The Darkness : entre l’ombre et la lumière

Un FPS jouissif, à l'ambiance particulière. |

Le FPS est actuellement un genre très en vogue et très convoité sur les consoles de nouvelle génération. Pour tenter de se démarquer de la concurrence et de s’imposer dans une guerre sans merci que se livrent les différents éditeurs, 2K Games a choisi de laisser aux autres les univers un peu classiques comme la seconde guerre mondiale, et a décidé pour son FPS de s’inspirer d’un comic book américain nommé The Darkness. Développé par Starbreeze AB, l’équipe qui est à l’origine Des Chroniques de Riddick sur XBox, The Darkness est un FPS noir qui au premier abord semble particulièrement intéressant. Mais contrairement aux Chroniques de Riddick qui se révèle plus difficile et plus profond au fur et à mesure de l’avancée du scénario, le titre de 2K Games peine à monter en vitesse et à proposer une fin un peu plus spectaculaire. Malgré tout, jouer au méchant reste un réel plaisir.
Un étrange pouvoir
Le joueur est en effet placé dans la peau de Jackie Estacado, un jeune mafieux new-yorkais qui possède depuis sa naissance une mystérieuse force, dont il n’a pas connaissance et qui est encore enfouie au plus profond de lui. Le jour de son 21ème anniversaire, Jackie est trahi par son oncle Paulie, qui tente en tout bien tout honneur, de supprimer son neveu. Malheureusement pour lui, la tentative échoue et Jackie prend cette trahison comme une véritable déclaration de guerre. Grâce aux pouvoirs de The Darkness, la mystérieuse entité qui sommeillait en lui et qui vient enfin de se réveiller, il va se lancer, poussé par l’esprit de vengeance, dans un véritable carnage face aux hommes de la mafia dont il faisait partie.
  
L’élément de jeu qui permet à The Darkness de se démarquer des autres titres du genre réside dans un combat permanent et très intéressant entre l’ombre et la lumière. Les pouvoirs du héros deviennent en effet plus puissants et plus efficaces dans le noir. Même si la quasi totalité de l’action se déroule de nuit, la ville de New-York est bien entendu baignée de lumière par les innombrables éclairages. Dans chaque pièce ou chaque extérieur, le joueur se retrouve souvent face à de multiples sources de lumière. De manière à conserver les pouvoirs extraordinaires du héros, il faudra donc se débarrasser de ces différentes sources de lumière. D’ailleurs, plus loin dans le jeu, la lumière constituera souvent un ennemi plus redoutable que les hommes de main de Paulie.
Une ambiance noire et gore
La conception des niveaux et la gestion des sources de lumière a particulièrement bien été réalisée par les développeurs de Starbreeze. Malheureusement, ce concept intéressant et novateur rend, au bout d’un certain temps, la destruction des lampes et autres néons un peu trop répétitive. Un autre élément de jeu qui permet de rendre le héros plus puissant consiste à, âmes sensibles s’abstenir, dévorer les coeurs des nombreuses victimes. Ainsi, le joueur utilisera les deux serpents qui se trouvent sur les épaules de Jackie (manifestation de The Darkness) pour éventrer les ennemis et dérober leur coeur encore chaud. Des moments assez gores qui renforcent bien entendu l’ambiance très noire de ce FPS.
  
