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Focus Grèce Antique
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Le mois d’octobre débute et avec lui notre premier Focus Spécial depuis la rentrée de septembre, et non des moindres ! L’équipe de MaXoE se mobilise pour vous proposer un contenu qui sera consacré à la Grèce (Antique) que nous allons aborder comme dans tous nos Focus, par des biais très différents. Les thématiques habituelles que vous connaissez déjà bien sur MaXoE seront au coeur de ce Focus, nous allons ainsi vous parler de jeux vidéo évidemement avec notre ... En savoir plus !
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Terry Gilliam : son portrait et ses films ‘Brazil’ et ‘L’armée des douze singes’

En plein MaXoE Festival,  c’est l’occasion parfaite pour vous parler un peu de ce réalisateur et de revenir sur deux de ses films les plus « dystopiques », Brazil et l’Armée des 12 singes. Ça tombe bien c’est notre fil rouge du moment !

On connaît Terry Gilliam, membre de la troupe d’humoristes britanniques des Monty Python ou comme le réalisateur maudit de Don Quichotte (rappel des faits dans notre Dossier ici et notre Critique du film ), mais Terry est d’abord illustrateur avant de commencer dans le cinéma.  Durant ses études au début des années soixante, il commence ses premiers croquis dans une revue littéraire dont il prend ensuite la direction.

Ambitieux, Terry Gilliam souhaite travailler pour le magazine Mad fondé par son idole Harvey Kurtzman. Au final, il obtient un poste de dessinateur dans la revue Help !, en devient le rédacteur en chef et croise un certain John Cleese.

Après ses obligations militaires, Terry Gilliam part faire le touriste en Europe et visite l’Allemagne, l’Italie et la France où il est embauché, quelques temps, par René Goscinny pour dessiner dans Pilote.

En 1967, il pose ses valises à Londres et décroche un poste pour le Sunday Times et d’autres journaux britanniques, puis devient directeur artistique de The Londoner. Il retrouve John Cleese avec qui il travaille sur une émission de télé et croise notamment Eric Idle, Terry Jones et Michael Palin, futur membre des Monty Python.

En 1971 sort le premier film de la bande La première folie des Monty Python et ce n’est qu’en 1977 que Terry Gilliam sort en solo (rien à voir avec Han) Jabberwocky, film imprégné de l’univers des Monty Python.

Grand virage en 1985, où sort Brazil (adapté du roman de George Orwell), son premier film coupé de l’univers de ses copains et premier tournant dans sa filmographie.

Brazil

Dans un monde sinistre où les machines gouvernent et coupent toute liberté aux humains, Sam Lowry (Jonathan Pryce), modeste fonctionnaire, n’est heureux que dans ses rêves en s’imaginant en héros romantique sauvant des griffes de créatures une jeune et jolie fille. A la suite d’une erreur administrative grossière qu’il essaye de rétablir, il se voit malgré lui engagé dans une course poursuite infernale le confrontant à un monde dangereux et oppressant. Dans son aventure, Sam va rencontrer parmi d’autres, l’inventif Harry Tuttle (Robert De niro), une rebelle ressemblant à la femme de ses rêves (Kim Greist), ou faire face sa mère possessive et complètement folle (Katherine Helmond).

Sam Lowry s’évade dans ses propres rêves pour échapper à son train-train quotidien, pour sortir de ce monde sinistre dépeint de tout optimisme. Le rêve représente pour lui l’espoir et la réalité, donc quoi de  plus normal pour lui lorsqu’il croise la femme de ses rêves en chair et en os. Il va la suivre pour à la fois trouver l’amour qu’il semble ne pas connaître ou très peu, et à la fois combattre cette machine bureaucratique impossible à vivre.

Brazil est film sombre teinté d’humour noir, une œuvre troublante où chacun peut s’identifier à ce héros lambda travaillant dans cette industrie pas si imaginaire que cela, car il n’y a rien de futuriste dans Brazil, seulement un monde absurde curieusement proche de nous.

L’armée des douze singes

Dix ans plus tard, en 1995, Terry Gilliam engage Bruce Willis, Brad Pitt et Madeleine Stowe pour son Armée des douze singes.

Nous sommes en 2035, la population de la planète se voit contrainte de vivre sous terre après qu’un virus ait décimé la majorité de ses habitants. Parmi les survivants, un groupe de savants un peu fous désigne  comme volontaire James Cole (Bruce Willis), prisonnier ou plutôt cobaye de longue date, pour le renvoyer dans un voyage à travers le temps afin de récupérer d’éventuels indices leur permettant de comprendre l’origine du virus.

Dans cette plongée futuriste cauchemardesque, Terry Gilliam délaisse la mégalopole sinistre de Brazil pour un univers sous terre, angoissant et transformé en prison géante où les occupants sont identifiés grâce à des codes barres et deviennent des objets. Dans cette vie oppressante, James Cole n’a pas le temps de s’imaginer en héros romantique comme Sam Lowry, il rêve certes mais ses rêves sont tous identiques. Il se voit gamin tenant la main de sa  mère dans un aéroport, et témoin d’une étrange fusillade. Cette vision cyclique devient une obsession pour James Cole, le questionnant sur ses origines, mais il n’a pas le temps de trouver de réponse, les savants l’envoient à la surface de la planète récupérer des échantillons. Son seul échappatoire, peut-être, pour sortir temporairement de ce monde de fou, est de se retrouver à l’air libre où les animaux jadis enfermés en cage sont désormais en vadrouille dans les rues. Lorsque James Cole est renvoyé dans le temps, en 1996, il va faire l’impossible pour ne pas revenir en 2035 où ce sont les hommes qui sont en cage.

Vision obscure et critique de notre société, L’armée des douze singes nous interpelle sur les conséquences qu’auront nos choix de vie sur l’avenir de l’humanité.