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Astérix aux Jeux Olympiques : Navet César !


Claude Zidi s'y est cassé les dents. Alain Chabat a doucement fait illusion. Le duo Langmann/Forestier parviendra-t-il à faire d'Asterix autre chose qu'un héros de bande dessinée ? Par Toutatis, mille fois non !


Astérix aux Jeux Olympiques : Navet César !

En 2008 après J.C. la Gaule est sevrée de métrages impénétrables, où règne un silence majestueux. Hollywood, après de rudes combats, a réussi à conquérir le pays, pour y imposer la marque triomphale de la civilisation atlantique. Oui, en 2008 après J.C. toute la Gaule cinéphilix est occupée par les ricains. Toute ? Non. Quelque part du côté du 16ème arrondissement de Paris, un petit village résiste. A sa tête, Thomas Langmann, fils du très respecté sage Claude Berrix. Battre l’ennemi sur son propre terrain de jeu, telle est la tactique de guerre du candide tribun. Budget canonix à l’appui (78 millions d’euros). Astérix aux Jeux Olympiques, ou l’arme de distraction massive censée bouter des écrans l’envahisseur malotru.

Idée fixe

Astérix aux Jeux Olympiques : Navet César !Coup de foudre pour coup de fourbe. Alafolix (Stéphane Rousseau) rêve de conquérir le cœur de la Princesse Irina (Vanessa Hessler).Brutus (Benoît Poelvoorde), épris lui aussi de la belle, complote en douce sous sa toge, pour éjecter son père César (Alain Delon) du trône. Théâtre de cette tragédie romaine en deux actes, les Jeux Olympiques. Au vainqueur la promise. Asterix et Obelix (Clovis Cornillac et Gérard Depardieu), remis de leurs aventures égyptiennes, batifoleront pour la Gaule. Brutus, autoproclamé porte flamme de l’empire, fera cavalier seul. Gare à la chute. Le décor planté, place… à l’ennui. Un tel scénario paresseux n’autorisant guère de fantaisie, il convient alors de combler les deux heures de pellicule. Si possible avec tout ce qui fait d’Astérix un personnage si particulier.

Les ingrédients d’une potion magique réussie ? Une pincée d’humour pitre, un soupçon de dialogues ciselés et des personnages forts en gueule. Passeport pour la poilade. Mais remettons les choses à leurs places. Thomas Langmann ne ressemble, ni de près, ni de loin, à Alain Chabat. Là où l’ancien membre des Nuls s’était amusé, multipliant clins d’œil, délires visuels et cabrioles verbales (irritant au passage Albert Uderzo, dépossédé de son œuvre), Thomas Langmann place les moyens au dessus de la fin. Une grosse mécanique ronflante, dont les seuls soupapes comiques tiennent finalement de la BD elle-même : castagne de casque à brosse pour Gaulois aux mains chaudes. Pour les références livresques, on s’en tient là. Les bons mots mordent la poussière dans un dédale de cancans enfantins, tissés pour la tranche lucrative des 7 à 77 ans. Au jeu cruel de la comparaison, Mission Cléopâtre relègue en fond de classement ces Jeux Olympiques. Rajoutez par-dessus une histoire d’amour franchement inutile, mais dans le ton d’une production très ouverte sur l’Europe, et la potion se transforme en un potage épais, avec de gros morceaux qui étouffent. Même Obélix rechignerait à y plonger son mufle.