Pour se débarrasser des ennemis, Jackie dispose d’un arsenal de quelques armes, mais également de plusieurs pouvoirs surnaturels. The Darkness permet au héros d’utiliser 4 pouvoirs différents (l’Ombre Rampante, le Bras Démon, les Armes des Ténèbres, et le Trou Noir) qui se révèlent parfois plus efficaces que les armes à feu. L’Ombre Rampante permet d’utiliser l’un des serpents et de le contrôler pour s’infiltrer dans des recoins, détruire des sources de lumière ou même se débarrasser furtivement d’un ennemi. Sur le papier, l’utilisation du serpent est très intéressante mais il parfois dur de contrôler ce dernier correctement (particulièrement le long des murs ou dans les conduits d’aération), ce qui peut s’avérer très frustrant.
Le pouvoir des ténèbres
Le Bras Démon est sans doute le pouvoir le plus utile car il permet d’utiliser une longue tentacule pour plonger les lieux dans le noir ou de malmener les ennemis. Les Armes des Ténèbres sont des armes à feu qui drainent, parfois trop rapidement, le pouvoir de The Darkness. Malheureusement, cela n’est pas forcément très efficace (un tir dans la tête au fusil à pompe s’avère bien plus destructeur). Le dernier pouvoir des ténèbres est le Trou Noir. Il permet de créer un vortex qui aspire littéralement tout se qui se trouve alentour. Cette arme ultime va rendre le joueur quasiment instoppable durant toute la dernière partie de l’aventure.
  
Le héros peut également faire appel à plusieurs sbires qui vont l’aider dans sa quête de vengeance. Au nombre de quatre (Berserker, Tireur, Kamikaze et Destructeur de Lumière), ces petits gremlins qui craignent la lumière, peuvent être assez utiles pour éliminer les ennemis, détruire les sources de lumière ou encore par exemple ouvrir des portes et déplacer des voitures. Malheureusement, leur intelligence n’est pas forcément des plus développée, et il arrivera parfois que le kamikaze explose juste devant le joueur, que le tireur se trompe malencontreusement de cible ou que le destructeur de lumière se prenne les pieds dans une porte sans atteindre l’objectif.
Une aventure en solo…
Côté réalisation, le titre de Starbreeze propose des graphismes de qualité et des animations à la fois impressionnantes et très fluides, notamment lorsque Jackie utilise les pouvoirs de The Darkness. La ville de New-York regorge également de multiples détails et le joueur est parfois libre d’en explorer les moindres recoins. Malheureusement, seuls quelques quartiers et ensembles d’immeubles ont été modélisés, et l’exploration se retrouve donc rapidement limitée. Un peu dommage. Heureusement, le titre se rattrape avec un niveau particulièrement intéressant et cauchemardesque, l’au-delà, qui mélange une guerre sans fin à l’Apocalypse. Un vrai plaisir qui apporte un peu de variété au jeu.
  
Car l’aventure en solo peine à se diversifier et à monter en puissance au fur et à mesure de la progression du joueur. Les ennemis sont en effet globalement les mêmes du début à la fin (des gangsters plus ou moins armés), et la difficulté n’évolue donc pas réellement. Une fois que le héros possède le pouvoir du Trou Noir, la partie est donc plus ou moins gagnée. Et même s’il est très plaisant de savoir que les ennemis vont subir des attaques dévastatrices et disparaître de la surface de la terre, le jeu souffre un peu de ce manque de variété et de challenge.
Ou un carnage à plusieurs
En marge de l’aventure en solo, le jeu propose un mode multijoueur qui n’est malheureusement pas très intéressant. Même si un maximum de huit joueurs peuvent y incarner des mafieux ou des esprits des ténèbres, les modes de jeu disponibles sont assez limités (seul le mode capture de drapeau se révèle un peu au-dessus du lot car il met à profit les capacités des humains et des esprits). De plus, les maps ne sont pas forcément très bien conçues même si l’aspect claustrophobique est assez bien rendu. Le fun du jeu en multi opèrera donc pendant quelques temps mais il ne teindra pas en haleine les fans pendant très longtemps.
Au final, The Darkness s’avère être un bon FPS qui, pour une fois, place le joueur dans la peau du méchant, ce qui procure un réel plaisir de jeu. L’univers noir et parfois gore du titre de Starbreeze plonge le joueur dans une aventure particulière mais toujours prenante. Le concept original du jeu et le gameplay permettent réellement à ce FPS de se démarquer de la concurrence. Malheureusement, l’absence de progression dans la difficulté et la relative répétitivité de l’action viennent entacher quelque peu l’expérience de jeu, mais le titre de 2K Games s’avère avant tout très fun et ravira tous les fans du genre.
|