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Destins tourmentés sur les rives du Mississippi, et autres récits à la croisée des chemins…

Terres lointaines puisées dans nos imaginaires, les chemins se croisent et se décroisent, ils insufflent un vent de fraîcheur et de renouveau sur l’habitude qui gangrène nos quotidiens. A travers les grands espaces, la vie reprend son droit. Elle s’affiche comme un territoire de conquêtes. De ces conquêtes qui, à force d’observation, d’attention, de respect, donnent lieu à des découvertes surprenantes. Les grands espaces de la Louisiane du XVIIIème siècle animent la vision de Patrick Prugne depuis quelques années. Cet empire colonial français, vendu aux Etats-Unis après maintes péripéties, offre des terrains de jeu pour bâtir des histoires et nous transporter dans le temps. Le Japon du XVIIème siècle possède lui aussi cette force d’attraction qui donne au dessin l’envie de s’affranchir des codes ou des droites lignes. Vincent Dutrueil nous livre avec Kaze, Cadavres à la croisée des chemins une photographie des campagnes de l’Empire du Soleil levant avec leurs lots de troubles et d’insécurité. Et que dire des bois gardés par Milky ? la jeune femme dessinée par Lilidoll nous transporte dans son univers poétique où la flore et la faune rivalisent de beautés étranges. Lorsque les grands espaces s’offrent à nous, pourquoi ne pas y plonger ? nous pourrions en sortir avec un esprit chargé d’émotions nouvelles…

 

 

Il existe en ce monde ou ailleurs un univers étrange peuplé de petits animaux hybrides, volatiles, et fragiles qui cachent pourtant en eux des dangers que nous ne supposons même pas. Ce royaume étrange, havre de paix et hymne à la nature dans ce qu’elle peut présenter de plus lyrique et romantique n’est-il qu’une vision égarée et mirifique d’un imaginaire débordant ? Certainement. Il s’affiche en tout cas comme un idéal, comme un nécessaire (r)éveil, salutaire s’il en est, aux beautés d’un monde qui nous échappe, à ses mélanges luxuriants et aux couleurs chamarrées qui s’y déclinent. Du fleuve sombre aux marais pullulant d’insectes en passant par toutes les rivières qui le sillonnent, ce no man’s land étrange libère des effluves de champignons frais et d’herbes folles gorgées de sucs et de sève abondants. Dans ces terres sans nom, dans cet ailleurs si loin et néanmoins si proche, les apparences sont souvent trompeuses et Milky est là pour nous le rappeler : Ma forêt est un lieu bienfaisant… et voici l’une de ses confidences : ce qui effraie n’est qu’apparence. En nous ouvrant à son monde la gardienne des lieux nous invite à un parcours sinueux vers la découverte de beautés insoupçonnées propres à nourrir l’espace sans fin de nos rêves. Elle nous fait don par la même de ses secrets, se fait partage. Son univers respire la vie, une vie qui prend forme dans la magie des instants passés à le parcourir mais aussi dans ce temps nécessaire à le dompter. Pour autant les bois de Milky peuvent ouvrir en nous tout un lot de souvenances sombres qu’accentue un trouble causé par la perte de nos repères essentiels, le temps et le lieu. Les bois dont Milky est la gardienne n’offrent que peu d’échappatoires, et les beautés qu’il affiche peuvent se lire comme des possibles dangers. De ceux qui nous attirent dans ses mailles tel l’antique chant des sirènes qui perdait les marins trop peu vigilants qui s’en approchaient au péril de leur vie. L’écriture poétique de Lilidoll qui accompagne le flot de matière graphique posé en couches successives, nous autorise (nous pousse) à l’évasion, en cela elle s’affiche comme salutaire…

Lilidoll – Milky – Soleil collection Venusdea – 2011 – 16,90 euros

 

