- Article publié sur MaXoE.com -


Comics en Vrac : Dust To Dust de Bram & Jones (Delcourt)



Cette semaine, direction la poussière, celle de l’Amérique. 

Dust to Dust

5

Nous sommes en 1930, à New Hope, une ville située dans l’Oklahoma. La Grande Dépression fait des ravages aux Etats-Unis et il y a le Dust Bowl, un phénomène météorologique et écologique qui traverse le pays en faisant tous les ravages possibles et imaginables. Cela a un impact sur tout le monde et notamment sur cette famille qui décide finalement de partir en Californie, usée de travailler ici, à chercher de l’eau pour le compte de Hillard, le maire et magnat local. La famille reçoit la visite, juste avant de partir, de Lawton Meadows, le shérif de la ville. C’est un homme bienveillant qui s’oppose régulièrement au maire mais c’est aussi un homme cassé par son passé et dont la consommation d’alcool est excessive. Il prend la défense de la famille de fermiers contre Hillard qui est furieux qu’ils partent sans avoir trouvé le moindre puit d’eau. La colère est un sentiment partagé dans cette ville car la tension est palpable partout au sein de la population, la faute à la pauvreté, aux tempêtes de sable mais aussi à la mort, il y a quelque temps, d’une petite fille. Mort qui va être suivie de bien d’autres…

Quelle belle BD. Tout d’abord grâce aux dessins, particulièrement réussis et soignés. On est face à une aquarelle aux teintes Sepia. Cela nous plonge, dès les premières pages dans une ambiance de sable mais aussi cela renforce l’impression de misère. Côté scénario, c’est un travail d’orfèvre. Certes nous avons l’intrigue de meurtres inexpliqués, avec un personnage mystérieux qui, finalement, représente une forme de fatalité, mais ce qui accroche aux pages, ce sont les personnages. Le shérif est meurtri et il en est très attachant, il y a aussi Hillard, ambigu à souhait et toutes ces personnes dont l’avenir est déjà hypothéqué. Cette situation sociale prend aux tripes, on est happés par cette misère et franchement on éprouve beaucoup d’empathie pour toutes ces personnes. Ainsi, ces pages posent un regard honnête et sans concessions sur le genre humain mais avec, quand il faut, une belle dose de compassion. 

Scénario : Phil Bram – Dessins : J.g. Jones – Delcourt – Contrebande – 208 pages – juillet 2026 – 22,50 €