Biographie de MC Solaar, descendant de l’homme sage

MC Solaar est une figure emblématique du rap français. Originaire du Sénégal, sa carrière a débuté en 1991 avec le célèbre “Bouge de là” et il compte aujourd’hui à son actif sept albums. Retour sur la vie d’un artiste talentueux, qui a toujours su faire son chemain, en marge du mouvement Hip Hop.
Réminiscences d’une enfance
Claude M’Barali, de son vrai nom, est né le 5 mars 1969 à Dakar (Sénégal – Afrique de l’Ouest) de parents Tchadiens. Lorsque sa famille émigre en France à Saint-Denis (région parisienne), il n’a alors que six mois. Son père retourne au Tchad et sa mère, aide soignante, est contrainte d’élever la famille toute seule. Ensuite, le cocon familial s’est installé à Villeneuve-Saint-Georges (région parisienne), ville dans laquelle le fils de l’Afrique a grandi. Ses prouesses autour du ballon rond lui attirent une grande admiration dans son entourage et, à l’époque, on le voit plus devenir un grand footballeur professionnel qu’un leader du mouvement Hip Hop. Surtout que le jeune ne se contentait que du strict minimum pour ses études, et consacrait plus son temps aux loisirs de son âge qu’à ses devoirs.
C’est à douze ans que sa vie va prendre un premier tournant. Envoyé chez son oncle, en Egypte, il étudie durant neuf mois à l’Ecole Française du Caire. D’après lui, ce séjour et notamment son retour en France lui ont ouvert l’esprit. Claude est alors adolescent, il prend goût à l’enseignement et passe son baccalauréat en 1988 à l’âge de 19 ans. Son amour des lettres, des langues et de leurs sonorités l’a fait étudier l’anglais, l’espagnol et le russe. Il est aussi diplômé d’une maîtrise de Philosophie.
Pionnier d’un nouveau mouvement
Fin des années 1980, début du mouvement Hip Hop aux Etats-Unis. En France, le Rap n’est en pleine effervescence qu’à l’aube des années 1990 grâce à des artistes comme Doc Gynéco, les groupes IAM, NTM ou encore grâce à Claude MC Solaar. Ce dernier est membre du Possee 500 ONE, qui regroupe d’autres rappeurs comme Soon E MC, ou Melaaz. Son premier passage sous les projecteurs fut sur les ondes de Radio Nova, dans l’émission Dee Nasty. Après avoir envoyé trois enregistrements à Polydor, il signe un contrat avec cette maison de disque et l’aventure commence. Son premier single « Bouge de là », quelque peu provocateur avec son humour narquois, se retrouve sur la cinquième marche du Top 50 français.
L’annonce d’un album se profile alors à l’horizon. Maintes et maintes fois repoussé, « Qui sème le vent récolte le tempo » sort finalement en septembre 1991 et conquis plus de 400 000 fans. Les titres Victime de la Mode et Caroline sont les deux autres singles extraits de cet album. Son succès, il le doit à la richesse de ses textes, leurs jeux de mots et de sonorités mais aussi à un certain Jimmy Jay qui est au platine. Ce DJ, de son vrai nom Christophe Viguier va suivre l’As de Trèfle pendant toute la première partie de sa carrière. Le premier album de Claude MC va lui valoir une Victoire de la Musique dans la catégorie meilleur groupe de l’année.
Le rappeur offre ensuite son image à Amnesty International en participant à l’opération « 30 films contre l’oubli ». Il fait ainsi une apparition avec le groupe Saï Saï, dans une scène réalisée par le cinéaste Costa Gavras qui lutte pour libérer le prisonnier politique Sud-coréen, Kim Song Man. Il entame enfin sa première tournée internationale à travers la France, la Pologne, la Russie, le Japon et une douzaine de pays d’Afrique de l’Ouest.
Ensuite, il a signé à Londres avec le label Acid-Jazz Talkin’ Loud, ce qui va lui permettre de se faire connaître au près des artistes anglo-saxons ; une épreuve difficile pour les chanteurs français. Claude MC parvient à surmonter le cap et enregistre par la suite le titre « Listen » avec le groupe Urban Species ainsi que « Le bien, Le mal » en duo avec Guru du groupe Gangstarr. En avril 1993, Solaar sort le titre « Et Dieu créa l’homme » extrait de l’album « Cool Sessions » orchestré par son alter ego Jimmy Jay qui a rassemblé de nombreux autres artistes.
