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Cinéma / DVD
2001 l’Odyssée de l’Espace : Les 50 ans célébrés au Festival de Cannes
Christopher Nolan rend hommage à Stanley Kubrick

Cette année Cannes Classics invite Christopher Nolan pour souffler les cinquante bougies de 2001 : l’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick. Joyeux anniversaire et petit retour sur ce grand chef-d’œuvre. 

En pleine préhistoire, dans un désert hostile, une tribu de primates découvre un monolithe noir. Cet objet étrange qui les inquiète d’abord, va inspirer au chef de la tribu un geste important et décisif : il brandit un os et massacre ses adversaires avec. La première arme de l’humanité est née. Le singe crie victoire et jette son arme en l’air. Grâce à un fondu enchaîné magistral et Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss, l’os se transforme en vaisseau et nous voilà des milliers d’années plus loin, dans un espace colonisé où l’on va suivre l’astronaute David Bowman (Keir Dullea) dans cette aventure spatiale.

Sortie en 1968, 2001: l’Odyssée de l’Espace fait preuve d’une prouesse technologique impressionnante et remet en cause la manière de faire du cinéma de l’époque. Stanley Kubrick nous interroge sur l’évolution de l’humanité en nous plongeant dans un monde où la technologie est capable de penser et d’analyser le comportement humain.  

L’aventure de 2001 débute en décembre 1964, lorsque Arthur C. Clarke termine la première version d’un roman de science-fiction en vue d’une adaptation pour le cinéma. Emballé, Stanley Kubrick s’engage sur son nouveau projet Journey Beyond the Stars  (2001 : l’Odyssée de l’Espace) en février 1965.

Le maître s’entoure ensuite d’une gigantesque équipe (pour cette période) avec près d’une trentaine de créateurs d’effet spéciaux et d’une quarantaine de décorateurs de plateau pour un tournage de sept mois et deux ans de post-production ! Stanley Kubrick maîtrise dans ce film la lumière, la justesse du son, l’emplacement des caméras et leurs mouvements, la manière de filmer, les silences angoissants…

Au final le film se veut l’un des plus ambitieux du réalisateur et l’un des piliers de la science-fiction au cinéma. En témoigne quelques séquence cultes, comme les sorties dans l’espace où l’on entend uniquement la respiration des personnages ou bien les interventions de Bowman dans la station seulement rythmées par la voix métallique et froide de l’ordinateur HAL (avec la voix de Douglas Rain)

Autre séquence marquante, le quart d’heure incompréhensible lorsque l’astronaute s’approche de Jupiter et traverse la porte des lumières… Vous avez trouvé ça long vous ? Christopher Nolan nous donne son avis :

« Contrairement à ce qu’on croit ce n’est pas lent ! Il y a énormément de développements mais absolument pas de gras ! Toutes les conneries que nous cinéastes, pouvons mettre dans nos films, là, elles n’y sont pas. Il y a une illusion de lenteur mais nous sommes dans l’efficacité et la simplicité la plus pure » (Extrait de So Film N°60 – Mai 2018).

Après la sortie de son dernier film, Dunkerque (dont vous pouvez lire notre critique ici), Nolan décide de remastériser ses films dans les labos de la Warner (en 4K HDR pour les connaisseurs). A l’occasion d’une rencontre avec l’un des pontes du studio (Ned Price), il visionne des bobines de 2001 issues du négatif original qui donnera la possibilité de redonner naissance à la qualité originale du film.

La presse a souvent comparé le travail de Christopher Nolan à celui de Kubrick et même si leurs films restent bien différents, il est vrai que certains de ses films font référence à l’oeuvre du maître. Par exemple, l’étude de la faille dans l’espace temps par un groupe d’explorateurs dans Interstellar et ses conséquences sur la vie des personnages nous renvoient à la découverte du monolithe noir par les scientifiques de 2001: L’Odyssée de l’Espace.

On trouve aussi un peu de Stanley Kubrick dans Inception (2010), rappelez-vous la séquence du combat en apesanteur dans les couloirs de l’hôtel.

Donc en grand fan de Kubrick, Christopher Nolan propose au studio de restaurer le film en 70mm, format de pellicule star des années 1950 et 1970, utilisé aujourd’hui par des nostalgiques de l’époque et qui donne une qualité d’image incomparable par rapport au format numérique actuel.

C’est un bel hommage à Stanley Kubrick et au cinéma que nous propose Mr Nolan. Le film sera projeté le dimanche 13 mai à Cannes dans le cadre de Cannes Classics et pour ceux qui n’auront pas la chance d’y être il ressortira en salle le 13 juin 2018.