Les campagnes de l’empire du Japon, en cette seizième année du règne de Go-Yozei, ne brillent pas par leur sûreté et nombre de clans détrousseurs y sévissent au grand dam des voyageurs de passage. Lorsque Jiro descend au village pour vendre son charbon au seigneur Manasse, il tombe, à la croisée de chemins, sur un cadavre gisant au sol avec une flèche dans son dos. Qui donc a commis ce crime atroce ? Pour le magistrat Nagato chargé de l’enquête la perspicacité n’est pas la plus brillante des qualités et, faute d’un meilleur coupable, Jiro se trouve accusé à tord de cet homicide. Kaze, rônin porté sur les chemins pour accomplir une mission secrète a assisté à la découverte du corps par le charbonnier. Il assiste aussi au simulacre d’enquête menée par les hommes de loi du seigneur Manasse. Afin de rétablir la justice, il mènera sa propre enquête dut-il révéler les travers dans l’administration d’un district et les secrets d’un seigneur devenu maître dans l’art du Nô… Avec cette adaptation libre du roman de Dale Furutani, La promesse du samouraï, Vincent Dutreuil, revisite le Japon de l’après bataille de Sekigahara qui marqua un grand bouleversement dans l’administration du pays et la mise en place du shogunat Tokugawa (dynastie) qui se prolongea jusqu’au dernier tiers du XIXème siècle. Le propos de Vincent Dutreuil respecte l’ambiance d’une époque de doutes et de troubles tout en conservant les valeurs d’un Empire millénaire par le biais du rônin (samouraï sans maître) Kaze. Le trait, vif et instinctif, se fait souverain dans le rendu du mouvement, de la tension qui s’immisce dans chaque scène. Porté par un mélange d’aquarelles et de traits au fusain, le dessin reste d’une modernité et d’une créativité perpétuelle, cultivant un goût du risque salutaire que soulignent et accentuent les couleurs souvent tranchées déclinées ici. Au final ce polar historique pose les problèmes du repli sur soi et de la peur qui nécrose les campagnes et leurs habitants placés sous le joug de seigneurs souvent renforcés dans leur pouvoir qui participent à scléroser le développement harmonieux d’une société qui semble se figer avec le temps. Dans un tel cadre Kaze, rônin charismatique, rappelle que les traditions ne révèlent tout leur sens et leur portée que dans un système qui place l’homme au centre de la vie, dans un respect de chacun et dans le rejet de l’obscurantisme. Un album majeur d’un auteur à suivre…

Vincent Dutreuil – Kaze, cadavres à la croisées des chemins – La boîte à bulles – 2011 – 17 euros

 

