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Focus FFF : Pour les jeunes lecteurs, mais pas que…



Les univers imaginaires nous portent toujours plus vers des ailleurs foisonnants qui alimentent bien souvent notre machine à rêve. Fantastique, Fantasy et Fable déclinent ainsi leur potentiel pour faire de nous, l’espace d’un récit, le témoin d’une aventure vécue de l’intérieur. Observateur de ce qui se joue devant ses yeux portés par un dessin qui repousse toujours plus loin son expressivité, le lecteur qui décide de se laisser happer dans le monde parallèle qui de dresse devant lui peut sans peine se laisser bercer par les stimuli qui invitent au grand voyage à venir. Un voyage qui ne le laissera pas totalement indemne, qui le rapprochera peut-être aussi de cet entre-deux dangereux et pourtant ô combien fascinant… La littérature dédiée aux lecteurs de la tranche d’âge 9/15 ans foisonnent de références. Si actuellement les registres fantastiques se développent souvent autour du thème des vampires, la mise en avant d’une série comme Games of Thrones entretien quant à elle la flamme de la fantasy. Les contes « classiques » possèdent encore des auteurs investis dans leur relecture qui abordent leur projet avec une liberté d’approche qui colle à notre époque. Notre focus FFF vous présente aujourd’hui les récits dédiés à cette jeunesse qui recherche son indépendance littéraire et qui assume ses choix !

 La flamme

Bran

Bran de Grimaldi et Plenzke – Glénat (2015)

Sur l’île d’Errance les chaumières poussent comme des champignons sur la colline qui surplombe le petit port paisible de pêcheurs. A y regarder de plus près pourtant la vie ne parait pas des plus harmonieuse. Des créatures, qui ne sont autres que des êtres d’apparence humaine affublés de corps ou parties du corps d’animaux, vivent au plus près des hommes. La cohabitation des deux genres ne vire jamais à l’osmose parfaite, loin s’en faut. Et les humains se font un devoir de chasser les créatures, qui ne sont à leurs yeux que de simples dégénérescences de la nature. Des créatures dotées de dangereux pouvoirs de magie qui pourraient bien venir menacer le quotidien des Humains. Lors d’une partie de chasse menée avec des amis proche, Bran, le neveu du seigneur des lieux, jeune homme débordant d’arrogance, file une biche aux cornes d’or. Après une poursuite dans la forêt il parvient à armer son arc et à toucher au flanc l’animal qui s’effondre quelques mètres plus loin. Mais la biche n’est autre qu’une créature qui, tout en retrouvant son aspect « humain » va jeter un sort au jeune Bran qui se trouve transformé en corbeau… Il errera dans la forêt et trouvera refuge auprès de Macha, une autre créature qui possède la capacité de se transformer en renard. Bran la suivra dans l’une des missions qu’elle accomplit pour sauver les créatures touchées par des maladies a priori incurables tout en espérant que la jeune femme pourra aussi conjurer le sort qui le frappe…
La collection Tchô ! de l’éditeur Glénat nous livre avec Bran, une histoire de l’Ile d’Errance, un nouvel opus surprenant qui mêle contes et légendes d’inspiration celtique avec un récit de pure aventure naturaliste. Le monde construit par Flora Grimaldi fonctionne à merveille en ce sens que l’on s’assimile volontiers au sort des personnages, sortes d’anti-héros attachants, et à leur quête de l’impossible. Sur le plan graphique Maike Plenzke livre une copie séduisante au travers d’un trait relativement frais, suffisamment léché dans la représentation des émotions des deux personnages centraux de ce récit. Ça fonctionne au point que l’on se demande si ce one-shot ne se développerait pas plus en avant par d’autres histoires construites autour de ce premier jalon posé dans l’univers de l’Ile d’Errance !

