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The Wolf of Wall Street – Quand l’excessif rencontre le sublime

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The Wolf of Wall Street est un projet de longue date. Un projet dont l'idée émerge en 2007 et qui mît six ans à aboutir. Entre temps, Scorsese aura réalisé deux autres films : Shutter Island et Hugo Cabret. Mais ce projet, il y tient. Et malgré certaines réticences de l'industrie hollywoodienne, il persiste. Et il signe. Il signe un biopic sur Jordan Belfort - courtier en bourse spécialisé dans l'arnaque financière et la corruption, et qui agit pendant des années et en toute impunité. Pour l'incarner, Scorsese avait besoin d'un funambule. D'un acteur capable de tout. Le résultat ? Trois heures de pure orgie, de pure folie. Et surtout de pur talent.

The Wolf Une

The Wolf of Wall StreetArgent. Alcool. Drogue. Sexe. Et surtout ? Argent.

Son nom, c’est Jordan Belfort, courtier en bourse surdoué devenu en quelques années seulement l’un des plus grands noms de Wall Street avec sa société Stratton Oakmont Inc. fondée entre les années 80 et 90.

Jordan Belfort est l’homme de tous les excès. Excès dans sa consommation d’alcool, de cocaïne, et autres substances en tout genre. Excès dans sa consommation des femmes. Et surtout, excès d’argent. Villas, yacht, Lamborghini, et même hélicoptère privé. Son but ? S’enrichir. S’enrichir encore. Encore plus. Toujours plus. Et au détriment des autres.

« The real question is : was all this legal ? Absolutely not ! »

 

The Wolf Di Caprio Hill

More. More. More. And more.

The Wolf of Wall Street représente à lui seul tout ce que le capitalisme a de plus excessif. Un excès concentré chez un seul et même homme : Jordan Belfort. Et à l’image de son protagoniste, tout le film n’est qu’excès. Trois heures d’orgie. Trois heures de « fuck » (tant en images qu’en paroles car le film en regorge et semblerait dépasser Casino sur ce point). Trois heures durant lesquelles le spectateur reçoit de plein fouet tout ce que le système de la finance a de pire. Et nul besoin d’achever cela par un ton moralisateur et bien pensant, l’histoire de ce courtier se suffit à elle-même. Le film se suffit à lui-même.

Pendant trois heures, le spectateur assiste donc à une succession de scènes plus puissantes les unes que les autres. Des scènes de folies sans limite. Des scènes où l’excès est mené à son paroxysme. Des scènes où le rythme est effréné. Un rythme qui reflète le milieu de Wall Street. Milieu où tout doit aller vite, très vite. Un rythme qui reflète toute l’opulence dans laquelle vit Jordan Belfort. Toutes ces soirées où l’alcool coule à flot, où la coke se sniff avec un billet de deux cents dollars. Et sur la poitrine d’une prostituée. Trop me direz-vous ? Et bien non ! Car toute l’intelligence de Martin Scorsese réside dans le fait que rien de tout ceci n’est gratuit. Ni la débauche. Ni les scènes de sexe explicites – une grande première pour lui. Non, le réalisateur justifie tout. Il ne laisse rien au hasard. Et c’est en cela qu’il est grand. Et que The Wolf of Wall Street est un grand film.

The Wolf Di Caprio Robbie

Un film éminemment scorsesien

Là où Martin Scorsese a du talent, c’est lorsqu’il est capable de renouveler son cinéma à chacun de ses films (en abordant des sujets différents, en s’essayant à de nouvelles techniques) tout en restant le même. Tout en ayant toujours le même style. Tout en utilisant les mêmes codes.

Ainsi, quel que soit son sujet, il y aura toujours un lien avec la mafia. Car il est capable d’en traiter sans pour autant mettre en scène la pègre (il n’y a qu’à voir Le Temps de l’Innocence pour s’en rendre compte). Dans The Wolf of Wall Street, sa mafia n’est pas non plus celle de la pègre. C’est une mafia moderne. Celle de la bourse. Celle du capitalisme. De la corruption. Du blanchiment d’argent. Et des paradis fiscaux.

Sur le plan de la mise en scène aussi se retrouve tout ce qui fait un Scorsese. En plus de ces scènes d’extrême frénésies déjà évoquées, on assiste évidemment à des face à face orchestrés d’une main de maître. Et terriblement bien écrits car capables à eux seuls d’évoquer toute l’immoralité de l’homme et de son milieu. La plume est celle de Terence Winter, scénariste de la série Les Sopranos mais aussi de Boardwalk Empire, qui est d’ailleurs une production Scorsese (comme quoi). Est présente également une voix off. Celle de son personnage principal qui narre son histoire en même temps qu’elle se déroule sous les yeux du spectateur. Une technique déjà utilisée maintes fois dans ses précédents films (Les Affranchis, Casino, Gangs of New-York ou Les Infiltrés pour ne citer qu’eux). Dans The Wolf of Wall Street, c’est bien sûr Jordan Belfort qui raconte sa propre existence. De son ascension fulgurante à sa chute vertigineuse.