Patrick Prugne n’est pas un auteur de l’urgence, il aime construire, développer et suivre ces récits dans le temps. Après Canoë Bay qu’il signe en 2009 avec Tiburce Oger au scénario, il nous revient pour un nouvel album ayant pour cadre les immensités des terres de Louisiane. Ce territoire, symbole de la puissance de l’Empire colonial français, vient juste d’être vendu aux Etats de l’Union Américaine pour financer les campagnes coûteuses de Napoléon Bonaparte sur le vieux continent. Le récit prend corps autour de cette période tumultueuse. En Normandie, Alban, jeune fermier échappe à un tirage au sort, effectué dans son village par des sergents recruteurs, destiné à alimenter les réserves des armées de l’Empereur. Pourtant il se trouve arrêté pour désertion… C’est le début d’une longue histoire qui va suivre des développés surprenants à l’image d’une période agitée dans laquelle prennent corps des idées nouvelles d’humanisme héritées de la révolution. A peine arrivé à la Nouvelle-Orléans, Alban, devenu jeune soldat français se voit confier la tâche de sécuriser les territoires nouvellement cédés aux Etats de l’Union. Alors qu’il effectue une ronde près du port il assiste à une scène de violence envers un esclave noir. Il tue contre toute attente l’auteur des maltraitances. Arrêté par l’armée américaine il attend un jugement que l’on ne peut qu’envisager terrible pour le jeune homme. Pourtant, et alors que son destin semblait définitivement scellé, Toussaint Charbonneau, trappeur ayant assisté à l’arrestation du soldat français sur le port, décide de le libérer. Ils fuiront dès lors tous les deux le long du Mississippi avec pour objectif de rallier Saint-Louis. L’histoire de cette fuite permet à Patrick Prugne d’explorer les terres de Louisiane, d’offrir aussi la vision de territoires sauvages encore préservés mais fragilisés par la présence de profiteurs en tout genre (coureur des bois peu scrupuleux, chasseurs de tête…). Le dessinateur nous livre dans des planches d’une grande pureté graphique, teintée d’une poésie réelle, sa vision de la Louisiane des grandes plaines, des forêts habitées d’animaux inconnus du jeune Alban et qui présentent tous un danger potentiel : ours, bisons, aigles… Il nous donne aussi à voir des guerriers et tribus indiennes placés dans leur environnement naturel. Alban découvre ainsi que l’apparente sauvagerie de ces peuples pacifiques (voir la scène su village observée à la longue-vue) n’est que la résultante d’une barbarie bien plus sournoise, qui, au nom de la richesse, d’une supériorité morale et intellectuelle des nations européennes conduit à bouleverser et détruire les peuplades amérindiennes. Au cours de son voyage il retrouvera Louis, le jeune homme dont le riche père à acheter l’exemption, le précipitant de fait dans le corps des armées napoléoniennes. Celui-ci ne pouvait accepter de laisser Alban, son ami, partir à sa place et épouser le destin qui aurait dû être le sien. Le scénario, même s’il suit un déroulé prévisible, regorge de moments forts, il est soutenu et alimenté en permanence par un dessin très fin. S’il faut parfois lire entre les lignes et les mots d’un bon roman pour en capter toute la sève, il faut décortiquer chaque case livrée par Patrick Prugne pour comprendre la richesse d’un récit dont la portée doit se lire bien au-delà de la simple contribution à l’Histoire. Ce faisant le plaisir de lecture n’en est que plus vif et laisse indéniablement des traces s’enraciner durablement dans nos esprits.

A noter l’excellent travail des éditions Daniel Maghen dans la restitution du travail de Patrick Prugne. L’album est accompagné en effet de plus d’une vingtaine de pages de « documents » et esquisses préparatoires, nous faisant entrer dans l’intimité du créateur. Essentiel et si rare…

Patrick Prugne – Frenchman – Daniel Maghen – 2011 – 19 euros

 

Interview de Patrick Prugne 


Après Canoë Bay tu reviens, avec Frenchman, sur le nouveau monde au temps de la colonisation française. Peux-tu nous dire d’où te viens cet intérêt pour cette période de l’histoire et pour ces terres lointaines ?
Cela me tiens à cœur depuis un certain temps. J’aime lire des livres d’histoire, des biographies, des romans autour de cette période-là. Cela a commencé avant Canoë Bay. Nous en avons discuté avec Tiburce (scénariste sur Canoë Bay) qui était lui aussi très intéressé par cette époque, et l’album à vu le jour. Nous avons décidé de partir sur une histoire qui se déroulerait pendant la guerre de sept ans transposée au nouveau monde, car cette guerre qui sévissait en Europe, a connu des répercussions sur ce territoire tant convoité, avec des oppositions entre anglais, français et indiens. D’où le nom donné à ce conflit : French and Indian War. J’avais engrangé une telle documentation pour Canoë Bay que j’ai souhaité bâtir un nouveau récit sur la Louisiane, sur les français qui s’y sont installés, sur les canadiens-français… d’où l’écriture de Frenchman. Le titre de cet album vient du nom que donnaient les américains aux canadiens-français trappeurs, coureur des bois et souvent interprètes lors des expéditions auprès des indiens.

