
Un monde magnifique et colossal
Commençons par là où Crimson Desert brille vraiment : son monde. Le continent de Pywel est tout simplement superbe. Les plaines verdoyantes et leurs lumières dorées, les montagnes enneigées à couper le souffle, les lacs aux reflets cristallins, et bien sûr le fameux Désert Pourpre que de paysage qui reste gravé dans la rétine bien après avoir posé la manette pardon, le clavier. Les environnements sont variés, les biomes bien distincts, et la distance d’affichage est franchement colossale : on voit les reliefs se dessiner jusqu’à l’horizon sans pop-in agressif, ce qui est suffisamment rare dans le genre pour être souligné. Sur PC, l’optimisation est au rendez-vous : le jeu tourne bien sur des configurations variées, avec un large panel d’options graphiques et une prise en charge du DLSS et du FSR. Pearl Abyss n’a pas bâclé le portage, et ça se sent.

Un terrain de jeu gigantesque… et bien rempli
La carte de Crimson Desert s’étend sur environ 82 km², soit plus du double de Skyrim. Mais là où certains mondes ouverts de cette taille souffrent d’un vide abyssal, Pywel est dense et vivant. Il y a toujours quelque chose à faire, à découvrir, à explorer. Les activités se multiplient : chasse, pêche, artisanat, sièges de châteaux, énigmes environnementales, donjons, boss de zone… Le joueur curieux en aura pour ses 150 heures au bas mot avant d’en faire le tour. Et encore, je ne compte pas les completionnistes acharnés qui s’aventureront dans tous les recoins de Pywel.
Un système de combat riche… mais exigeant
On touche là à l’un des points les plus intéressants du jeu, et aussi à l’un des plus clivants. Le système de combat de Crimson Desert est profond, vraiment. Kliff le protagoniste peut se battre à l’épée, à la hache, à la lance, à l’arc, ou carrément à mains nues dans un style d’arts martiaux qui fait plaisir à voir. Chaque arme a ses propres animations, son propre rythme, ses propres combos. On est loin du bouton-marteau qu’on spamme en boucle. En revanche, la prise en main est franchement ardue au départ. Les premières heures ressemblent davantage à un rodéo qu’à un ballet de samouraï. Mais avec de la patience, et il en faudra, on finit par trouver ses marques et c’est là que le jeu révèle toute sa saveur. Disons simplement qu’on ne conseillera pas Crimson Desert à quelqu’un qui cherche une expérience accessible immédiatement.
Des boss et des énigmes… inégaux
Le jeu regorge de combats de boss et de puzzles environnementaux, ce qui est une excellente idée sur le papier. Malheureusement, l’équilibrage n’est pas toujours au rendez-vous. On passe parfois d’un boss que l’on one-shot presque sans s’en rendre compte, à un autre qui exige de nombreuses tentatives sans que la courbe de difficulté ne semble vraiment cohérente. Idem pour les énigmes, dont certaines sont franchement bien pensées et d’autres simplement frustrantes. Ce déséquilibre est dommageable car il brise parfois le rythme du jeu, surtout dans un titre qui demande déjà beaucoup d’investissement de la part du joueur. Et on ne parlera pas trop de la prise en main de certaine capacité qui complique là aussi la tâche…
Une narration qui manque de souffle
- Damiane
- Oongka
C’est le talon d’Achille de Crimson Desert. Kliff Macduff, mercenaire à la tête des Crinières Grises, est un héros compétent mais qui manque de profondeur. Son voyage ne parvient jamais vraiment à surprendre. L’histoire suit des rails assez balisés du genre heroic-fantasy médiéval trahisons convenues, destins liés, puissance ancienne menaçant le monde sans jamais oser vraiment secouer ses propres conventions. Les personnages secondaires, eux, manquent de profondeur et restent trop souvent des faire-valoir fonctionnels plutôt que des présences auxquelles on s’attache. C’est d’autant plus frustrant que le lore du continent de Pywel est riche et intéressant sur le papier. Et ne parlons pas de Damian ou Oongka qui ne sont jouables que pour quelques petites missions et n’apportent pas de réelle différence de gameplay (du moins à la sortie du jeu).
Un gros point positif : le suivi post-lancement
Il faut être honnête : les premiers jours après la sortie ont été agités. Des bugs, des problèmes d’équilibrage, quelques couacs techniques ici et là. Mais comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessus, Pearl Abyss à rapidement montré qu’il était à l’écoute de sa communauté, en déployant un nombre impressionnant de correctifs et de mises à jour dans les semaines suivant la sortie, tout en continuant d’enrichir le contenu. C’est une attitude qu’on apprécie d’autant plus que ce n’est pas monnaie courante dans les studios, et qui témoigne d’un vrai engagement vis-à-vis des joueurs et qui à permis de corriger plusieurs points faibles du titre.
Test réalisé sur PC avec une version fournie par l’éditeur.










