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Le Voyage extraordinaire T2 : la chronique de l’album par Lunch

Le Voyage Extraordinaire T2

Au mois d’avril dernier, dans le cadre de notre Focus consacré aux albums Le voyage extraordinaire T1 & 2 de Filippi et Cambonious (que nous vous présentions dans ce dossier avec l’interview des auteurs à lire sur cette page), nous avions organisé un concours afin de faire gagner des albums du Voyage extraordinaire T2 à nos lecteurs.

Parmi ces gagnants se trouve Lunch, qui a chroniqué l’album sur son excellent site ; une chronique que nous vous proposons de découvrir ci-dessous. A noter que Lunch avait déjà chroniqué le Tome 1 l’année dernière.

 


 

Jules Verne est un grand romancier tout le monde le sait, et aussi un précurseur du genre steampunk en France. Le Concours Jules Verne est donc logiquement devenu la référence en matière d’innovation rétro-futuriste. Y participer est en soi un honneur, surtout lorsqu’on s’appelle Émilien et qu’on a un inventeur de génie mystérieusement disparu comme père, auquel cas on met un point d’honneur à répondre présent, ne serait-ce que pour le remplacer dignement.
Pour ce faire, lui et sa petite troupe (sa cousine Noémie, Amélia et Térence les deux anciens membres de l’équipe de son père, et Winfrey l’homme à tout faire) sont parvenus à remettre à flot la machine à propulsion électromagnétique de son géniteur. Pour être franc, je ne doutais pas une seule seconde de leur réussite. Mais ils ne sont pas au bout de leur peine… car de nombreuses personnes convoitent leur engin, par jalousie, par curiosité, par intérêt et peut-être même par simple méchanceté.

« Finalement, c’est peut-être une bonne chose de quitter l’Angleterre quelques temps…
_ Oui, en espérant qu’on ne trouve pas pire ailleurs… »

L’aventure continue donc et nous quittons l’Angleterre uchronique du début du 20ème siècle pour la France, visiblement touchée par le même esprit steampunk. Ce qui est un délice en soi parce que nous sommes Français et que nous avons beaucoup plus de facilités à nous extasier sur la représentation rétro-futuriste de Paris que sur celle de Londres (ceci dit ça me plairait beaucoup d’y aller un jour… mais c’est un autre sujet).
Un jardin sous coupole sur la bute Montmartre, des stations de tramway très typées « Eiffel » (le métro n’est pas très glamour, avouons-le), des aéronefs fantastiques… autant de coups de baguette magique mettant en valeur les superbes monuments de la capitale que sont Notre-Dame ou, bien évidemment, la Tour Eiffel (qui s’intègre parfaitement au décors, allez savoir pourquoi).
Pour autant, il ne faudra pas trop s’enticher de ce Paris-là, car le prochain tome nous amènera sûrement encore ailleurs, de l’autre côté de l’Atlantique, à New-York… On pourrait regretter que Paris ne soit qu’une étape de plus servant de terrain de jeu pour mettre en valeur les prouesse graphiques du duo Silvio Camboni / Gaspard Yvan , mais c’est tellement chouette qu’on s’abstiendra, d’autant plus que les raisons d’accrocher au scénario sont nombreuses…

« Sous-marin !
_ Quoi, sous-marin ?! Je ne vois pas de sous-marin, Winfrey !
_ Sous-marin.
_ Je ne vois rien !
_ Moi non plus !
_ Si, il a raison, j’ai un écho !
_ Il ne nous a peut-être pas repérés. Quelle trajectoire ?
_ La même que la nôtre !
_ Je change de cap, on va être fixés… Alors ?…
_ Il a viré lui aussi !
_ Il faut le distancer, s’il tire, on est fichus ! »

Le rythme du récit tout d’abord se poursuit à vive allure de sorte qu’il est impossible de trouver le temps long. Les scènes d’actions se succèdent : pas de répit ni pour les protagonistes ni pour le lecteur. Si nous marquons des pauses, c’est surtout pour admirer le travail sur chaque planche.
Ensuite, Denis-Pierre Filippi maintient son lectorat en haleine avec des rebondissements bien dosés. On est sur le qui-vive, sans cesse à chercher qui trahit et qui tient les ficelles… On a pourtant l’impression que les quelques révélations qui tombent laissent d’innombrables pistes à creuser.
Il faut dire que les personnages d’Émilien et Noémie ont été tenus suffisamment longtemps hors du monde pour disposer de multiples secrets. Ils ont tout à apprendre sur les enjeux. Nous nous retrouvons dans leur situation, riche en découvertes. Certaines nous paraissent plus faciles à cerner que d’autres (n’est-ce pas Tatie Isabella ?) et apportent aussi quelques liens affectifs à l’histoire (ce qui est bon pour l’attachement aux personnages, vu que les parents de Noémie étaient au contraire plutôt antipathiques).
Et puis il y a aussi le contexte, cette 1ère guerre mondiale qui semble perdurer inlassablement, en partie allongée grâce (ou à cause) du 3ème axe, des robots venus d’on ne sait où et qui s’en prennent aux deux armées équitablement. Une intrigue de plus que cette intelligence artificielle indomptable, même si on la soupçonne d’être liée aux personnages d’une façon ou d’une autre.
Pour finir, quelques clins d’œil que les initiés comprendront. À ce titre, j’avais zappé de parler du débat sur la futilité – il est même question d’indigence – de l’explication des midicloriens dans le tome 1…

Bref, encore un bon moment de (re)lecture passé, et une belle claque graphique s’il en est. Je vous avais déjà dit que j’adorais le steampunk ?