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Intelligence Artificielle et Cinéma : Quand le 7e Art envisage des IA se retournant contre leur créateur
De Hal à la Matrice, en passant par Skynet

Si le cinéma a largement imaginé l’émancipation des machines en envisageant que celles-ci puissent développer des sentiments (comme cela a été présenté ici), il a également investi un terrain beaucoup plus sombre : celui de machines qui – une fois émancipées – se retournent contre leur créateur, autrement dit nous. Et cela dans le but de dominer l’espèce humaine. Craignant un peu d’affronter toutes ces machines inquiétantes toute seule, j’ai fait appel à Youri pour livrer bataille avec moi !

Sorti en 1968, 2001 : l’Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick est incontestablement l’un des premiers grands films de S-F et reste, aujourd’hui encore, l’un des piliers de ce genre au cinéma. Pour parvenir à cette impressionnante prouesse technique pour l’époque (car c’en était une), il faut savoir que le réalisateur s’était entouré de près d’une trentaine de créateurs d’effet spéciaux et d’une quarantaine de décorateurs de plateau. Cinquante ans plus tard, lors de son édition 2018, le Festival de Cannes a célébré ce demi-siècle d’existence en compagnie de Christopher Nolan, ce que Youri avait largement détaillé ici. En nous interrogeant sur l’évolution de l’humanité en nous plongeant dans un monde où la technologie est capable de penser et d’analyser le comportement humain, Stanley Kubrick est un des premiers cinéastes à traiter la question de l’intelligence artificielle au cinéma. Mais il n’est pas le seul.

En 1927, soit quarante ans avant 2001, le réalisateur allemand Fritz Lang abordait déjà la question de l’IA avec Metropolis. En l’an 2026, des ouvriers travaillent dans les souterrains d’une fabuleuse métropole (qui donne son nom au film). Ils assurent le bonheur des nantis qui se prélassent et se divertissent dans de somptueuses demeures et de luxuriants jardins. Les ouvriers, eux, dorment et survivent dans les profondeurs de la Terre. Un savant fou va mettre au point un androïde à l’apparence féminine qui poussera les ouvriers à se rebeller contre le maître de la cité futuriste.

Grâce à des décors fascinants en carton pâte, Fritz Lang imagine un film précurseur dans lequel l’intelligence artificielle incarnée par l’androïde féminin Maria joue un rôle important. En effet, Metropolis aborde un sujet essentiel de la science-fiction, la problématique de l’intelligence artificielle créée par l’homme et à son image mais dont le contrôle lui échappe. Metropolis a été la source d’inspiration de films du même genre, tels que Blade Runner de Ridley Scott, Le cinquième élément de Luc Besson ou encore la trilogie Matrix des frères (devenues sœurs) Wachowski. À noter aussi que Metropolis a été, en 2001, le premier film inscrit sur le « Registre de la Mémoire du monde » de l’Unesco.

Metropolis, réalisé par Fritz Lang. Avec Brigitte Helm, Alfred Abel, Rudolf Klein-Rogge, Gustav Fröhlich, … (Sorti en France le 6 février 1927, puis le 19 octobre 2011 dans une version restaurée)

 

La thématique de l’IA tentant de prendre le contrôle de l’humanité continue à être exploitée au cinéma les décennies suivantes, notamment par deux grandes séries de films : Terminator et Matrix.

Constituée à ce jour de six films (et connaissant par ailleurs des adaptations vidéo-ludiques), la saga Terminator débute dans les années 80 avec un premier film réalisé par James Cameron et sorti en 1984 (1985 pour la France). Nous sommes en 2029. La majorité de l’humanité a été décimée par un holocauste nucléaire organisé par Skynet, un système informatique doté d’une IA et dont l’objectif est d’imposer le règne des machines sur les hommes. En face, la résistance humaine, menée par John Connor, s’est organisée et est sur le point de l’emporter sur les machines. Skynet décide alors d’envoyer dans le passé un Terminator – c’est à dire un assassin cybernétique à l’apparence humaine – afin d’éliminer Sarah Connor, la mère de John, dans le but d’empêcher la naissance de ce dernier.

Rencontrant un succès aussi commercial que critique à sa sortie, Terminator est rapidement envisagé comme le premier volet d’une saga de S-F qui saura trouver son public. Terminator 2 : Le jugement dernier sort au début des années 90 et est tout aussi réussi que son aîné. Malheureusement, les quatre films suivants (surtout Genisys !) sont bien plus oubliables, à part peut-être Terminator Renaissance (sorti en 2009, avec notamment Christian Bale et Sam Worthington) qui prend le parti de montrer davantage la guerre entre humains et machines au temps présent plutôt que de jouer sur le voyage temporel qui est la pierre angulaire des autres films. En tout cas, si vous ne devez en retenir que deux avec le grand Schwartzy, il s’agit incontestablement des deux premiers volets !

