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Lundi Manga : Sangatsu no Lion de Chica Umino (Kana)



Salut à tous, on se retrouve pour un nouveau Lundi Manga ! Cette semaine, on range les pouvoirs et les combats pour quelque chose de bien plus intime et bien plus rare dans le paysage animé. Une histoire qui parle de solitude, de guérison, et d’une petite table au coin d’une cuisine qui vaut tout l’or du monde. Vous l’aurez compris, aujourd’hui on parle de Sangatsu no Lion, ou March Comes in Like a Lion pour les anglophones !


Sangatsu no Lion

Auteur : Chica Umino

Dessinateur : Chica Umino

Genre : Tranche de vie – Drame – Sport – Romance

Éditeur (France) : Kana (Big Kana)

Nombre de Tomes : 18 (en cours au Japon, publié depuis 2007)

Série animée : 2 saisons  (44 épisodes au total)

Studio d’animation : Shaft

Plateforme de streaming : ADN

Appréciation :'


De quoi que ça parle ?

Rei Kiriyama a 17 ans. Enfant, il a perdu toute sa famille dans un accident de voiture. Recueilli par un ami de son père, lui-même grand joueur de shōgi (les échecs japonais), il a grandi dans un foyer qui n’était pas vraiment le sien, entouré de gens qui ne lui convenaient pas vraiment. Aujourd’hui, il est joueur professionnel de shōgi, l’un des plus jeunes de l’histoire, et il vit seul dans un petit appartement à Tokyo.

Rei ne sait pas trop quoi faire de lui-même en dehors du shōgi. Il ne sait pas cuisiner, il ne sait pas entretenir des liens, et il porte sur les épaules un poids de culpabilité et de deuils accumulés depuis l’enfance qu’il n’a jamais eu l’occasion ni les outils pour traverser. Sa rencontre avec les trois sœurs Kawamoto, Akari, Hinata et la petite Momo, va tout doucement changer la donne. Leur appartement encombré, bruyant et toujours rempli de l’odeur de la cuisine va devenir pour lui quelque chose qu’il n’a pas eu depuis très longtemps : un endroit où souffler.

Pourquoi c’est bien ?

Une œuvre qui parle de la dépression avec une justesse bouleversante
March Comes in Like a Lion, c’est avant tout un manga sur la santé mentale, même si ce mot n’est jamais prononcé. Chica Umino dépeint avec une précision chirurgicale ce que c’est que de se sentir déconnecté des autres, de ne pas savoir comment recevoir la gentillesse, de nager dans ses propres pensées sans trouver la surface. Rei n’est pas un personnage cassé qu’on va réparer : c’est quelqu’un qui apprend, très lentement, à se laisser aider. C’est une nuance énorme, et l’œuvre ne la perd jamais de vue.

Le shōgi comme miroir des émotions
On pourrait craindre que les parties de shōgi soient rébarbatives pour les non-initiés. Il n’en est rien. La série n’est pas un tutoriel de jeu d’échecs japonais, c’est une exploration des états intérieurs de ses joueurs à travers le prisme de la compétition. Chaque tournoi, chaque affrontement sur l’échiquier, dit quelque chose sur l’état émotionnel de Rei et de ses adversaires. On comprend le shōgi parce qu’on comprend les gens qui y jouent, et c’est suffisant.

Un studio SHAFT au sommet de sa forme
La direction artistique du studio SHAFT est ici au service d’une narration visuelle remarquable. Les états d’âme de Rei s’expriment souvent par des séquences symboliques, des métaphores visuelles poétiques où la rivière, la neige, la lumière d’automne ou l’obscurité d’un appartement vide prennent une dimension émotionnelle forte. C’est beau, c’est original, et ça se distingue clairement de la majorité des productions de l’époque. La musique de Yukari Hashimoto accompagne tout ça avec une délicatesse parfaite.

Des personnages secondaires d’une richesse rare
Au-delà de Rei et des sœurs Kawamoto, la série prend le temps de donner de la profondeur à chacun des personnages qui gravitent autour de lui. Les adversaires de shōgi de Rei ne sont pas de simples obstacles : ce sont des hommes avec leurs propres histoires, leurs propres failles, leurs propres raisons de jouer. L’arc consacré à Shimada, entraîneur exigeant hanté par ses propres limites, est l’un des plus beaux que la série ait produits. Idem pour le traitement de l’arc sur le harcèlement scolaire en saison 2 qui est d’une justesse et d’une sensibilité assez rares dans le medium.

Une série qui récompense la patience 
Il faut être honnête : les premiers épisodes peuvent prendre du temps à apprivoiser. Le rythme est lent, les silences sont longs, et Rei n’est pas le personnage le plus expansif qu’il soit. Mais si vous lui accordez sa chance, March Comes in Like a Lion fait partie de ces œuvres qu’on n’oublie pas. La saison 2 en particulier monte encore d’un cran dans l’écriture et l’intensité émotionnelle, et vaut à elle seule le détour.

Des musiques faites pour vous arracher quelques larmes                                                                                      Commençons par les openings. Visuellement magnifiques, ils capturent à merveille l’ambiance mélancolique et poétique de l’œuvre. Côté musique, c’est un sans-faute : chaque opening accompagne parfaitement les thèmes abordés par la série. Mais la véritable force de Sangatsu no Lion se trouve sans doute dans ses OST. En un mot : sublimes. La compositrice Yukari Hashimoto réussit à nous toucher en plein cœur en accompagnant chaque scène avec une justesse remarquable. Qu’il s’agisse des moments les plus joyeux ou des passages les plus douloureux, la musique amplifie chaque émotion et participe grandement à l’identité de l’anime. Je vous laisse écouter l’un de ces morceaux pour vous faire une idée de la qualité exceptionnelle de cette bande-son.

 

Conclusion

March Comes in Like a Lion est l’une des œuvres les plus humaines et les plus sincères que le manga et l’animation japonaise aient produites ces dernières années. Ce n’est pas une série pour tout le monde : elle demande du temps, de la patience, et une certaine disponibilité émotionnelle (Oh oui vous allez pleurer !!). Mais ceux qui se laissent emporter par Rei et par les sœurs Kawamoto en ressortent changés, ou presque. Le manga, toujours en cours chez Kana avec 18 tomes disponibles, est lui aussi une lecture indispensable pour prolonger l’aventure. Foncez, vous me remercierez (ou me détesterez) plus tard !