One man show

Astérix aux Jeux Olympiques : Navet César !L’une des interrogations de cet Astérix aux Jeux Olympiques tient en deux initiales identiques : C.C. Clovis Cornillac. Un nom de Gaulois prédestiné pour celui qui reprend à Christian Clavier son habit d’Astérix. Finalement, sans vraiment convaincre, tant son apparition, puisqu’il s’agit bien de ça, est réduite à la portion congrue. Juste quelques sourcils froncés ça et là et un jeté de bacchante. A qui la faute ? Benoit “Brutus” Poelvoorde, le fils indigne. Mise en garde. Allergiques au soliste belge s’abstenir. Cet épisode aurait pu emprunter au premier du nom son titre, remanié pour l’occasion : Astérix et Obélix contre Brutus. Mais il faut bien l’avouer, Benoit Poelvoorde fait le job. Son show en l’occurrence. Poelvoorde, capable à lui seul de dynamiter des dialogues raplapla par des rajouts de langue (le déjà culte “face de pet“), et ses tronches de cancre ahuri. Le film tient en réalité du face à face de légende entre Brutus, le fils, et César, le père. Delon le magnifique, disparu des écrans depuis 2000, ici dans un rôle à sa (dé)mesure. La troisième personne du singulier est de bon ton. Il ordonne. Il exige. “Ave Moi” répète-t-il dans un souffle d’autodérision assez nouveau. “Ave Lui” sans aucun doute.

Le casting quatre étoiles, vendu à grand renfort d’encarts publicitaires, ne sauve pas les meubles. Juste une compilation maladroite de sportifs bankable (Tony Parker, Amélie Mauresmo…), de vedettes des planches (Franck Dubosc en tête), ou de la petite lucarne (Alexandre Astier assez à son aise). Dans la colonne des déceptions, José Garcia et ses monocles au centuple foyer joue aussi mal qu’il voit. Stéphane Rousseau fait ce qu’il peut mais grand dieu, un accent québécois au royaume de la cervoise, ça sonne quand même faux. Elie Semoun troque lui ses petites annonces contre de longs monologues à en perdre son latin. Au rang des dieux du stade perdus dans l’arène, Zinedine Zidane (méconnaissable pour le coup) joue les utilités. Heureusement la fin prend des allures d’apothéose. Jamel Debbouze, apporte son grain de folie pour enfin donner au film un rythme qui le fuit depuis le début. Au bout d’une heure et demie tout de même.

Arrête ton char !

Astérix aux Jeux Olympiques : Navet César !Que reste-t-il de l’œuvre d’Astérix ? Thomas Langmann n’a pas lésiné sur les moyens pour être à la hauteur des 1078 copies distribuées chez nous. Peine perdue. Tradition héritée du premier opus, les effets spéciaux font pâle figure. Les visages déformés par l’ordinateur manquent d’expression. Les joutes, qui envoient valdinguer les romains contre des colonnes en dur, sont découpées à la serpette et n’impressionnent guère. La mode du fond vert déséquilibre les plans, tantôt aérés, tantôt à l’étroit. La course de chars en clôture fait peine à voir. On se demande encore où a bien pu filer le budget canonix. Sûrement pas dans les finitions.

Le jeunot a hérité du sens des affaires de son paternel, sans aucun doute. La route s’annonce longue avant qu’il ne décroche la couronne de réalisateur. Suppléé par Frédéric Forestier (déjà présent à ses côtés dans Le Boulet), Langmann recrache son glossaire du parfait apprenti, accumulant champ-contrechamp, vue d’ensemble, gros plans, le tout sans assurer une cohérence pourtant de mise. Quitte à dépenser des marmites de sesterces, autant investir dans des auteurs talentueux, une équipe technique à l’écoute et des comédiens concernés. Tout ce qu’il manque à cet Astérix aux Jeux Olympiques en somme.


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Commentaire(s) à propos de cet article

Lutin Lutin
Le 30.01.08 à 18:51
Voir son profil

Le Premier est vraiment pas terrible, celui de CHABAT était très bien quand même… ou en tout cas bien supérieur à celui de Zidi aillant dégager les mimiques Visiteuriennes de Clavier qui sont devenus insipides. Humour, action… était au rendez vous. Bref pas déçus du tout…

Faudras que je le vois pour me faire un jugement.

