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Letter Bee, une histoire de ‘Coeur’



Bonjour à tous et bienvenus dans notre rendez-vous KISSA. Je sais, vous pouvez tous nous huer depuis le temps que moi et mon confrère AlbataR n’avons pas posté. Cela dit, nous avons fait le plein de mangas et nous sommes toujours à la recherche de bons titres à vous faire découvrir. C’est pourquoi ces prochaines semaines nous relancerons le rendez-vous avec des petites perles en prévision.

Cette semaine nous commencerons avec un manga que j’apprécie tout particulièrement et que j’ai eu l’occasion de voir à la JapanExpo Sud de cette année. Nous vous présenterons donc cette semaine : Tegami Bachi aussi plus simplement appelé Letter Bee.

Toucher le cœur des gens

Letter Bee fait parti du style shônen, cela dit un esprit steampunk est aussi très présent dans le sens où c’est à l’origine un sous-genre de la science fiction uchronique et faisant référence à une société industrielle. C’est quelque chose de particulièrement important dans le manga puisque c’est dans ce domaine que réside toute l’intrigue. Son auteur, Hiroyuki Asada a d’ailleurs déjà créé plusieurs mangas comme Hades en 1986, Renka en 1994 ou I’ll en 1996 pour ne citer que ces titres. Letter Bee est chez l’éditeur Shueisha et est publié dans le Monthly Shonen Jump depuis Septembre 2006. Neufs volumes sont parus depuis et TV Tokyo le diffuse en Anime depuis le 3 Octobre 2009.

Le manga commence avec ces quelques phrases : « Il existe une planète qui ne connaît jamais l’aube. C’est sur cet astre qu’on trouve les territoires de l’Amberground. Des fonctionnaires d’état sillonnent ces contrées sombres et dangereuses. Un soleil artificiel éclaire sa capitale, certaines régions ne sont pas baignées par ses rayons … Leur « cœur ». […] Leur travail consiste à distribuer des lettres. Ce qui importe avant tout c’est le « cœur ». Et toutes choses est créées à partir du « cœur » (écritures saintes de l’Amberground, premier verset). »

Ces quelques lignes sont à elles seules poignantes et c’est la raison pour laquelle je vais cette fois vous donner un avant goût un peu plus détaillé de ce qui vous attend. Tout commence dans la région de Yodaka dans l’Amberground, où Gauche, un Bee confirmé cherche sa prochaine lettre. Accompagné de Roda sa chienne (car tous les Bee ont un animal les accompagnant dans leurs périples), ils découvrent que leur future lettre sera en fait un jeune garçon portant le nom de Lag Seeing. Des liens se tisseront entre eux et un événement particulier va lancer une intrigue de départ sur le manga : qui est Lag ? Qu’a-t-il de si particulier ? Finalement Lag arrivera à destination, ou devrions-nous dire que Lag accomplira la tâche de Gauche à sa place… Quoi qu’il en soit, c’est à cet instant que l’histoire peut enfin commencer.

Ce qui importe, c’est le « cœur »

On l’aura bien compris, Letter Bee est un de ces mangas qui arrive à rallier l’esprit shônen avec des sentiments plus profonds. Dans tous les mangas shônen, les protagonistes mettent toujours d’une façon ou d’une autre leur vie en jeu. De façon très simple pour les mangas où l’on retrouve des armes il est très facile généralement de comprendre que les personnages peuvent perdre la vie à n’importe quel moment en se faisant toucher. Dans les mangas un peu plus fantaisistes où on retrouve du magique, les armes sont remplacées par des notions dangereuses comme un élément qui peut véritablement consumer en un rien de temps le corps de l’adversaire. Dans Tegami Bachi, toutes ces notions sont présentes ; l’auteur a couplé les armes avec le magique mais en plus de ça, les personnages mettent leur vie en jeu en se battant contre des insectes géants pour apporter des lettres. Bien entendu, cette vision paraît un peu simpliste, mais si l’on creuse légèrement plus, on s’aperçoit vite que l’auteur pousse ses personnages à mettre leur vie en jeu d’une autre façon. Ces balles magiques sont la source de leur cœur et de leurs souvenirs (car dans le manga, les souvenirs sont dans le cœur et non dans la tête. Asada a aussi voulu garder un esprit enfantin dans une histoire très sérieuse), ce qui veut dire que chaque balle extirpe un de leur souvenir loin d’eux pour en faire la représentation dans le ciel noir étoilé. Une fois ces souvenirs extirpés, ils ne font plus parti de leur cœur. Ils oublient petit à petit ce qu’ils ont vécu et la signification qu’ont certaines personnes pour eux.

