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La BD du jour : Sian Loriel T1 d’Attinost & De Luca

Les Marches Carmines, nom bien poétique pour décrire un univers somme toute assez sombre dans lequel les perspectives d’épanouissement paraissent bien minces. Dans cet univers pullulent les machinations et combats qui rapprochent l’homme de ses instincts les plus bestiaux. Au milieu d’eux, Sian, guerrier mercenaire essaye de comprendre ce qui se trame dans l’ombre…

 

Nous sommes sur des terres désolées, tout juste capables d’accueillir des scènes de combats redoutables qui finissent bien souvent dans des bains de sang. Au milieu de ces terres germes, ici ou là, des champignons humains, forteresses censées être imprenables… Mais bon, la loi du plus fort l’emporte bien souvent et semble la seule clef de ce paysage gangrené par des querelles qui peuvent parfois paraître futiles par rapport à l’énergie dépensée pour tuer et répandre le sang. Dans cet univers sans merci, certains hommes et femmes, les riders, restent recherchés pour leur sens du combat qu’ils mènent dans des armures gigantesques et particulièrement efficaces. Ces guerriers mercenaires peuvent faire chavirer l’issue d’un combat compromis et s’attacher leurs services peut parfois sauver l’essentiel. Quasi invulnérables, ils possèdent pourtant un point faible, un talon d’Achille, leur huileux. Sorte de mécanicien suiveur, les huileux composent un corps tout aussi important que les hommes qu’ils servent. Avec leur caisse à outils, fiole d’huile et de graisses, ils réparent en un tour de main les armures des riders et assurent, bien souvent dans l’ombre, une mission dangereuse mais cruciale. Sian Loriel est un rider. Il fait « équipe » avec Cass, un jeune huileux surdoué qui cache aux yeux du monde un secret bien gardé. Sian travaille pour le bourgmestre Maier qui fait face à un début de rébellion dans l’un des puits d’où est extrait le gisement qui assure le fonctionnement de toute la contrée. Mais ces mouvements d’humeur de la part des extracteurs n’est semble-t-il pas sans fondement…

A partir d’un scénario bien posé est dense, Attinost pose la marque de son univers déglingué à la steampunk. Pourtant il construit le contexte avec presque rien, deux trois indices posés là, une petite révélation ici qui suffisent à nourrir le récit et notre imaginaire. Il laisse par contre s’exprimer le dessin, notamment dans les scènes de bataille, bien souvent exemptes ou peu chargées en dialogues (planches 13 à 18, 27 à 29, 36 à 43). Cela donne un aspect contemplatif au récit qui joue sur le sens, la portée symbolique, le suggéré plus que sur le démonstratif pur. Tout reste une question d’équilibre, qui, même s’il apparaît fragile fonctionne ici. Certes cette série ne révolutionnera pas le genre, mais là n’est pas non plus son but. Reste une attraction pour le récit et l’envie inébranlable d’en connaître la suite !

Attinost & De Luca – Sian Loriel T1 – Le Lombard – 2012 – 14, 45 euros


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