Grimaldi & Plenzke – Bran, une histoire de l’Ile d’Errance – Glénat – 2015 – 14,95 euros

Kairos T3

Kairos T3 de Malassagne – Ankama (2014)

Au tout début de l’aventure un jeune couple se rendait à la campagne dans une maison de famille pour passer un moment en amoureux, au calme de la ville et de ses grouillantes agitations. Le premier soir pourtant un évènement devait venir perturber sensiblement ce séjour bucolique à la ferme. Anaëlle, la jeune femme se faisait enlever par un groupe de gros lézards belliqueux ressemblant fortement à des dragons. Pourtant frêle et peu sûr de lui Nills, son amoureux, tentait sans réussite de s’opposer aux monstres mais parvenait pourtant à les suivre dans le monde parallèle d’où ils venaient. Arrivé sur place le jeune homme découvrait un univers étrange où les dragons dominaient les terres alentours. Chose étrange il parvenait malgré tout à se faire comprendre des autochtones qui le mettaient involontairement sur les traces d’Anaëlle en se dirigeant vers la Cité royale. Passée la barrière de sécurité postée à l’entrée de la cité fortifiée, le jeune Nills, poussé par une inébranlablement motivation, se rapprochait de sa belle qui n’est autre que la fille du roi. Une fille promise à son père comme le veut la tradition assurant la transmission des pouvoirs. Mais Nills ne l’entend pas de cette oreille et se jette dans la bataille pour empêcher le mariage…
Nous l’avons dit dès le premier tome de ce triptyque, le récit composé par Ulysse Malassagne révèle un véritable auteur qui puise dans l’imagerie populaire des contes pour construire sa propre fable, parabole sur l’amour et le rapport à l’autre au sein du couple. Nills se jette corps et âme dans l’autre monde, animé d’un désir louable de retrouver sa belle. Ce faisant et aveuglé par son but ultime le jeune homme qui se transforme progressivement en dragon mute aussi en un monstre sanguinaire. Il causera, sans arrière-pensée, des dommages collatéraux qui ne seront pas sans conséquences (il tue dans la furie qui l’anime le frère et la mère d’Anaëlle) sur l’amour que peut lui porter sa belle. Dopé par un trait qui joue sur un dynamisme permanent, Malassagne livre un récit qui se rapproche par ses plans et son découpage de l’animation. Il sait aussi ne pas se faire trop bavard pour suggérer et laisser au lecteur le soin de s’approprier le récit, son dessin faisant le reste. Une série à découvrir sans risque !

Ulysse Malassagne – Kairos T3 – Ankama – 2014 – 11,90 euros  

Clochette

Clochette au pays des Merveilles de Crisse et Pena – Le Lombard (2014)

