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Yves Saint Laurent : La haute-couture est un art majeur



YSL Une

YSL Affiche1957. Vingt et un an à peine et Yves Mathieu-Saint-Laurent est déjà un prodige de la haute-couture, évoluant dans la maison Christian Dior. A la mort de ce dernier, Yves Saint Laurent se retrouve à la tête de la célèbre maison. Dans la foulée, il fait la connaissance de Pierre Bergé, qui devint son compagnon.

1960. Yves Saint Laurent est appelé à faire son service militaire dans son pays natal, l’Algérie, en plein milieu de cette guerre qui ne dit pas son nom. Très angoissé par cela, il est hospitalisé et diagnostiqué comme maniaco-dépressif. Exit l’Algérie, mais également la maison Dior qui en profite pour le licencier.

Yves Saint Laurent ouvre alors sa propre maison. Et Pierre Bergé n’y est pas étranger.

YSL Niney Gallienne

Pourquoi Yves Saint Laurent en particulier ? Peut-être parce que cet homme était un surdoué de la mode, qu’il a su la révolutionner. La renouveler. En faire un art. Et c’est en cela que ce film va au-delà du simple biopic puisqu’il vient montrer tout l’aspect artistique que revêt la haute-couture. La démarche artistique de l’homme donc, mais également le revers de la médaille. Ses angoisses. Ses souffrances. Ses excès.

L’intelligence du film – et de son réalisateur – est aussi dans le fait de ne pas focaliser son propos sur un seul homme – un seul acteur – mais plutôt sur un tandem. Ainsi, le personnage de Pierre Bergé comme son influence sur Yves Saint Laurent sont extrêmement bien développés.

La mise en scène rend avec une grande précision les époques et les courants traversés. Sobre sur certains passages, très esthétique sur d’autres. Elle est belle. Et en même temps inégale, se cherchant encore sur quelques aspects, notamment des scènes qui – bien que réussies – n’apportent finalement rien de plus à l’ensemble de l’œuvre. La scène finale en est l’exemple le plus frappant. Le film aurait en effet gagné à s’arrêter juste avant, tant le plan précédent était magnifique et ne méritait pas d’être suivi par autre chose.

YSL Niney LeBon

Mais là n’est pas l’essentiel. Car s’il reste à Jalil Lespert à affirmer son style, à devenir plus précis, il se révèle être un directeur d’acteurs hors-pair. Oui, les comédiens n’y sont pas pour rien. Mais le réalisateur a su exploiter leur jeu, leur talent, leur permettant ainsi de livrer le meilleur.

De sa distribution, trois noms se dégagent. Déjà, Charlotte Lebon, une actrice qui au fil des tournages, se révèle de plus en plus. Ici, elle est une merveille dans le rôle de l’égérie de Dior, puis de Saint Laurent, avec ce qu’il faut d’impertinence. Elle en vient à occulter Laura Smet dont l’apparition est de moindre importance. Toutefois, les deux noms qui l’emportent restent ceux de Guillaume Gallienne et de Pierre Niney, respectivement Pierre Bergé et Yves Saint Laurent. Si le premier est d’une sobriété et d’une justesse à laquelle on ne s’attendait pas de sa part, le second est tout simplement prodigieux. Prodigieux car il ne joue pas seulement Yves Saint Laurent. Il est devenu Yves Saint Laurent. Dans le phrasé, dans le comportement, dans la posture. Avec ce film, Guillaume Gallienne et Pierre Niney prouvent tous deux qu’ils sont des grands. Et plus que d’être bons chacun de leur côté, les deux acteurs livrent un couple bouleversant, qui fonctionne parfaitement. Et qui est sans aucun doute la clef de voûte de ce film.

Film vu au cinéma Pathé Beaux-Arts de Besançon