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Lundi Manga : Assassination Classroom de Yūsei Matsui (Kana)

Salut à tous, on se retrouve pour un nouveau Lundi Manga ! Cette semaine on retourne au collège, mais pas n’importe lequel : une classe de cancres chargée de tuer leur professeur principal avant la fin de l’année scolaire, sous peine de voir la Terre entière exploser. Le tout avec ce professeur qui est, accessoirement, le meilleur enseignant qu’ils aient jamais eu. Vous l’aurez compris, aujourd’hui on parle d’Assassination Classroom !


Assassinassion Classroom

Auteur : Yūsei Matsui

Dessinateur : Yūsei Matsui

Genre : Action – Comédie – Science fiction – Drame

Éditeur (France) : Kana

Nombre de Tomes : 21

Série animée : 2 saisons (47 épisodes au total) 

Studio d’animation : Lerche

Plateforme de streaming : ADN – Netflix

Appréciation :'


 

De quoi que ça parle ?

Une nuit, sans prévenir, une créature détruit près de 70 % de la Lune, qui prend désormais la forme d’un croissant permanent visible depuis la Terre. Cette même créature, un être tentaculaire jaune d’une puissance qui défie toute logique, capable de se déplacer à Mach 20, se présente alors devant le gouvernement japonais avec une proposition pour le moins inattendue : il veut devenir professeur principal de la classe 3-E du collège Kunugigaoka, la classe des cancres et des laissés-pour-compte de l’établissement.

Sa condition est simple, et terrifiante : si aucun élève ne parvient à l’assassiner avant la fin de l’année scolaire, en mars il détruira la Terre de la même manière qu’il a détruit la Lune. En contrepartie, le gouvernement accepte de le laisser enseigner, à la condition stricte qu’il ne fasse jamais de mal à ses élèves. C’est ainsi que Koro-sensei devient, sans doute, le professeur le plus particulier que le Japon ait jamais connu, formant ses élèves aux mathématiques, à l’anglais, et… à l’art de l’assassinat, avec une prime de 10 milliards de yens à la clé pour celui ou celle qui réussira.

Pourquoi c’est bien ?

Un concept de base totalement fou qui fonctionne à merveille
Sur le papier, l’idée semble presque too much : des collégiens armés de couteaux et de pistolets modifiés qui s’entraînent à tuer leur professeur entre deux cours de maths. Et pourtant, Yūsei Matsui parvient à rendre ce postulat absurde parfaitement cohérent et redoutablement efficace. La série jongle sans effort entre la comédie potache, l’action pure et des moments d’une intensité dramatique qui surprend toujours par sa justesse.

Koro-sensei, l’un des meilleurs personnages du shōnen moderne
Tout l’équilibre de la série repose sur Koro-sensei et c’est une réussite totale. Ce poulpe jaune grotesque cache en réalité une bienveillance et une pédagogie hors normes : il connaît chacun de ses élèves sur le bout des doigts (ou des tentacules), comprend leurs failles, leurs traumatismes, leurs talents cachés, et met un point d’honneur à les faire grandir même si cela doit l’aider à mieux se faire tuer. Ce paradoxe constant, entre la menace existentielle qu’il représente et l’affection sincère qu’il porte à sa classe, est ce qui rend l’œuvre aussi mémorable.

Une classe 3-E attachante et bien plus profonde qu’il n’y paraît
La grande force de Matsui, c’est de donner à chacun des élèves de la classe E une véritable identité. Ce ne sont pas de simples silhouettes en arrière-plan : Nagisa et son talent insoupçonné pour l’assassinat, Karma et sa rébellion permanente contre l’autorité, Kayano et son lien tragique avec le passé de Koro-sensei… chacun a sa propre arche, ses propres blessures, et la série prend le temps de les explorer sans jamais perdre le fil de l’intrigue principale.

Une critique sociale qui ne dit jamais son nom
Sous ses airs de comédie d’action, Assassination Classroom porte un regard acerbe sur le système scolaire japonais et sa logique de classement à outrance. La classe E est un dépotoir pour élèves jugés inutiles, méprisés par l’administration et le reste de l’établissement. Le parcours de cette classe, qui passe du statut de rebuts à celui d’élite redoutée, est une réponse cinglante à toute forme de hiérarchisation basée sur des notes. C’est intelligent, et ça ne s’impose jamais de façon lourde.

Un final qui marque durablement
Sans trop en dire, sachez que la conclusion de la série est de celles qui restent en mémoire longtemps après le visionnage. L’émotion qui se dégage des derniers épisodes contraste violemment avec le ton souvent léger du reste de l’œuvre, et c’est précisément ce contraste qui rend le tout aussi marquant. Beaucoup de spectateurs, moi inclus, ne s’attendaient clairement pas à finir la série avec les larmes aux yeux.

Des openings et une bande-son qui méritent clairement le détour
Petite mention spéciale pour la partie musicale parce qu’elle a quelque chose de vraiment particulier. Les openings de la série ne sont pas interprétés par un artiste extérieur classique, mais par le groupe 3-nen E-gumi Utatan formé spécialement pour l’occasion par les seiyū qui doublent Nagisa, Kaede, Karma, Yūma et Hiroto. Le concept est malin : ce sont littéralement les voix des élèves de la classe E qui chantent leur propre générique, ce qui renforce encore le sentiment de cohésion de groupe au cœur de la série. Seishun Satsubatsuron en saison 1 et QUESTION en saison 2 sont énergiques, un peu décalés et collent parfaitement à l’ambiance bordélique et attachante de la classe 3-E. Les endings, plus posés et souvent confiés à des artistes solo comme Shion Miyawaki, viennent contrebalancer intelligemment cette énergie en apportant une touche plus mélancolique, en phase avec les thèmes plus sombres que la série distille au fil des épisodes.

Conclusion

Assassination Classroom est un shōnen qui réussit l’exploit de faire rire, réfléchir et pleurer avec un concept qu’on aurait pu croire impossible à exploiter sérieusement. Entre son humour omniprésent, ses personnages tous attachants et son message final d’une sincérité rare, c’est une série qui mérite clairement sa réputation auprès des fans de la décennie 2010. Disponible en intégralité sur ADN et Netflix, et toujours édité chez Kana en 21 tomes, c’est le genre d’œuvre qu’on peut facilement recommander à n’importe qui. Foncez, vous me remercierez plus tard !


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