La Louisiane a connu de grands bouleversements au cours de son histoire. Tout d’abord la vente par Louis XIV en 1712 à une compagnie marchande, la guerre des sept ans que tu viens d’évoquer avec pour conséquence de la défaite française une cession à l’Espagne, la restitution des terres en 1800 par ces mêmes espagnols, puis une vente par Napoléon aux Etats-Unis en 1803. As-tu souhaité raconter en partie la tension géopolitique qui a traversé ce territoire ?
Je n’ai pas souhaité approfondir cette thématique ici mais elle pourrait donner lieu à de futurs récits. J’ai surtout voulu présenter le destin de deux normands qui n’ont rien à faire dans le nouveau monde et qui s’y retrouvent pour deux raisons différentes. Ils vont remonter le Mississippi depuis la Nouvelle-Orléans où ils débarquent et vont arriver à St-Louis. Je ne suis pas parti sur un traitement de l’histoire de la Louisiane parce que ce sujet est très vaste avec notamment des personnages comme Cavelier de La Salle, le frère Marquette, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville… mais aussi avec les péripéties de la session de la colonie aux espagnols, puis ensuite de sa restitution en 1800 et de sa vente par Napoléon peu de temps après aux américains. Des récits racontent que le drapeau français n’aurait flotté que quelques heures après avoir remplacé l’étendard espagnol et avant d’accueillir celui des Etats-Unis, signe de l’agitation de cette époque.  

As-tu d’un point de vu graphique effectué des recherches spécifique pour que ton dessin corresponde/colle à cette époque ?
Oui car il faut voir que nous sommes cinquante ans plus tard par rapport à Canoë Bay et que le récit ne se situe plus dans les mêmes sphères géographiques. Les forêts ne sont plus les mêmes, il y a toujours des résineux mais lorsque les personnages de Frenchman quittent la Nouvelle-Orléans, ils traversent des marais, et rencontrent par exemple des alligators. Par ailleurs nous sommes sur une aire géographique sur laquelle il y a plus de feuillus, donc il faut se documenter mais la palette graphique reste tout de même sensiblement la même. J’ai du par contre présenter les grandes plaines, avec les bisons. J’aime d’une manière générale dessiner des espèces animales autochtones et je l’ai fait aussi pour cet album.

Au début de ton récit à la Nouvelle-Orléans on découvre le racisme ambiant qui résulte de la traite des noirs. On découvre aussi un univers relativement violent dans les relations avec les indiens. Par contre la fuite d’Alban, ton héro, avec le trappeur Toussaint Charbonneau se fait dans une intégration parfaite avec la nature et les populations indiennes. As-tu voulu montrer dans ce périple ce qu’aurait pu être un développement harmonieux et respectueux pour tous ? 
Oui en partie. D’ailleurs à un moment de l’histoire, Alban demande au trappeur comment il fait pour vivre dans un pays pareil entouré d’indiens « sauvages ». C’est à ce moment-là que Toussaint lui raconte la fin malheureuse du noir (sauvé par Alban à la Nouvelle-Orléans) qui a été pendu par la foule à un bec de gaz… les sauvages ne sont pas forcément ceux que l’on pense… Donc oui l’histoire présente un Frenchman qui s’est adapté dans un environnement particulièrement hostile, avec des populations indiennes pouvant être agressives selon les circonstances, des coureurs des bois pas toujours francs, des crapules et  fripouilles en tout genre. Je ne sais pas si j’aurais pu tenir une heure dans un tel environnement. Toussaint a été pour moi un garde-fou qui permettait à Alban, jeune recrue napoléonienne ne connaissant rien du nouveau monde, de fuir, car il ne pouvait pas partir seul, cela était impossible. Charbonneau, qui a réellement existé et faisait parti de l’expédition Lewis et Clark, est donc essentiel dans le déroulé de mon récit.  

Comment as-tu découvert ce personnage ?
Notamment par le biais du journal des capitaines Lewis et Clark qui parlent de Toussaint Charbonneau et surtout de sa femme, Sacagawea, une indienne shoshone qui était interprète et que Toussaint avait gagné aux dés.

Pour revenir sur le côté animalier. Tu mets en scène dans Frenchman un vautour qui « accompagne » les personnages tout au long de leur périple. Cela était-il pour toi un moyen d’afficher et de rappeler les dangers qui guettent dans ce milieu hostile ou bien était-ce un élément scénaristique à part entière ?
Un peu des deux. Le vautour nous rappelle l’immensité de la nature et la nécessaire humilité que l’on doit avoir face à elle. Toussaint Charbonneau arrive à comprendre le vautour, cela résume tout à fait ce qu’il est. D’un côté nous avons une Europe qui s’enflamme avec les guerres napoléoniennes et de l’autre nous avons un trappeur qui doit parfois sa survie à un vautour qui le prévient d’un danger. Cela me permet d’ouvrir le lecteur sur de grands espaces. Alors cela peut être perçu, je l’admets, comme un petit élément scénaristique. D’un autre côté je me suis dit, « Bon tu as voulu d’un vautour, maintenant tu vas devoir le dessiner sur pas mal de planches !»

