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La BD du jour : RAS de Lénaïc Vilain

Gardien dans un grand hôtel parisien, non merci, pas pour moi ! Sauf que parfois il faut bien vivre et qu’une fois ravalé notre amour propre on se dit qu’un job reste un job. Lénaïc Vilain nous livre son retour d’expérience sur cet emploi qu’il pensait abandonner très vite et qui l’aura occupé six longues années. Un récit de rien, un récit de tout…

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RASDevenir veilleur de nuit dans un grand hôtel parisien n’est pas à proprement parlé un but en soi ou une vocation de jeunes gamins discutant à qui mieux-mieux autour du fameux couplet : Lorsque je serai grand, je serai ! Pour autant notre époque ne laisse pas ou plus foncièrement le choix et les rêves d’antan se transforment parfois en réalités plus terre à terre. Mais qu’importe pour Lénaïc Vilain. Un CV envoyé, un entretien pas forcément académique et voilà notre auteur/personnage engagé… Je ne pensais pas y rester les 8 heures de ma nuit nous dit-il comme pour afficher haut et fort l’exploit qui a été le sien de tenir six ans dans ce job dénué de tout intérêt autre que pécuniaire. Le jeune homme devra alors composer avec ses nouvelles fonctions, apprendre à sillonner en long, en large et en travers les couloirs interminables et sinueux de l’hôtel qui l’embauche du 23ème et dernier étage jusque dans l’antre des sous-sols labyrinthiques dans lesquels n’importe qui pourrait se perdre sans peine. Lénaïc compose avec cet environnement et apprend à découvrir ses compagnons de galère. Les équipes changent, les humeurs ne supportent pas d’être bousculées et la vie s’organise tant bien que mal avec une routine parfois désespérante. Pas folichon tout ça alors pour vaincre le temps cet ennemi qui pourrait finir de faire basculer notre héros dans une aliénation bien réelle, on s’invente des jeux : parcourir le couloir en effectuant le moins de pas, observer Paris la nuit avec son lot de jeu de lumières et de tranches de vie découpées au scalpel de nos imaginaires, activer sa pensée pour lutter contre l’endormissement qui gagne et parfois aussi jouer à se faire peur ou à stimuler nos sens : qui se cache derrière cette porte ? Tiens des bruits bizarres… Oui on dirait bien une partie de jambes en l’air ! On y croise aussi des personnages haut en couleurs ou d’autres plus désespérés rattrapés par quelques démons pas forcément débonnaires. Bref on essaye de vaincre la nuit dans l’attente de premières lueurs du jour !
RAS, le titre de l’album est tiré des feuilles d’intervention que devait remplir Lénaïc lors de ses rondes. Rien A Signaler la plupart du temps, la vie se lit dans les accidents du quotidien et d’une routine bien ancrée. Avec ce petit album sans prétention, Lénaïc Vilain démontre un réel talent, celui de tenir un récit avec presque rien. Le pari de départ était osé et même si l’intrigue n’a rien de foncièrement sexy, on passe pourtant un bon moment de lecture, allez savoir pourquoi ? Pas inintéressant donc et sûrement à découvrir au moins pour l’exercice de style !
Lénaïc Vilain – RAS – Poivre & Sel – 2013 – 11 euros


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