L’art du Prose combat
Ce n’est qu’en février 1994 que le second album de Claude M’Barali est disponible dans les bacs. L’événement était énormément attendu par les fans qui s’impatientaient depuis longtemps. En seulement 10 jours, plus de 100 000 exemplaires de « Prose Combat » ont été arrachés des rayons français et ce fut au total plus d’un million d’albums qui se sont vendus. Le succès de l’artiste est donc grandement confirmé et l’album traverse les frontières en sortant dans plus d’une vingtaine de pays. Quatre chansons extraites de ce disque sont sorties en single et connurent un grand succès. Tout d’abord le titre « Nouveau Western » qui a accompagné la sortie de l’album puis ont suivi « Séquelles », « Obsolète », sans oublier « La concubine de l’hémoglobine ».
Ce succès ne pouvait être que couronné par les 10ème Victoires de la Musique où il fut sacré meilleur interprète masculin. Puis, il écrit une chanson pour le long métrage « La haine ». Durant l’année 1995, l’As de Trèfle organisa sa seconde tournée internationale, en France et dans le reste de l’Europe. C’est au cours de cette tournée que les deux acolytes Solaar et Jimmy Jay se sont séparés. Christophe Viguier ayant quitté la tournée, Claude M’Barali est alors contraint de trouver un nouveau DJ pour le remplacer et ainsi terminer les concerts.
Le descendant de l’homme sage enchaîne les succès
Ensuite, le rappeur s’exile du monde de la médiatisation que la presse a créé autour de lui et il essaie de retourner dans l’anonymat. Cependant, sa liaison avec la chanteuse Ophélie Winter ne va faire qu’attiser la presse à scandale. Le succès de Claude MC est toujours aussi intense à la sortie de son troisième album : « Paradisiaque ». Même si le « rappeur nostalgique aux accents bucoliques » s’était fait discret, le grand public ne l’avait pas pour autant oublié. Ce disque fut le premier où Jimmy Jay ne participait pas au projet, c’est alors Philippe Cerboneshi, alias Zdar qui le remplaça pour ce troisième opus.
On retiendra de cet album des titres phare comme « Gangster Modern », « Les Temps changent » ou encore « Paradisiaque ». S’autoproclamant le descendant de l’homme sage, il entame à nouveau une tournée qui commença au Zénith de Paris en janvier 1998. Bien plus qu’un simple concert, ce spectacle est illustré par de nombreux danseurs. Les chorégraphies sont notamment montées par un dénommé Bambi Cruz. Ami d’enfance de Claude, cet artiste fut le premier rappeur à être produit par Solaar sur son nouveau label, « Sentinelle Nord ».
Le premier album live, ne contenant malheureusement aucune exclusivité, fut enregistré à l’Olympia de Paris, le 11 mai 1998. Quelques jours seulement après, le rappeur a gravi les marches du 51ème Festival International du Film de Cannes. Non ! Ne pensez pas que Claude MC soit devenu acteur, il faisait tout simplement parti du jury officiel. Toujours en 1998, un nouvel album éponyme sort dans les bacs. Ce disque est un semi échec et ne parvient pas à convaincre le public. On le considère déjà à l’époque, comme un rappeur faisant parti de l’ancienne génération.
« Le tour de la Question », le live enregistré lors de la tournée de 1998 à l’Olympia de Paris est disponible en 1999 sous le nouveau label : « East West France ». Donc, aucun titre inédit dans cette compile regroupant 2 CD des plus grands succès des 4 premiers albums de l’artiste. Une anthologie intéressante, accompagnée d’un public en délire ! A l’aube du troisième millénaire, le couple formé par Claude M’Barali et Ophélie Winter prend définitivement fin.
