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La BD du jour : Carmen de Frédéric Brrémaud et Denis Goulet

Carmen la belle andalouse a suscité bien des égarements. Si cette nouvelle de Prosper Mérimée est connue de nous aujourd’hui c’est avant tout par le biais de sa transposition en opéra par Bizet. Frédéric Brrémaud et Denis Goulet redonnent l’envie de revenir au texte, de goûter à sa saveur et de partir sur les terres chaudes de Cordoue et de l’Andalousie…

 

Carmen ne connût pas le succès à sa parution. Ce récit de Prosper Mérimée dérangeait peut-être par sa liberté d’approche, la mise en avant aussi de la femme fatale, capable de tendre des pièges à la gent masculine qui se retrouve, dans cette nouvelle, pas forcément à son avantage. Le récit de l’auteur français nous présente en effet en Carmen une femme manipulatrice, prête à tout pour assouvir ses desseins. Si croiser la belle bohémienne s’apparente bien souvent  à un aller simple vers la dépouille pure et simple, cette femme fascine par sa beauté, sa liberté, sa façon de se mouvoir et son discours teinté d’insolence et de déraison.

Nous sommes en 1830. Alors qu’il parcourt l’Andalousie dans le but d’effectuer des recherches sur Munda, une cité antique dans laquelle séjourna Jules César, un archéologue français, accompagné d’Antonio rencontre ce qui semble être un fugitif réfugié dans une maison isolée. Cet homme les héberge pour la nuit avant qu’ils ne reprennent la route. Mais Antonio reconnait très vite cet homme qu’il identifie comme José Navarro, brigand sur lequel porte une récompense de 200 ducats. A la tombé de la nuit il scelle son cheval pour aller dénoncer le brigand et essayer d’empocher la récompense. L’archéologue décide toutefois que l’hospitalité du brigand mérite de le prévenir du danger qui le guette. Quelques jours plus tard alors qu’il rallie Cordoue, l’archéologue tombe sous le charme d’une romi, jeune femme troublante qui lui propose de lui lire les cartes. Mais il s’agit en fait d’un traquenard destiné à le dépouiller. En effet tout juste arrivé dans la chambre de la cartomancienne surgit un homme : José Navarro. Ce dernier le laissera partir pour lui rendre son service. Plusieurs mois plus tard alors qu’il revient à Cordoue, l’archéologue apprend l’arrestation du brigand condamné à mort. Il lui rendra visite en prison. L’homme lui racontera alors sa vie et sa passion pour Carmen pour laquelle il se retrouve au seuil de la mort.

Frédéric Brrémaud transpose ce texte en BD avec brio. La narration qui emprunte directement au texte de Prosper Mérimée se trouve soutenue par des dialogues souvent incisifs qui donnent une nouvelle vie au texte par le rythme qu’ils arrivent à transmettre à cette histoire. Les personnages possèdent de la profondeur, leurs destins croisés fascinent. Le dessin de Denis Goulet quant à lui supporte véritablement le texte, se meut dans ses ambiances plurielles qu’il prolonge en apportant une touche d’insouciance et de légèreté. Si l’on considère que les couleurs de Valérie Vernay ajoutent cette touche hispanique par la variété des climats et la luxuriance des teintes qu’elles apportent, nous pouvons voir dans cette adaptation de Carmen un album remarquable de densité qui nous transporte vers ces terres du sud…

Frédéric Brrémaud et Denis Goulet – Carmen – 2012 – Delcourt – 12,50 euros


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