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Livres / BD
La BD du jour : The Earl and the fairy d’Ayuko

Mêler un quotidien pesant avec des pincées de fantastique ou de féerique, tel est le pari lancé par Ayuko au travers de ses trois titres parus coup sur coup chez Glénat. La découverte d’un auteur et d’une série, The Earl and the Fairy, qui pourrait bien laisser des traces dans les esprits…

 

Nous sommes dans l’Angleterre victorienne, celle qui nourrit les auteurs tels Oscar Wilde ou Sir Arthur Conan Doyle, celle qui, forte de la puissance de son empire, contrôle encore le monde et peut imposer sa vision des choses. Une époque où les libertés s’affirment avec force de conviction, où les différences entre classe dominante de la nouvelle bourgeoisie industrielle et les ouvriers paupérisés se creusent tel un gouffre sans fond. Dans un tel contexte fait de violence sociale et politique, les rêves n’ont pas ou peu leur place car ils éloignent ceux qui s’y plongent des réalités de leur quotidien. Par ricochet il semble difficile de croire aux fées, émanation des rêves (?), car cela signifierait un détachement encore plus fort avec le réel et donc une aliénation quasi définitive, une rupture avec la société.

Docteur en féerie, la jeune Lydia vit dans la campagne d’Edimbourg où elle développe ce qui semble être, aux yeux du monde qui l’entoure, un univers d’élucubrations farfelues. Son père l’invite à passer quelques jours à Londres où il réside. La jeune femme toute en joie rejoint donc le port avec son chat Nico pour embarquer sur un navire à destination du sud de l’Angleterre. Mais le voyage ne sera pas aussi paisible qu’elle aurait pu le penser. Tout d’abord c’est un certain Huxley qui se présente à elle comme un envoyé de son père mais le jeune homme semble un peu trouble aux yeux de Lydia et de Nico… Puis c’est la découverte d’Edgar, un passager encore plus étrange, qui lui révèle qu’Huxley fait partie de la mafia. Lydia prendra la fuite aux côtés d’Edgar pour se retrouver sur un autre bateau en partance vers le large. Début des aventures de Lydia teintées de paranoïa et de doutes sur les personnes qui l’entourent.

La série The Earl and the fairy s’annonce prometteuse. Le contexte de ce premier volet laisse un vaste champ de possible, mêlant anciennes légendes, histoire, fantastique et ce brin de douceur acidulé qui sied bien au public cible de cette série. The Earl and the fairy nous invite aussi à découvrir un auteur et un univers singulier dans lequel nous pouvons difficilement ne pas être happé.

Ayuko (d’après une oeuvre de Mizue Tani) – The Earl and the fairy – Glénat manga – 2012 – 7, 60 euros

 

Parallèlement à The Earl and the fairy, Glénat édite deux recueils de nouvelles d’Ayuko. Des shôjo dans lesquels elle explore les difficiles rapports entre adolescents qui se croisent, se perdent de vue ou essayent de partager leur vie qui éclot doucement aux sentiments amoureux. Si le fantastique n’est jamais très loin – dans Proche horizon, c’est le jeune Sakaki qui voit dans l’avenir et conseille à sa voisine de ne pas traverser un parc pour éviter de se faire écraser ; dans Souvenirs de demain c’est le passé qui peut être exploré par les meilleurs étudiants, ce qu’ils ne se privent pas de faire créant des relations spatio-temporelles pas toujours évidentes à cerner pour ceux qui se trouvent en contact avec un explorateur… – l’univers d’Ayuko repose sur une certaine noirceur, un spleen, qui envahit parfois ses personnages. Il joue aussi sur le rapport au temps qui se lit jusque dans le rythme insufflé aux nouvelles qui composent les deux recueils. Parfois contemplatif sans que cela ne phagocyte l’histoire construite, ces deux recueils s’affichent comme des ouvertures privilégiées à l’univers d’un auteur à suivre…

Ayuko – Proche horizon & Souvenirs de demain – Glénat manga – 2012 – 7,60 euros l’un.