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La BD du jour : Prison Pit & Johnny Ryan touche le fond de Johnny Ryan (Huber/Misma)

Des monstres habités par une violence continue, des hommes et des femmes de la société américaine attirés par leurs attributs sexuels et toute la surface des choses. Les thématiques chères à Johnny Ryan, auteur reconnu de la scène underground américaine, peuvent paraitre redondantes au premier abord, pourtant les pages de ses albums se lisent avec cette perpétuelle envie de tourner les pages. Un délire permanent qui trouve écho dans une société « déréglée » qui a perdu une grande part de ses repères.

Les opus délivrés sous le manteau par Johnny Ryan ne sont peut-être pas à mettre entre toutes les mains. Et le regard curieux des uns pourrait accoucher des vomissures des autres. Le dessinateur, un des piliers de l’underground américain, cultive une passion pour la baston, le trash, le pipi/caca, le mauvais goût, les blagues foireuses et tout ce qui ferait fuir de manière irrémédiable le dernier lecteur fidèle.
Sur Prison Pit, un récit proposé en chapitres aujourd’hui réunis en intégrale par les éditions Huber (premier volume sur deux prévus), l’auteur donne à voir un héros plutôt véloce, dénommé Fuckface, sombre bête humaine, habillé comme un catcheur, qui déambule en slip sur une planète d’où il a été éjecté comme punition ultime d’un délit dont nous ignorons tout. Une planète habitée par des monstres dont la laideur trouve en écho des pratiques sociales perverses, et un penchant à peine caché pour la mort. Une mort que la plupart des « créatures » rencontrées entendent bien délivrer à notre homme plutôt balaise, adepte du combat au près. Tout débute par cette éjection dans un désert typé mexicain, avec des cactus géant en fond de décors. Dans sa chute vers sa nouvelle planète d’accueil il entraine un de ses gardiens avec qui il se fera la main, l’éviscérant de fort belle manière avant de lui exploser la tête avec le bras en fer, doté d’une arme tranchante en forme de croissant, qu’il vient de lui arracher. Lorsque sa victime ne peut enfin plus lever le moindre doigt, il lui soustrait ce qui lui sert d’entrailles avant de les manger sauvagement. Puis, avant de partir explorer les environs, il urine sur le corps de sa victime. Plus loin il tombe sur une larve dotée d’une tête qu’il dézingue en deux mouvements. Là pourrait être sa première erreur sur cette planète, car la larve en question n’est pas qu’un simple parasite. Elle participe par injonction et déglutition à la production d’une drogue plutôt courue dans le secteur. Une de celle qui permet à un géant bibendum en slip décoré d’une croix gammée, d’assurer sa fortune, son pouvoir et sa puissance…

Johnny Ryan touche le fond reprend quant à lui des histoires courtes publiées dans le magazine Vice. Une planche gag dans laquelle il cultive un intérêt certain pour le mauvais goût, le sang, les violences conjugales, les incompréhensions notables, les éviscérations, les monstres nazis et autres nichons et bites démesurées. Il y égratigne surtout tous les fondements d’un pays en souffrance, de son président « qui n’en a pas » en passant par les flics ou la middle-class et ne s’arrête pas là puisque les Français ou les Irlandais en prennent aussi pour leur grade. Que ce soit dans Prison Pit ou sur cet opus délirant l’auteur américain parvient, que l’on aime ou pas son approche, son dessin et les thématiques qu’il aborde, souvent répétitives, à susciter des réactions. Ses défenseurs saluent en lui un auteur qui bouscule les codes, qui écorne au passage une société américaine trop formatée et bien trop lisse. Ses détracteurs lui reprochent un dessin minimaliste, un mauvais goût récurent et cette tendance à glorifier la violence. Chacun se fera son avis au travers de ces deux albums publiés simultanément qui dévoilent un des auteurs à suivre de la contre-culture US.

Johnny Ryan – Prison Pit (intégrale vol.1) – Huber
Johnny Ryan – Johnny Ryan touche le fond – Misma    


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