Clochette pensait bien trouver Peter Pan dans cette librairie ancienne qui sentait bon l’encaustique. Pourtant, une fois à l’intérieur, elle constate que son ami n’est point-là. Et pire que ça, le vieux bouquiniste, énervé par le passage régulier de fées dans son échoppe referme sur Clochette un livre épais qu’il tient entre ses mains. De la poudre de fée s’échappe alors de ce vieux grimoire qui n’est autre qu’une version reliée plein cuir de l’œuvre de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles. Clochette se trouve dès lors enfermé dans l’univers du livre et devra pour tenter de s’en échapper, retrouver la jeune Alice qui seule pourra lui ouvrir les clés du monde d’où elle vient…
Les contes classiques n’ont jamais été aussi souvent adaptés par le neuvième art. Parfois il s’agit d’une relecture fidèle mais pertinente de l’œuvre originale comme l’est l’adaptation de Chauvel et McBurnie sur Pinocchio (Delcourt – 2014). Parfois il s’agit de la transposition d’un conte à une autre époque ou à un autre contexte géographique comme peuvent l’être le très punchy La Belle et la bête de Looky et Maxe L’Hermenier (Bamboo – 2014) ou Blanche Neige des même auteurs (Ankama – 2012). Parfois encore la BD explore les zones d’ombres d’un conte qui peuvent nous interroger. C’est ce que fait très bien la collection A l’origine des contes, dont les récits  précèdent immédiatement le conte connu de nous (Trois opus parus, scénarisés par Philippe Bonifay : Pinocchio, Barbe bleue et Blanche neige). C’est le cas aussi du très beau La femme de l’ogre (La Boîte à bulles – 2011) dessiné par Etienne Appert qui porte son attention, dans le conte du Petit Poucet, sur la femme qui devra vivre avec la douleur de la perte de ses filles. Avec Clochette au pays des merveilles Crisse et Pena font se percuter deux univers fictionnels qui n’ont a priori que peu de points de convergence. Ce n’est pas la première fois que deux ou plusieurs univers de contes se percutent. Parfois cela accouche du meilleur, c’est le cas de 1001 nuits de neige de Bill Willingham (Urban Comics) qui, comme vous l’aurez compris, donne à voir Blanche Neige exposée aux contes des 1001 nuits, c’est le cas aussi, en BD jeunesse des contes délurés d’Emile Bravo parus au Seuil dont Boucle d’or et les Sept Ours nains donne un aperçu déluré de ce que peut faire un auteur en terme de réappropriation. La clochette qui nous intéresse ici se voit perdue dans l’univers d’Alice passée derrière le miroir. Un univers qui interroge notre petite fée qui tentera de retrouver Alice qui seule peut la faire revenir chez elle. Crisse se plait à s’attacher à ce personnage secondaire mais essentiel de Peter Pan. Sa relecture se fait tout à la fois moderne, puisque Clochette n’est plus cette petite fée dépeinte par Disney mais devient entre les mains du scénariste/dessinateur une belle et sexy femme aux formes généreuses, et sombre, tant par la noirceur de l’action qui se joue devant nous que par sa mise en page où le blanc n’apparait grosso modo que dans les phylactères. Crisse se fait aider au dessin de Pena qui laisse entrevoir un technicien hors pair, un auteur qui repousse les limites de sa propre création avec des effets (flou, jeu de lumière…) qui ne sont hélas pas toujours très pertinents. Ce qui devait être une bonne idée à la base – réexplorer deux contes en les mêlant pour en tirer une matière fictionnelle originale – se laisse emporter par un manque de cohésion et par cette envie mal canalisée de laisser exploser le dessin. Intéressant pour sa proposition mais décevant par sa réalisation, d’autant plus si l’on considère le potentiel de ces deux auteurs.

Crisse & Pena – Clochette au pays des merveilles – Le Lombard – 2014 – 10,60 euros

Courtney

Courtney Crumrin intégrale de Ted Naifeh – Akiléos (2014)

Courtney n’est pas une jeune fille comme les autres et à vrai dire, au début de l’histoire qui nous occupe, elle ne le savait pas encore elle-même. Dotée de pouvoirs magiques Courtney va apprendre à les maitriser, à les développer et à les utiliser à bon escient. Grâce à sa verve naturelle, sa capacité à désobéir, à aller titiller les habitudes des gens qui l’entoure et à se mettre en danger permanent, elle parvient presque toujours à ses fins.
Le premier volume de cette intégrale nous fait revivre les trois premières aventures de la jeune fille, à savoir : Les choses de la nuit, L’assemblée des sorciers et Le royaume de l’Ombre. Le second opus propose donc les trois derniers récits : Les effroyables vacances, L’apprentie sorcière et Le dernier sortilège. Six récits compilés dans deux épais albums à couverture souple qui permettent de revivre les aventures d’une jeune fille hors du commun qui a séduit une génération d’ados aux Etats-Unis puis en France. La raison du succès ? Sur le fond, un héros débordant d’énergie, qui n’hésite pas à s’affirmer alors que ses parents deviennent littéralement transparents, préoccupés par des problèmes d’argent et de maison, qui sait se faire suffisamment désinvolte dans son attitude et curieuse vis-à-vis de la sorcellerie qu’elle tente de maîtriser. Sur la forme, un trait simple, épuré qui va à l’essentiel et qui pourtant arrive à placer tout un tas d’informations qui renforcent la lecture. L’utilisation des aplats noirs sans se faire trop puissants renforcent le mystère et l’ambiance inquiétante, voire angoissante qui se développe au fil des histoires. Si l’on considère que Ted Naifeh, l’auteur de cette imposante œuvre, se laisse le temps de développer ses récits, en décortiquant les plans, en s’attachant à transcrire la large palette des émotions de ses personnages essentiels (Courtney et Alosysus, son oncle) ou secondaires, comme peut l’être Malcolm dans le troisième récit, et en développant un univers singulier qui tient aussi bien de celui construit patiemment par Tim Burton que des divagations d’un micro-monde à la Bob Drake (musicien inclassable). L’œuvre de Ted Naifeh chatouille les neurones et laisse le temps de s’attacher à cette gamine qui tente d’exister et de se construire, comme tout un chacun. Malgré l’aliénation au monde qui l’entoure qui la gagne elle devra apprendre à maitriser ses pouvoirs pour enfin composer avec son entourage, ses camarades et jusqu’à ses éternels ennemis… une intégrale essentielle qui, en deux gros pavés, parvient à nous transporter dans un univers singulier cultivé avec subtilité. Hautement recommandé !