Après l’essoufflement, un come-back sans précédent
La carrière d’un artiste est fait de hauts et de bas. Dans le cas de Solaar, ses trois premiers albums furent un énorme succès en France comme à l’étranger. Cependant, les deux disques suivants ont souffert de l’essoufflement de l’engouement du public porté pour Claude MC. Cette petite étape a pris fin à la sortie de l’album « Cinquième As », en février 2001. Pour la réalisation de ce disque, il a fait appel à des compositeurs peu connus comme DJ Curser, DJ Sample et DJ Mac. Le premier titre extrait du « Cinquième As » fut « Solaar Pleure ». Ce tube en étonna plus d’un puisque le style de l’artiste est devenu plus ferme.
Les singles « Hasta La Vista », « RMI » et « La la la » ont entretenu le succès et ce fut au total pas moins de 850 000 exemplaires du « Cinquième As » qui se sont écoulés. Le rappeur a donc fait un come-back sans précédent et est revenu sur le devant de la scène. Les fans ne pouvant pas se passer de concert, la tournée fut donc incontournable pour l’artiste s’il ne voulait pas frustrer son public. Il est à l’affiche pendant 3 jours au Zénith de Paris en novembre 2001.
L’année suivante, le descendant de l’homme sage chante pour la cause des Restos du Cœur au côté des artistes membres du mouvement des Enfoirés. On apprend la même année qu’il est l’auteur d’une comédie musicale s’intitulant « l’Enfer des Anges » et qui devrait voir le jour à Paris en 2005 (on attend toujours !). L’ami Bambi Cruz travaille aussi sur ce projet assez mystérieux. En avril 2003, le procès mené par Solaar à l’encontre de son ancienne maison de disque, Polydor, depuis septembre 1997 prend fin. L’artiste réclamant les droits de ses 4 premiers albums est sorti vainqueur de cette bataille juridique et est ainsi indemnisé.
Plus vite que Mach 6
C’est en décembre 2003 que Solaar lance son septième album du nom de « Mach 6 ». Le « Cinquième As » ayant été un coup de maître, Warner Music a donné carte blanche au rappeur afin de réaliser ce nouveau disque. Les chansons de « Mach 6 » possèdent de véritables illustrations instrumentales orchestrées par la Black Rose Corporation et non de simples beats mixés comme auparavant. Le style de l’As de Trèfle a encore changé et il ôta ainsi le « je » de ses textes. Pour marquer la sortie de ce septième album, ce sont 300 000 Cd-rom qui sont distribués gratuitement à travers la France. Le nombre d’écoutes était limité et le CD ne pouvait être utiliser qu’avec un ordinateur.
La première chanson extraite de « Mach 6 » n’est autre que « La vie est Belle », une chanson qui se veut optimiste malgré l’actualité internationale focalisée sur la seconde guerre du Golfe. Les titres « Hijo de Africa » et « Au Pays de Gandhi » n’ont pas reçu un bon accueil de la part du grand public et pour la première fois, Solaar n’organise pas de tournée pour son album. Le 7 décembre 2003, Chloé Bensemoun devient la femme de Claude M’Barali et le petit Roman vient au monde le 7 mai 2004.
En juillet 2004, le rappeur, parrain de l’association « Solidarité Sida » depuis 1995, participe avec des nombreux autres artistes aux Solidays, pour lutter contre la propagation du VIH dans le monde. Cette année là, l’accent est mis sur la prévention et les différents moyens pour se protéger car la société française a baissé sa garde face à l’épidémie.
Nouveau coup dur pour Claude MC
Au moi d’octobre dernier, la radio Skyrock diffuse sur ses ondes le titre Mollah Solaar. C’est à ce moment là que Warner Music France, alors maison de disque du « Fils de l’Afrique », met fin au contrat avec ce dernier. La raison officielle avancée est les mauvaises ventes de « Mach 6 ». Depuis, Mollah Solaar n’est toujours pas sorti en single et il semblerait que Claude MC soit resté pour le moment sans maison de disque…
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Le 22.01.07 à 18:19
c’est super
Le 05.05.07 à 22:01
je savais pas que c’était passé sur skyrock!
mais je sais que Mollah Solaar sera un des 18 titres du prochain album, Chapitre 7!!!
le 18 juin 2007 la sortie!!! n’oubliez surtout pas!!!^^
Le 24.07.07 à 10:53
Le 27.05.09 à 19:42
the boss! c’est lui et personne d’autre
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