Appaloosa, classique mais pas trop

Suite au meurtre du shérif d'Appaloosa, Virgil Cole et Everett Hitch sont appelés à la rescousse afin de rétablir l'ordre et faire juger le coupable. |

Appaloosa marque le retour d’un genre, le bon vieux Western comme il en existait jusque dans les années 70. Plus classique dans le fond et la forme que 3h10 pour Yuma, Appaloosa renouvelle un peu le genre tout en restant en terrain connu.
L’histoire, en bref
Le marshall Virgil Cole et son adjoint Everett Hitch sillonnent ensemble les Etats-Unis depuis de nombreuses années pour y faire régner l’ordre. Suite au meurtre du shérif d’Appaloosa commis par Randall Bragg, un propriétaire terrien sans scrupules, les deux camarades sont nommés shérifs par la communauté, soucieuse de sa sécurité. Leur tâche est semée d’embuches, Bragg se montrant être un adversaire plein de ressources. La venue d’Allison French, séduisante veuve, va compliquer l’affaire.
Classique mais pas trop
Ed Harris recourt aux éléments typiques d’un bon Western. L’action prend place à la frontière avec le Nouveau Mexique au sein d’une petite ville minière (avec son unique hôtel/saloon, le chemin de fer, etc…). L’équilibre y est précaire, mieux vaut il éviter les malfrats à la gachette facile. Une attaque d’indiens à la déroute et des duels sont également au programme. Enfin, même si cela peut paraître évident, Appaloosa se déroule au sein des grands espaces de l’Ouest américain, cadre idylique et mortel.
Appaloosa fait également la part belle à un certain nombre de valeurs et vieux débats : la noblesse de l’amitié, les incompatibilités et limites du respect de la loi vis à vis de la « bonne morale », l’amour, la loyauté.
Cole et Hitch sont deux amis de longue date, des tireurs sans peur qui pour rien au monde se trahiraient. Très convainquants, Ed Harris et Viggo Mortensen jouent à merveille. Le visage tanné par le soleil, les traits impassibles, ils nous donnent réellement l’impression d’avoir parcouru tout l’ouest et combattu mille et une fois.
En plus de ses bases très solides, Appaloosa innove par son rythme et son humour. Assez lent, peut-être même un peu trop par moments, l’histoire progresse doucement permettant ainsi d’apprécier pleinement la beauté des paysages et la personnalité de chacun des protagonistes et aussi, peut-être, de se mettre à l’échelle du Grand Ouest où les déplacements étaient très longs. Les dialogues et attitudes des protagonistes font sourire voire rire à de nombreuses reprises. Cole apprécie la lecture mais il semble un peu limité, Hitch lui sert donc de dictionnaire de temps à autre. Hitch dit même aspirer à un certain niveau pour combler ses années de vide intellectuel. Certaines situations sont absurdes, caricaturales ou tout simplement drôles. En insuflant une telle touche d’humour, Ed Harris a donné un « plus » à Appaloosa, en faisant un Western racé, prenant et amusant.
Verdict final très positif !
Se faisant rare sur l’écran, Ed Harris démontre qu’il est non seulement un excellent acteur mais aussi un excellent réalisateur. Le jeu d’acteur est bon (mention spéciale aux deux protagonistes), le film est beau et, tout en restant classique, n’hésite pas à recourir à l’autodérision pour nous faire rire. L’ambiance et la “personnalité” sont là, ce qui en fait un excellent Western. Peut-être pourrait-on déplorer quelques longueurs dans le déroulement, mais c’est bien tout. En définitive, Appaloosa est un très bon Western comme on aimerait en voir plus souvent à l’avenir.
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