- Article publié sur MaXoE.com -


Lundi Manga : Terra Formars de Yū Sasuga (Kazé)



Salut à tous, on se retrouve pour un nouveau Lundi Manga ! Cette semaine, on quitte la Terre pour Mars, dans une ambiance qui doit beaucoup plus à Starship Troopers et Alien qu’à n’importe quel space opera classique. Des cafards mutants de la taille d’un homme, une violence graphique qui ne fait aucun compromis, et une mission qui sent le piège à plein nez dès les premières minutes. Vous l’aurez compris, aujourd’hui on parle de Terra Formars !


Terra Formars

Auteur : Yū Sasuga

Dessinateur : Kenichi Tachibana

Genre :  Action – Science-fiction – Horreur

Éditeur (France) : Kazé

Nombre de Tomes : 23 (actuellement en pause de longue date)

Série animée : 2 saisons ( 26 episodes) + 2 OAV

Studio d’animation : Liden Films

Plateforme de streaming : Crunchyroll – ADN

Appréciation :'


De quoi que ça parle ?

Au XXIᵉ siècle, l’humanité décide de coloniser Mars. Pour terraformer la planète rouge, elle y envoie une quantité astronomique de lichens et de cafards, chargés de fertiliser le sol et de purifier l’atmosphère au fil des siècles. Une solution efficace, presque trop même : lorsque l’an 2599 arrive et qu’une mission de quatorze spécialistes est envoyée sur place pour vérifier l’état de la terraformation, l’équipage découvre que les cafards n’ont pas seulement survécu à l’environnement martien. Ils ont évolué.

Face à eux : les Terraformars, des hybrides mi-humains mi-cafards dotés d’une force et d’une intelligence redoutables, bien décidés à défendre leur territoire. Pour avoir une chance de survivre, chaque membre de l’équipage a subi une greffe génétique lui conférant les capacités d’un insecte ou d’un animal spécifique (araignée, guêpe, fourmi, anguille…), activables au prix d’un risque mortel. Une mission de reconnaissance qui se transforme très vite en lutte pour la survie, à coups d’arrachages de membres et de morts aussi brutales que fréquentes.

Pourquoi c’est bien ?

Un postulat qui ne fait aucun compromis
Terra Formars ne cherche jamais à rassurer son public. C’est une série qui assume pleinement son étiquette seinen : la violence est crue, les morts s’enchaînent sans ménagement, et personne n’est à l’abri d’y passer, même les personnages qu’on commence à apprécier. Cette absence totale de filet de sécurité crée une vraie tension. On ne sait jamais qui va survivre au prochain affrontement, et c’est précisément ce qui rend chaque combat aussi nerveux.

Un concept de pouvoirs aussi original que jouissif
L’idée de greffer des capacités animales et insectoïdes sur des humains est un terrain de jeu en or pour la série. Chaque membre de l’équipage développe un style de combat unique calqué sur l’animal dont il a hérité les capacités, ce qui donne lieu à des affrontements visuellement très variés. On ne s’ennuie jamais en découvrant qui se transforme en quoi et comment chacun exploite ses nouvelles capacités pour faire face à des cafards mutants qui, eux, n’ont absolument aucune pitié.

Des origines de personnages qui apportent du poids au carnage
La série prend soin, avant chaque affrontement majeur, de revenir sur le passé de ses personnages à travers des flashbacks. On comprend pourquoi chacun s’est engagé dans une mission aussi suicidaire, souvent pour des raisons personnelles bouleversantes. Ce procédé permet de donner un vrai poids émotionnel à des morts qui, sans ce contexte, ne seraient que des cadavres supplémentaires dans une série déjà bien fournie en hémoglobine.

Une bande-son qui assume totalement son délire
Côté musique, Terra Formars ne fait clairement pas dans la demi-mesure. L’opening de la saison 1, AMAZING BREAK interprété par TERRASPEX, donne le ton avec une énergie rock qui colle parfaitement à l’urgence de la série. Mais le vrai clou du spectacle arrive avec Terra Formars Revenge : les openings sont confiés au groupe légendaire de heavy metal japonais Seikima-II, dont Yū Sasuga, l’auteur du manga, est lui-même un fan inconditionnel depuis des années. Le dessinateur Kenichi Tachibana a même illustré la pochette d’un de leurs albums anniversaire ! Ce choix musical totalement décomplexé, d’imagerie de cafards géants, résume bien l’esprit second degré que la série assume de plus en plus à mesure qu’elle avance.

Conclusion

Terra Formars n’est clairement pas une série pour tout le monde. Sa violence frontale, son rythme parfois redondant et son refus de prendre des gants en feront fuir certains, mais ceux qui acceptent ses règles du jeu y trouveront un survival horror SF généreux en sensations fortes et porté par un concept de pouvoirs vraiment original. Le manga, publié chez Kazé en France, va d’ailleurs bien plus loin que ce que l’anime a eu le temps de couvrir, pour ceux qui voudraient prolonger l’expérience après les 26 épisodes disponibles. Foncez, vous me remercierez plus tard !