Lutinix Vivae Eternitum


Aucun Avatar qzenip
Le 01.02.08 à 08:22

Je confirme, c’est plat, sans ressort, sans intérêt, à éviter absolument. Dans 12 mois, cela passera un dimanche soir sur TF1 et vous pourrez zapper au bout de 15 minutes en décidant que vraiment vous avez eu raison de ne pas y aller. Gosciny se retourne dans sa tombe pendant que Uderzo engrange un max de tune. Triste fin du petit gaulois.


Lutin Lutin
Le 01.02.08 à 11:03
Voir son profil

ben il a dus déjà se retourner dans sa tombe quand le dernier asterix avec les super héros sont sortis…

donc pour l’instant a mes yeux seul Chabat est arrivé à retirer une partie de la moelle des bd d’asterix pour le recracher au monde…

Ps: le réalisateur a fait exprès de faire un film avec un humour plus “atteignable” par les autres cultures. Peu être que les autres pays le verrons différement. d’un autre coté, certain film ne devrais pas avoir a s’adapter au l’humour de tel ou tel pays.

Ne bradons pas notre culture…


Aucun Avatar dan
Le 03.02.08 à 00:34

j’ai du mal à suivre les critiques, je suis aller voir ce film et je l’ai trouvé extraordinaire, il faut un peu oublier mission cleopatre pour apprécier celui là, jamel me manquait mais il y avait poolvoerde, deux humours différents donc deux films différents, dire que c un film qui passera sur tf1 blablabla je n’y crois pas, il aura autant que succès que sont précédent il faut juste savoir passer à autre chose, perso j’ai adoré la partie avec jean todt ou l’on voit sa main dans gladiateur, le film est très bien fait je le conseille à tout le monde


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Auteur de l'article : Zender
Publié le : 30.01.08 à 18:06
Dans : RAMA > Articles > Cinéma/DVD
 
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Commentaires

Nombre de commentaires : 06

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Fiche détaillée

Astérix aux Jeux Olympiques

Réalisation : Thomas Langmann - Frédéric Forestier
Production : La Petite Reine - Pathé Renn Productions - TF1 Films Production - Canal +
Scénario : Olivier Dazat - Thomas Langmann - Alexandre Charlot - Franck Magnier
Musique : Frédéric Talgorn

Casting : Clovis Cornillac - Gérard Depardieu - Alain Delon - Benoît Poelvoorde - Stéphane Rousseau...

Sortie en France : 30/01/2008

Editeur : Pathé Distribution
Durée : 1H53
Genre : Aventure - Comédie

Plus d'infos :
D'après l'oeuvre d'Albert Uderzo et René Goscinny

Avis express

On a aimé !
- Alain Delon, le retour
- La bouffée d’oxygène Jamel Debbouze


On a moins aimé...
- Une grosse machine sans âme
- Cornillac et Depardieu mal dirigés
- Un casting ringard
- Trop long
- Trop con
- Effets spéciaux cheap
- Thomas Langmann, homme orchestre sans partition

En conclusion
A trop compter les zéros sur ses talons de chèque, Thomas Langmann a dû oublier qu’il avait la charge de réaliser un film. Qui plus est le plus attendu de ce début d’année. Même si le pari semblait impossible sur le papier, le résultat final rivalise de crétinerie. Moins drôle que l'opus précédent, ce troisième épisode gomme toutes ses aspérités très gauloises pour au final ne jamais choquer, ne jamais railler, ne jamais tromper. Rasade de gags niveau cour de récré, parade virile filmée sans cervelle, tout cela ne vole pas bien haut. Côté acteurs, Depardieu flâne, Cornillac récite, Poelvoorde, roquet sans laisse, cabotine. Le reste du troupeau suit du train. Astérix aux Jeux Olympiques avale les (longues) minutes et le spectateur son (interminable) ennui. Un dépotoir de strass, aveuglant de suffisance et nauséabond. Seule satisfaction, Alain Delon, éternel guépard toujours prêt à bondir. Pour le reste, vous pouvez vous rasseoir…

Verdict final :
Note : 1 / 5



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