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Professeur Layton vs Phoenix Wright : Ace Attorney – Pas d’objection



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Instinctivement, il apparait que les mondes de Layton et de Wright s’associent assez bien : un enquêteur et un avocat (au sens anglo-saxon/nippon du terme), deux esprits vifs, férus de déduction et d’enquêtes, des personnages hauts en couleur, la connexion se fait plutôt naturellement. Et le défi n’est pas simple : il ne s’agit évidemment pas d’opposer deux « gentils », mais de les mesurer, en quelque sorte, l’un à l’autre, avec leurs spécificités, sans bien entendu qu’aucun des deux ne tire la couverture à lui sous peine de décevoir l’un des éditeurs et l’une des communautés. Un fameux casse-tête chinois pour Level 5, en charge du développement du produit, et l’on ne peut que s’en féliciter, leur qualité d’écriture étant probablement un peu supérieure à celle de Capcom de par leurs styles respectifs. Rassurons tout de suite les fans : objectif à peu près atteint, avec un respect révérencieux des spécificités de chaque univers et de chaque personnage.

Comment ces jeunes gens se sont-ils retrouvés dans la même galère ? Et quelle galère : Labyrinthia, cité médiévale de son état, en pleine frénésie de l’inquisition et tout ce qui s’ensuit… Or justement nos deux héros vont devoir protéger une jeune fille accusée de sorcellerie, dans cette cité étrange dirigée par la volonté du Narrateur, mais nous n’en dirons pas plus pour ne pas spoiler. Du coup, pas d’ADN, pas de photo, rien de tout ça, et un Phoenix qui va un peu galérer pour parvenir à ses fins.

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En revanche, ce qui n’est pas très conciliable, ce sont les gameplays, le jeu se scinde donc en deux parties parallèles très distinctes, faisant du jeu plus une juxtaposition qu’un crossover, mais qui s’en plaindrait ? Layton est sur le terrain, résolvant ses fameuses (quoique finissant par se répéter) énigmes, et Wright plaidant lors des procès. Évidemment, les interpénétrations existent bel et bien, et les deux héros échangeront occasionnellement leurs acolytes attitrés, Maya et Luke, par exemple. De même, les personnages un peu austères des Layton, les témoins principalement, gagnent en vie en se laissant contaminer par la fantaisie de ceux de Wright.

Vous en profiterez d’ailleurs pleinement lors des procès, avec la nouveauté très appréciable des contre-témoignages, qui permettent d’observer les réactions d’un témoin pendant la déposition d’un autre pour tenter de le pousser à la faute. Une très bonne idée, bien mise en scène, avec bien sûr quelques sournoiseries.

Pour couronner le tout, la bande-son est un mélange du genre, qui mixe harmonieusement les sonorités des deux jeux originels en un mélange mélodieux et remarquablement bien travaillé, à commencer par des doublages nombreux et globalement soignés, Level 5 oblige.

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On pourra regretter en revanche une tendance à la baisse de la difficulté, le jeu indiquant les pièces SOS et les énigmes présentes dans une zone, et certains indices visuels les rendant presque inratables. Néanmoins, les pièces ont désormais un rôle accru, puisqu’elles peuvent servir lors des procès pour trancher entre différentes preuves. A vous du coup de retenir votre main pour ne pas risquer de transformer le jeu en une agréable promenade de santé, mais les vrais de vrais savent résister à ce genre de tentations, n’est-ce pas ?

Et surtout, de manière plus générale, comme souvent dans ce genre de rassemblements de héros, les deux concepts ne sont pas poussés jusqu’au bout. Tous les passages obligés sont là, mais évidemment il est nécessaire de rendre les deux parties du jeu un peu plus accessibles, un peu plus simples pour tout dire, ce qui gâtera sans doute le plaisir des fans les plus hardcore. Un peu moins d’énigmes, un peu moins de preuve, un peu moins de difficulté pour en revenir à cela, certains seront peut-être un peu déçus.

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