Ted Naifeh – Courtney Crumrin intégrale T1 et T2 – Akiléos – 2014 – 33 euros l’un

La flamme

La flamme et l’orage de Friha – Gallimard (2014)

Dans une ville surmontée d’une immense flamme un jeune garçon se cache sous les couvertures de son lit. La nuit est tombée et amène avec elle de vieux démons qui kidnappent les petites têtes blondes pour une raison qui échappe encore à la plupart des résidents de la cité. Et c’est l’un de ces démons, un homme masqué et couvert d’une cape, qui enlève le garçonnet peu après. A vrai dire pour ceux qui vivent depuis longtemps au cœur de la ville les inégalités ne font que croître entre les riches bourgeois qui affichent leur pouvoir et leur fortune et le peuple qui crie sa faim et attend que les restes des repas gargantuesques des privilégiés soient jetés du haut de leur hôtel particulier pour tenter d’arracher de quoi survivre un jour de plus. Dans cet univers sombre et suffisamment mystérieux, au sein duquel une secte puissante semble s’adonner à des expériences qui dépassent l’entendement, et où la terreur reste contentieusement alimentée par des gardes en armures intégrales et capes grises qui possèdent le pouvoir de statufier les hommes, trois jeunes gens vont tenter de bousculer les évidences. Le premier d’entre eux est le jeune Léor qui possède un pouvoir dont il découvre tout juste l’usage, Estevan, fils d’un riche marchand d’armes et la dévouée Carmine qui recueille les enfants abandonnés ou qui ont perdus leur famille et qui les nourrit au péril de sa vie. Ces trois destins vont se croiser, se lier, et, pourquoi pas, renverser la donne du bel agencement de la cité…
Karim Friha nous avait séduits avec sa trilogie des Zelphires parue comme le présent opus chez Gallimard BD. Il y développait notamment le destin d’enfants aux étranges pouvoir dans une ville fictive du dix-neuvième siècle. Il revient avec une histoire qui possède quelques points communs avec la précédente puisque le cadre de la ville fantastique placée dans ce que l’on suppose être le dix-neuvième siècle, sert aussi de cadre à La Flamme et l’orage. Le dessinateur y construit un scénario empreint de pas mal de mystères dont certains se révèlent à la lecture de cet album de mise en place de l’univers. Les trois personnages suffisamment creusés se font suffisamment empathiques pour qu’on s’intéresse à leur destin. Sur fond de manipulation, d’expériences « sacrificielles » et de lutte du bien contre la mal, cette série développe suffisamment de fils thématiques pour nous captiver. Sur la forme Friha possède un talent remarquable pour nous faire adhérer à son univers par un dessin simple mais suffisamment expressif. Il parvient aussi et surtout à densifier sa trame par l’adjonction de scènes qui nous interrogent sur le sens de la lutte menée par nos trois héros. C’est propre, efficace et possède l’inestimable capacité à nous faire saliver sur la suite !

Friha – La flamme et l’orage – Gallimard BD – 2014 – 14,90 euros

 

Dessin de une : © Friha – La flamme et l’orage – Gallimard BD 

















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