La 6ème édition du MaXoE Festival s’est déroulée du 17 au 30 juin 2019 et cette année encore vous avez été très nombreux à suivre les événements que nous vous avions préparés pour ce rendez-vous annuel de l’aventure MaXoE, entièrement dédié à ceux qui nous lisent sur le site et nous suivent sur les réseaux sociaux. Retour sur les événements de cette édition ! Grand Prix des Lecteurs (GPL) Commençons par les votes pour les Sélections dans le cadre du ... En savoir plus !
MaXoE > RAMA > Dossiers > Livres / BD > La BD du jour : Conquistador T2 de Dufaux & Xavier
Livres / BD
La BD du jour : Conquistador T2 de Dufaux & Xavier

Suite et fin des aventures de la belle Catalina et de son second Hernando à travers les forêts qui jouxtent Tenochtitlan. Un récit dense où la tension monte progressivement pour finir, seul regret de ce diptyque, peut-être un peu trop vite…

 

Dans le premier volet de ce diptyque Hernan Cortès, conquistador sanguinaire, passé à postérité pour ses faits d’armes, se dirigeait vers Veracruz, après avoir séduit Moctezuma l’empereur aztèque qui le prenait pour un Dieu. Il doit en effet essayer d’enrailler une mission dirigée contre lui par Panfilo de Narvaez représentant du Roi d’Espagne qui n’accepte plus les incartades de son envoyé. L’intrigue ainsi tissée reprenait plutôt bien la trame de l’histoire – la vraie – et permettait au lecteur de pénétrer dans le récit construit par Jean Dufaux avec une attention dopée par l’écrin de mystère attachée à cette période et à ses légendes. Avant de regagner Veracruz Cortès confiait la mission à une équipe de mercenaires dirigée par Catalina Guerero et son second Hernando Royo de fuir à travers la forêt avec une partie d’un butin dérobé au souverain aztèque. Là commence le second et dernier tome de cette histoire.

Partie à travers la forêt luxuriante qui s’étend au-delà de Tenochtitlan (aujourd’hui Mexico), notre équipe de mercenaires se trouve prise en chasse par des indiens otomis, chargés de venger l’abus fait à Moctezuma. La forêt possède ses dangers surtout pour des aventuriers ignorant tout de son histoire et des secrets qu’elle garde précieusement en elle. Plongés entre terre et eau, notre équipée se doit de rejoindre Ramirez un homme de confiance de Cortès à qui ils doivent remettre la partie du trésor dérobée à l’empereur aztèque. Le point de rencontre, fixé à la pointe du Rio Guateros semble un brin inatteignable au regard des aventures que vont vivre Catalina, Hernando et leurs hommes. Contenir les otomis ne paraît pas le plus compliqué, les guerriers de l’empereur aztèque bien que redoutables, sont bien moins entraînés au combat rapproché que leur adversaire de métier. Non, le danger viendra de la forêt elle-même et de son plus sombre représentant, Txlaka, et par lui l’Oqtal monstre végétal surpuissant et aveugle anéantissant tout ce qui se trouve sur sa route. Alors que les otomis arrivent à rejoindre nos mercenaires près d’un temple de Txlaka, l’Oqtal se réveille et opère un véritable carnage sur les indiens qui lui font face. Catalina et son équipe fuiront les abords de cette terre maléfique. Hernando quant à lui, ayant ingurgité le contenu d’une amulette dérobée à l’empereur, va voir son corps se transformer de l’intérieur… Loin de ces préoccupations, Cortès livre à Veracruz le combat de sa vie face à des hommes supérieurs en nombre mais pris par surprise. Des Espagnols contre d’autres Espagnols. Le destin signe déjà les premières pages d’une histoire trouble dans laquelle la mégalomanie des uns conduira plusieurs peuples à leur perte.

Jean Dufaux et Philippe Xavier arrivent à porter un récit fait d’un habile mariage d’histoire pure et documentée et de mystères développés autour d’une mythologie romancée dans laquelle la tension croît à chaque planche. Le format en diptyque surprend presque le lecteur tant la richesse de l’univers et son potentiel romanesque pouvaient augurer d’une série plus délayée dans le temps. Pour autant le second tome se savoure à chaque instant. Il laisse la place au volet fantastique (dix planches seulement concernent directement Cortès) avec une superbe réalisation graphique de Philippe Xavier qui se lit dans la luxuriance de la forêt aztèque, dans les éclairages, dans les personnages et la naissance en eux de la peur et de la souffrance et dans le volet purement mythique, mystique qui se tisse au fur et à mesure que nos héros avancent dans l’inconnu.

Une série maitrisée dans le plus pur style de Dufaux qui laisse une très belle impression une fois achevée la lecture de sa dernière planche…

Dufaux/Xavier – Conquistador T2 – Glénat – 2012 – 14,95 euros