The Wolf Di Caprio

L’irrésistible ascension de Leonardo Di Caprio

Pour incarner ce courtier fou – ce loup – le réalisateur a une fois de plus fait appel à son acteur fétiche : Leonardo Di Caprio. Qui met ici tout son talent au profit de la grandeur et de la décadence de Jordan Belfort. Et qui livre une performance jusque là jamais vu.

Leonardo Di Caprio est un acteur que l’on sait capable de tout. Et toujours du meilleur. Mais pas à ce point là. Car il livre ici un jeu au-delà de la perfection (oui oui, ça existe). Un jeu à l’image de ce film. Excessif. Fou. Et sublime. Un jeu dans lequel transpire toute la frénésie de Wall Street. Un jeu où toute notion de morale est inexistante. Un jeu où l’on aime littéralement détester cet être hautement méprisable. Les scènes s’enchaînent, scènes dans lesquelles Di Caprio enchaîne les numéros d’acteur. Jeune arriviste. Puis courtier qui excelle de conviction. Leader incontestable et incontesté de sa société. Et homme baignant dans la débauche et la défonce. Et à chaque fois, il est magistral. A chaque fois, on ne pense pas voir mieux. Et à chaque fois, il bluffe.

Même s’il est incontestablement la pierre angulaire de ce Wolf of Wall Street, Leonardo Di Caprio n’en reste pas moins entouré d’une affiche de qualité. Et encore une fois, on ne peut que saluer le talent de Martin Scorsese pour s’entourer pas forcément des plus grands mais de ceux qui colleront le mieux à son film. Dans deux rôles assez secondaires mais terriblement marquants, on retrouve d’abord Matthew McConaughey en grand mentor de Jordan Belfort au début du film. Avec qui a lieu un face à face d’anthologie et décisif pour la suite. Puis, plus tard, un acteur français – Jean Dujardin – en banquier suisse très corruptible. Et dont les scènes sont burlesques. Bien plus important, il y a l’excellent Jonah Hill dans le rôle du bras droit et grand acolyte de Jordan Belfort. Aussi excessif. Et totalement barré. A noter chez les hommes pour la petite anecdote un caméo de Jordan Belfort himself. Enfin, dans ce milieu très masculin : une femme. Celle de Jordan Belfort. Jouée par la jeune Margot Robbie. Qui succombe à l’opulence dans laquelle vit l’homme. Et qui en connaîtra le meilleur. Mais surtout le pire. En tout cas, le duo avec Leonardo Di Caprio fonctionne à merveille. Surtout lors d’une scène au saut du lit. Un scène dans laquelle une fois encore Di Caprio prouve son talent, et Scorsese sa maîtrise de la mise en scène.

 
Film vu au cinéma Pathé Beaux-Arts de Besançon
NOTE MaXoE
10Sélection Best Of MaXoE
VOTE DES LECTEURS
1 / 52 / 53 / 54 / 55 / 5

The Wolf of Wall Street est un film grandiose. Un film à la hauteur du talent de son acteur principal. Un film qui prouve une fois encore tout le talent de son réalisateur. Un réalisateur qui avait déjà atteint des sommets avec Casino - avec lequel le parallèle peut largement être fait ici, tant sur l'histoire que sur la mise en scène ou encore la performance d'acteur - sommets qui viennent d'être dépassés tant The Wolf of Wall Street est puissant, sublime et décadent.
ON A AIMÉ !
- L'excès emmené à son paroxysme.
- Le rythme effréné.
- La folie du capitalisme.
- Des face à face d'anthologie.
- Une distribution frôlant la perfection.
- La performance de Leonardo Di Caprio.
ON A MOINS AIMÉ...
- J'ai beau chercher, je ne vois pas.
- Ah si ! Non, rien en fait.
The Wolf of Wall Street
Support(s) : Cinéma / DVD
Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Terence Winter, d’après les mémoires The Wolf of Wall Street de Jordan Belfort
Casting : Leonardo DiCaprio, Jonah Hill, Matthew McConaughey, Margot Robbie, Jean Dujardin, …
Durée : 2h 59min
Genre : Drame
Sortie en France : 25/12/2013
Sortie aux Etats-Unis : 25/12/2013
Musique : Howard Shore
Distribution : Paramount Pictures
Production : Riza Aziz, Leonardo DiCaprio, Joey McFarland et Martin Scorsese

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