Autre série de films qui envisage l’avènement des machines et leur domination sur l’humanité, il s’agit bien évidemment de celle orchestrée par les sœurs Wachowski. Dans un futur dystopique, la réalité perçue par la majorité des hommes n’est qu’une simulation virtuelle – appelée « La Matrice » – créée par des machines douées d’une puissante IA. Leur but ? Asservir à leur insu les êtres humains pour se servir de la chaleur et de l’activité électrique de leur corps comme source d’énergie, les rayons du soleil étant bloqués par un épais nuage recouvrant la Terre. Hacker connu sous le pseudonyme de Neo, Thomas Anderson évolue dans la Matrice jusqu’à ce que des humains vivant dans le monde réel et ayant organisé la résistance face aux machines lui proposent d’en sortir.

Sorti sur nos écrans en 1999, Matrix est d’abord une révolution esthétique puisque sa réalisation fait usage d’une technique – le bullet time – jusqu’alors peu utilisée. Offrant des scènes d’anthologie dans le premier volet, elle sera largement exploitée dans les deux volets suivants (Matrix Reloaded et Matrix Revolutions), sortis en 2003 à six mois d’intervalle. Autre révolution, celle de la réalité informatique du scénario. En effet, jamais un film n’était parvenu avant cela à un tel degré de précision concernant la question de l’informatique, que ce soit au sujet des virus ou de l’intelligence artificielle. Fin 2019 est annoncé pour notre plus grand plaisir le retour de cette saga mythique avec un quatrième volet. Le tournage a débuté mais a dû s’interrompre récemment en raison de la crise sanitaire du covid-19. Toutefois, la sortie du film est toujours prévue pour l’instant au printemps 2021. Si Laurence Fishburne ne reprendra pas le rôle de Morpheus, Keanu Reeves et Carrie-Anne Moss sont une nouvelle fois à l’affiche. Et il semblerait également que le plus british des acteurs français – Lambert Wilson – soit à nouveau de la partie lui aussi !

Trilogie Matrix, réalisée par Lana et Lilly Wachowski. Avec Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Laurence Fishburne, Hugo Weaving, … (Sortie entre 1999 et 2003)

 

Moins d’un an après l’arrivée sur nos écrans du dernier volet de la trilogie Matrix sort un nouveau film abordant la question de l’IA : I, Robot. Réalisé par Alex Proyas (The Crow, Dark City ou encore Gods of Egypt), il s’agit de l’adaptation de deux romans et une nouvelle d’Isaac Asimov (eh oui, encore lui !) : Les Robots (1950), Les Cavernes d’acier (1954) et Le robot qui rêvait (1988). Dans un monde idéal en 2035, les robots sont devenus de parfaits auxiliaires de vie pour les humains. Le détective Del Spooner est chargé d’enquêter sur la mort du professeur Alfred Lanning, expert en robotique. Le principal suspect semble être un prototype de robot nommé Sonny. Cela étonne les autorités car ces robots sont conçus pour obéir aux trois lois de la robotique : 1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser un être humain exposé au danger ; 2. Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains sauf si ces ordres sont en contradiction avec la première loi ; 3. Un robot doit protéger son existence sauf si cet impératif est en contradiction avec la première ou la deuxième loi.

Pour le comparer avec d’autres films du même genre, I, Robot est loin de l’esthétique particulière des deux Blade Runner. Nous sommes plutôt ici dans un film de science-fiction à la fois efficace et divertissant pour ses scènes d’actions bourrées de technologie numérique et intéressant par la rencontre entre le détective Del Spooner (interprété par Will Smith) et l’androïde Sonny. Mais ce qui démarque I, Robot d’un simple blockbuster est surtout les diverses préoccupations liées à l’intelligence artificielle qu’il aborde : l’humanisation des robots, tant dans leur aspect que dans les « pensées » qu’ils développent ; mais aussi et surtout la crainte de robots dotés d’une IA suffisamment forte et qui pourrait potentiellement conduire à la destruction de l’humanité, ce que craignait notamment le très grand physicien Stephen Hawking.

I, Robot, réalisé par Alex Proyas. Avec Will Smith, Alan Tudyk, Bridget Moynahan, Chi McBride, … (Sorti en France le 28 juillet 2014)

 

Enfin, sachez qu’il existe également quelques séries abordant elles aussi la thématique de l’IA. En lien avec les sagas Terminator et Matrix ont en effet été développés pour le petit écran Les chroniques de Sarah Connor (2008-2009) et Animatrix (2003). Plus récemment, la chaîne américaine HBO a produit l’excellente série Westworld, créée par Jonathan Nolan (dans la famille Nolan je demande le frère) et Lisa Joy. Les saisons 1 et 2 avaient déjà été évoquées dans nos colonnes (ici et ) et la saison 3 est actuellement en cours de diffusion, respectivement sur HBO pour les Etats-Unis et sur OCS pour la France, ce qui est idéal en cette période de confinement !

https://www.youtube.com/watch?v=BjiVbrGHg5U

Westworld (saison 3), créé par Jonathan Nolan et Lisa Joy. Avec Evan Rachel Wood, Thandie Newton, Jeffrey Wright, Ed Harris, Tessa Thompson, Luke Hemsworth, Vincent Cassel, … (Actuellement en cours de diffusion)


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