Peux-tu nous parler de cette scène dans laquelle Alban et Toussaint découvrent la présence de Louis par l’intermédiaire d’une longue-vue ?
Dans cette scène qui se déroule dans un village indien on aperçoit effectivement Louis. On le devine. Ce qui était important ce n’était pas tellement Louis mais le fait qu’il soit totalement intégré dans cette tribu. La première fois que j’ai dessiné Louis dans le village j’ai fait en sorte qu’on ne le voit pas tout de suite, pour que l’on se dise « où il est ? ». Je pense qu’on peut le percevoir ensuite grâce à son chapeau. Ce qui était important dans cette scène était le côté paisible des indiens surtout que l’on sort d’une longue course poursuite.

Comment s’est décomposé ton travail de l’idée de départ à sa réalisation ?
Par rapport à Canoë Bay j’étais responsable du scénario donc je ne pouvais me permettre d’escamoter aucune étape. J’ai débuté par un synopsis que j’ai présenté à Daniel Maghen. Il m’a demandé de développer ce projet. C’est là que j’ai commencé à construire une histoire sur sept/huit pages comme si j’écrivais une petite nouvelle avec des paragraphes qui correspondaient à des articulations du récit. Daniel, après quelques ajustements, était intéressé par cette histoire et j’ai donc vraiment entamé le travail de découpage avec les agencements par planche par le biais d’un story-board succinct mais qui comprenait la position de toutes mes cases. Ensuite je me suis attaché à construire les dialogues. J’ai pas mal retouché cet aspect là car il fallait qu’ils soient assez justes, avec des coupures aux bons moments. Il me fallait par ailleurs intercaler des plages de respiration pour éviter de tomber dans un rythme trop saccadé. Il y avait aussi la question essentielle du temps dans l’album. Je savais que mes personnages étaient à pied et qu’ils ralliaient Saint-Louis à partir de La Nouvelle-Orléans, ce qui représente un long parcours. Il fallait ressentir la longueur de ce trajet, s’immerger dans cet espace-temps.

Dans la description des grands espaces tu développes toute une palette de verts qui donne un côté poétique au récit. Est-ce que tu revendiques cet aspect poétique dans ces passages-là ?
Oui en un sens pour le volet contemplatif du récit mais je ne sais pas si c’est vraiment cela. En tout cas le terme me convient bien. Je pense que l’on peut parfois avoir un certain bonheur à contempler des paysages, une plaine dans le vent, un ciel d’orage. Tout cela possède indéniablement un côté poétique.

Quelle a été la plus grande difficulté pour toi dans la réalisation de ce projet ?
La plus grande difficulté a été d’écrire une histoire qui me convienne. Même si cela a été agréable à faire j’ai éprouvé des difficultés notamment dans les articulations, les découpages, dans la manière de donner aux lecteurs l’envie de tourner la page, de passer à autre chose, de faire une ellipse… tout cela a été un gros travail. Après, lorsque je passe à la partie dessin du projet, ce n’est plus la même chose. Je peux travailler différemment, écouter de la musique. Je sais où je vais.

Que retiens-tu de ce projet ?
Je pense avoir gagné en confiance dans l’écriture. Cela m’amène à réfléchir à l’évolution de mes personnages dans le temps. Le potentiel d’ouverture du sujet est réel et j’aimerai explorer d’autres histoires avec eux, toujours sur le principe du one-shot.  

Propos recueillis le 8 septembre 2011

Merci à Patrick, Anabelle et Daniel pour l’organisation de cet entretien.

© Patrick Prugne – Frenchman – Daniel Maghen – 2011


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