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Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog

Film d’une flamboyance remarquable, Aguirre a marqué l’histoire du 7ème art. Réalisé avec peu de moyens et une prise de risque maximale, le film a influencé plus d’une génération d’auteurs, tout art confondu. Retour sur un film hors norme…

Werner Herzog a trente ans lorsque sort Aguirre la colère de Dieu. Le film lui vaudra la consécration mondiale. Pourquoi ? En partie grâce à son personnage central, Aguirre, dont l’histoire a jugé l’action mais dont le réalisateur essaye de reconstruire les étapes qui l’ont conduit à plonger doucement dans une aliénation qui le conduira à sa perte. D’un point de vue formel il faut souligner que le réalisateur allemand a pris des libertés avec l’histoire mais peu importe là n’est pas le propos.

1560, une expédition sous le contrôle de Pizarro s’enfonce dans la forêt amazonienne à la recherche de l’Eldorado. Le convoi qui transporte outre des vivres et de l’armement lourd (canon), est accompagné de deux femmes, l’épouse de Pedro de Ursua et la fille de Lope de Aguirre. Pris dans des marécages, le convoi, épuisé, prend une once de repos. Devant l’insuccès de l’expédition, Pizarro demande à une quarantaine d’hommes de partir sur les eaux du fleuve Maraňon afin d’explorer les environs, trouver des vivres et des renseignements pouvant les aiguiller. Ils seront placés sous le commandement d’Ursua et de Lope de Aguirre. Trois embarcations de fortunes dérivent sur les eaux du fleuve qui tend lui aussi ses pièges sous la forme de rapides qui mettent en difficulté un des radeaux. Le temps que les hommes d’Ursua se rendent sur l’autre rive pour porter secours aux hommes qui composent l’embarcation, ils sont retrouvés mort, tués semble-t-il par des indiens que personne ne voit. A cette suite Aguirre décide de ne pas retourner vers Pizarro et dans une mégalomanie manifeste, décide de destituer par la force le commandement d’Ursua et nomme Guzman qu’il proclamera plus tard « empereur de l’Eldorado ». L’idée d’Aguirre est, comme il a été fait par Cortès auparavant au Mexique, de conquérir le Pérou, les terres alentours et la gloire. Mais les eaux deviennent soudainement calmes et le danger guette en permanence. Il prend la forme de fléchettes empoisonnées envoyées depuis la rive par des indiens cannibales invisibles qui crient sur leur passage « De la viande fraiche ! ». Le reste de la virée tourne à une lente agonie qui n’est autre que la colère de Dieu.

Avec ce film teinté d’onirisme, Herzog revisite le mythe de Aguirre, ce soldat rebelle qui défia jusqu’au roi d’Espagne Philippe II. Les plans laissent place à la méditation, une méditation qui devient prégnante au fil que les personnages tombent un à un. Herzog signe aussi un réquisitoire contre la colonisation forcée et les tentatives d’évangélisation. Rien ne pourra justifier la violence. La scène des rapides, où Herzog et son assistant se déplacent sans attaches pour capter la tension et la peur qui gagne, est captée caméra à l’épaule, dans un prodigieux exercice de stytle. Une prise de risque rare pour un film qui marqua l’histoire.

Werner Herzog – Aguirre la colère de Dieu – 1972 – 94 mn (DVD Les films de ma vie)


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