Michael Jackson : trois albums sinon rien

Une bande-originale, un album studio et un live. Quoi de mieux pour saisir la puissance d'un artiste multitalent, entré par la grande porte au panthéon de la musique noire américaine. (moon)Walk of Fame. |

750 millions d’albums vendus. Thriller bien sûr, Bad loin d’être mauvais, Off The Wall le premier de tous, Dangerous. Légende. Dans la masse du succès, plusieurs autres disques émergent à flot. Méconnus, ou disons plus confidentiels. La plupart produits à la bascule des années 70 et 80. Et si l’étoile Michael Jackson a surtout brillé en solo, il ne faut pas manquer de relever ses nombreuses collaborations. Fructueuses. Là encore, écrasées par son génie. Leader charismatique de la troupe à papa (The Jackson 5, là où tout commence), songwriter discret (Behind The Mask repris par Eric Clapton) ou featuring de fortune (Somebody’s Watching Me de Rockwell), le roi de la pop, jamais déchu de son trône, ne rechigne pas à poser sa voix sur une bande. Au sein d’une bande. S’il fallait ne retenir que trois albums, saisis dans l’instant, pourquoi pas ceux-là…
1) The Wiz : Original Motion Picture Soundtrack

1978. Inspirée du roman de L. Frank Baum, Le Magicien d’Oz, l’adaptation cinématographique de Sidney Lumet (Douze Hommes en colère, Un après-midi de chien, 7h58 ce samedi-là) réunit à l’écran Diana Ross et Michael Jackson. Un flop commercial dont le chanteur, très impliqué, ne percevra jamais les raisons. Mais là n’est pas l’important. Au coeur du projet, une rencontre va bouleverser à jamais sa carrière d’artiste, et sa vie d’homme : Quincy Jones, en charge de la bande originale du film (MCA Records), qui deviendra son père spirituel et le géniteur de ses plus grandes pièces artistiques en tant que producteur (Off The Wall, Thriller, Bad). Si, trente ans après sa sortie, The Wiz vaut quand même le coup d’œil, ne serait-ce que pour sa kitsch attitude et la joie de voir bouger Michael dans des frusques d’épouvantail, la musique qui parcourt le film, donne un aperçu assez fulgurant du son de l’époque. Basse lourde, boucle de batterie, cuivres omniprésents. Un régal.
(Extrait : Ease On Down The Road - Diana Ross/Michael Jackson)
2) The Jacksons : Triumph

1980. Pas encore pris dans le tourbillon de Thriller, qui sortira deux ans plus tard, Michael Jackson poursuit une double carrière. En solo, puis avec ses quatre égaux, sous l’appellation The Jacksons. Reconstituée à l’âge adulte, la fratrie a depuis peu quitté Motown pour CBS. Conséquence, Jermaine, seconde voix et bassiste du combo, est remplacé par Randy, le plus jeune de la dynastie. Au total, ils livreront six productions studio, éditées de 1976 à 1989. Triumph marque incontestablement l’apogée de la bande des cinq. Numéro un dès sa sortie, l’album embarque dans son sillage une distribution plaqué or (Nathan Watts à la basse, Greg Philliganes aux claviers) et permet aux Jacksons de dévoiler leurs talents d’auteur-compositeur sur la totalité des neuf titres qui composent le master. Can You Feel It, écrit par Michael et Jackie Jackson, de sept ans son ainé, reste à ce jour l’hymne emblématique de Triumph.
(Extrait : Walk Right Now - Michael Jackson/Jackie Jackson/Randy Jackson)
3) The Jacksons : Live !

1981. Michael Jackson, ses frères sous le bras, parcourt les Etats-Unis sous la bannière du Triumph Tour. Sur scène, un show éblouissant : chorégraphies millimétrées, paillettes et enceintes nourries en décibels. Agé de 23 ans, la star est alors au sommet de son art. Insaisissables pas de velours, laissant deviner les prémices du moonwalk. Sa voix a certes mué mais conserve ce grain haut perché et ses virgules gémissantes. Cet album, capté à New-York et Atlanta, en est le meilleur exemple. Il s’agit d’ailleurs du seul enregistrement live publié par le chanteur. On y retrouve un condensé de tubes, treize exactement, au tempo survitaminé, avec un clin d’œil appuyé à l’époque Jackson 5. Michael introduit même plusieurs de ses compositions personnelles, échappées de Off The Wall, son premier album solo (Don’t Stop ‘Til You Get Enough, Rock With You, She’s Out Of My Life…). Enorme, tout simplement.
(Extrait : Things I Do For You - Tito Jackson/Jackie Jackson/Marlon Jackson/Michael Jackson/Randy Jackson)
Jukebox Michael Jackson : trois titres sinon rien
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Le 29.06.09 à 21:58
fantastique article que jai dévoré! merci je découvre
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