoqué les graphismes somptueux et la 3D limpide, que dire alors de l’ambiance sonore, des mélodies épiques ou mélancoliques, des bruitages pertinents et sans excès ?

Enfin, un dernier mot pour le délicat point des DLC, tout du moins tel que le système existe au Japon puisqu’il faudra encore attendre quelques jours chez nous pour s’en assurer : il est possible de télécharger de nouvelles missions, en général issues des jeux précédents de la saga. S’il est alors possible, en triomphant, d’obtenir l’un des héros des épisodes passés, elles présentent surtout la particularité de pouvoir être rejouées encore et encore, pour augmenter le niveau de son équipe ou de ses relations. La première carte proposée est gratuite, ce qui est une bonne initiative, mais les suivantes coûtent entre deux et quatre euros. Les fans hardcore finiront donc d’abord le jeu pour ne pas se le faciliter puis se précipiteront sur ces DLC pour retrouver des personnages légendaires de la saga. Les autres pourront passer leur chemin, à moins de vouloir prolonger l’expérience, ce qui peut se comprendre. Et puis, ils se méfient de nous, chez Nintendo. Ils tremblent face à notre haine farouche du DLC : ils ont quand même pensé à inclure des personnages bonus en SpotPass.

Et une petite cerise pour conclure : le jeu peut se jouer à deux, en local. Convaincus ?

 

L’avis de tof

Donner un deuxième avis est plutôt aisé. Je suis d’accord avec tout ce qui a été dit précédemment. Le gameplay est profond, les à-côtés multiples. Les personnages sont attachants et il est très difficile d’admettre d’en perdre un dans la bataille.

La stratégie est fine, les bourrins ne passeront pas les niveaux. Il faut ménager ses troupes, organiser sa stratégie, bref, utiliser son cerveau. Ajoutez à cela une histoire captivante et une 3D magnifique et vous aurez compris que le jeu est indispensable à tout joueur digne de ce nom.  

Appréciation de MaXoE
10Sélection Best Of MaXoE
Appréciation des Lecteurs
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

La note maximale, ça se mérite, mais après plusieurs dizaines d'heure sur la bête, le constat s'impose : Fire Emblem Awakening est d'ors et déjà une légende du genre, et surtout il aura la possibilité de faire découvrir cette saga au plus grand nombre. Magnifique, passionnant, difficile sans être injuste, avec une histoire classique mais haletante, il se pose en modèle absolu pour les jeux du genre à venir, et est un achat absolument indispensable pour tout possesseur de 3DS, amateur du genre ou non.
ON A AIMÉ !
- Tout
ON A MOINS AIMÉ...
- Comment osez-vous regarder la rubrique des "moins" pour un tel jeu?
- Ah si, les personnages n'ont pas de pieds. Bizarre.
Fire Emblem Awakening
Editeur : Nintendo
Développeur : Intelligent Systems
Genre : Tactical-RPG
Support(s) : 3DS
Nombre de Joueur(s) : 1-2
Sortie France : 19/04/2013
Informations complémentaires / A noter : PEGI 18