En fait, il n’existe pas deux mangas comme Letter Bee. L’intrigue est constamment présente, l’histoire est incroyablement bien ficelée et fluide ; bref tout ce qu’il faut pour accrocher et dire « c’est un bon manga ». Cela peut aussi être dommage car on ne peut jamais trop en dire sur Letter Bee du fait que la moindre information peut spoiler ou donner un indice à un lecteur qui pourrait être intéressé par l’histoire. Les pages couleurs et les dessins en général sont vraiment sublimes et parfaitement réalisés. Le coup de crayon rappelle ce style shônen que l’on retrouve dans Fairy Tail ou encore Shaman King, et parfois on retrouve aussi des passages détendus comme dans Black Cat. Cette diversité est visible autant dans le dessin que dans l’histoire, et les deux deviennent indissociables à la fin du premier tome, ce qui est très rare pour un manga.

La version animé, que j’ai eu l’occasion de regarder, m’a un peu déçu, il faut dire que rares sont les fans de manga qui disent que les animes sont au même niveau, cela dit l’histoire et les passages importants sont conservés, ce qui donne cet aspect authentique à la série peu importe son support. Le point le plus décevant est le manque de couleur mais aussi l’absence d’une bande son originale accrochante et envoutante. Tout bon anime qui se respecte et qui veut son lot de succès se doit d’avoir une B.O irréprochable et pour ma part, je ne pense pas que cela soit le cas de Letter Bee (à mon plus grand regret). Pour l’animation et les dessins tout est splendide, et on prend vraiment du plaisir, comme pour le manga d’ailleurs.

Un petit détail des personnages

Lag Seeing : C’est le personnage principal du manga. Même si l’histoire commence avec Gauche Suede, l’histoire introduit vite ce jeune de 7 ans qui sera une lettre à apporter par Gauche. Il est né le jour de l’Extinction c’est-à-dire le jour où le soleil de l’Amberground s’est éteint quelques instants. Son arme de letter bee est un pistolet et ses armes de Bee sont appellées Shin Ganjû. Sa mère a disparu devant ses yeux lorsqu’il était enfant. Après la rencontre avec Gauche, Lag veut devenir un Bee, comme son nouvel ami.

Niche : C’est le dingo (animal des Bee) de Lag. Elle voyage avec lui pour le protéger d’attaques éventuelles. Son origine est inconnue au départ mais on sait vite qui elle est et d’où elle tire tous ses pouvoirs.

Gauche Suede : C’est un Bee que rencontre Lag au début et qui a perdu une grande partie de sa mémoire le jour de l’Extinction. Il deviendra l’ami de Lag et une grande histoire est ficelée tout autour de son personnage et de ses connaissances.

Sylvette Suede : C’est la jeune sœur de Gauche, elle est handicapée et il est devenu Bee pour la soigner dans la capitale où seul le meilleur Bee du monde peut aller. On la découvre au départ dans une des pensées de Gauche, après avoir abattu un monstre.

Conclusion

Letter Bee est pour moi un excellent manga, bourré d’intrigues, de combats, de sentiments mais aussi d’humour. La réalisation est parfaite et sa sortie régulière d’un scan par mois laisse le temps à l’auteur de vraiment écrire avec soin l’histoire. De leur côté, les dessins sont aussi très bons et on ne peut en être que satisfait. Quelque chose m’a énormément attaché à ce manga et son auteur et j’ai réussi à vraiment apprécier cette œuvre. Les quelques mots de Hiroyuki Asada au début du manga sont devenus absolument vrais tellement on peut facilement se plonger dans l’histoire et ne pas en démordre ou encore comprendre chacun des personnages.

En bref voici ses mots en guise de conclusion : « Dans un de mes recueils de dessins sorti il a quelques temps, j’avais écrit en postface : « Mes livres préférés sont tous un peu abîmés ». Je les ai toujours à portée de main et je les ouvre très souvent. Mais ça ne veut pas dire que je n’en prends pas soin ! Chers lecteurs, merci de prendre soin de votre exemplaire de « Letter Bee »… Abîmez-le en le lisant ! ». L’un dans l’autre, vu le prix du tome à l’heure actuelle, oui je vais en prendre soin j’ai envie d’ajouter ; mais bon, c’est un autre problème…


Initialement publié le 17 Mai 2010