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Livres / BD
La Case du Mardi : Je reviens vers vous d’Olivier Tallec (Rue de Sèvres)

La case du Mardi propose de parcourir une œuvre à partir d’une case ou d’une planche qui résume un des points essentiels développés dans un récit. Un moyen de découvrir une œuvre différemment en s’attachant parfois à des détails qui en disent beaucoup…

Un espace désertique sur lequel pousse quelques touffes d’herbe défraichies, un arbre miraculeusement épargné (jusqu’à quand ?) et quelques arbrisseaux plein de courage dans l’avenir. En arrière-plan des inselbergs dominent la plaine et se perdent dans un ciel qui laisse apercevoir quelques cumulus bas sur l’horizon. Dans ce décor un brin austère mais pas totalement désagréable une scène se joue en premier-plan.

On y voit une mère kangourou parler à son fils en des termes qui pourraient paraître surprenants s’il ne s’agissait de bande dessinée. J’aimerais que tu ranges immédiatement ta chambre dit la mère en ouvrant sa poche ventrale dans laquelle son fils semble passer encore bien du temps. Et d’apercevoir au niveau de la longue queue de la mère les formes de jouets, dont un fantastique avion, effectivement un peu en désordre.

Olivier Tallec aime dépeindre ce genre de scènes venues de nulle part sauf de l’esprit du dessinateur qui opère, dans chaque séquence qu’il développe, un parallèle avec des situations que nous avons tous connus à une époque de notre vie. La chambre mal rangée du fiston kangourou nous rappelle à nos chambres en désordre (ou plutôt que nous organisions à nos envies) de notre tendre jeunesse, mais aussi à celle de nos enfants (ce qui est un peu moins supportable parfois). Une image, une ligne de texte. La formule développée par le dessinateur fait toujours mouche. Les contextes sont tirés de nos quotidiens est passé au mixeur de l’auteur qui en révèle les aspects cocasses. Là des vaches qui sautent sur un trampoline en mangeant des bananes avec, juste à côté d’elles, une pancarte indiquant la vente de milkshahe à la banane !

Dans cette autre scène ce sont les gardes rapprochés d’un roi viking arborant un casque aux larges cornes qui se méfient de la pointe des mastodontes d’ivoire de leur chef qui a déjà causé pas mal de dégâts sur leur corps rabougris. Là une mouche prise au piège d’un tue-mouche particulièrement collant, lit son horoscope et constate que celui-ci invitait à plus d’audace. Et que dire de cette scène d’ouverture d’un poulet étête qui recherche ses lunettes ? Olivier Tallec construit des scènes qui comportent souvent plusieurs niveaux de lecture, le premier degré, celui de l’humour se fait d’une efficacité redoutable tandis que derrière eux se lisent des critiques ou des observations désopilantes de nos modes de vie. C’est particulièrement bien construit si bien qu’à la fin du livre on espère retrouver bien vite son auteur pour d’autres scènes à croquer et à savourer ! Bravo.

Olivier Tallec – Je reviens vers vous – Rue de Sèvres – 2018