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La BD du jour : Le journal d’une emmerdeuse de Gratien et Cromwell chez Akiléos

Anita Bomba possède ce don de se fondre dans l’environnement qui l’entoure au point de se faire oublier pour le plus grand désagrément de pas mal de personnes et d’établissements propres ou moins propres sur eux. L’héroïne de Gratien et de Cromwell attendait une renaissance depuis le dernier opus proposé il y a dix ans maintenant. Et pour tout dire cette intégrale répare bien la chose !

 

Lorsqu’ils décident de claquer la porte de leur éditeur de l’époque, un peu avant le milieu des années 90, Eric Gratien et Cromwell restent dans l’impasse. Ils avaient pourtant livrés ensemble, avec Minettos Desperados, une série ovni dans laquelle trois filles délurées entreprennent une conquête de l’ouest pas forcément typique puisque l’or des terres lointaines ne se récupéraient pas pour elles dans les ruisseaux scintillants et frais de Californie ou d’ailleurs mais dans des établissements bancaires aux devantures lessivées par le soleil. Rebondir n’est pas chose facile et nos deux compères évoquent même la possibilité de tout claquer pour aller exercer leurs talents ailleurs, notamment dans l’animation pour Cromwell.

Mais ce n’était sans compter sur la force de persuasion et la roublardise de Gratien qui obtiendra une forme de Grâal en obtenant un rendez-vous dans le bureau de l’éminent Jean-Paul Mougin, rédacteur en chef de la revue (À suivre), redoutable éditeur, infiniment respecté dans le métier. De cette rencontre naitra Anita Bomba. Une héroïne mythique, passée à la postérité, dont nos deux auteurs développeront les péripéties au travers de cinq récits survitaminés. Pour les lecteurs de moins de 35 ans et les plus âgés qui avaient la tête ailleurs, résumons en quelques mots ce qu’est l’univers d’Anita. Trois personnages aux destins liés, Anita, la grande prêtresse de l’ouverture des coffres, Sig14 son robot schizophrène et gaffomane et Le Mentor, épouvantail hirsute sauveur de la première heure, errent dans un monde pas si différent que ça de notre monde connu, un peu dans le futur quand même, avec tout ce qui va avec comme technologie d’avant-garde. Poursuivis par les forces de l’ordre et notamment un redoutable inspecteur accompagné de ses dévoreurs canins (de petits robots gloutons qu’il ne vaut mieux pas énerver), ils doivent tout à la fois composer avec leur nouveaux désirs de richesses et la gestion de leurs arrière-trains. Cette série aura conquis son public mais les époques changent et avec eux les directeurs de collection et autres directeurs financiers qui ne jurent non pas sur la qualité intrinsèque d’une série mais sur sa force de vente. Anita dans l’impasse, en 2006, Cromwell choisira de travailler sur d’autres projets dont un sublime Dernier des Mohicans, adapté librement du roman de James Fenimore Cooper dans lequel il change de technique pour proposer une lecture plus près de la matière et de la nature de l’œuvre.

Pendant ce long travail, Anita ne quitte pourtant pas l’esprit du dessinateur qui n’attend que de pouvoir revenir dans l’univers qu’il a tissé patiemment au fil du temps avec Eric Gratien. Le succès raisonnable de l’adaptation du Dernier des Mohicans permet à Cromwell de récupérer les droits sur Anita et d’y revenir via une structure qu’il fonde baptisée Week End On Mars. Avec l’aide des éditions Akiléos, il travaille à la renaissance de son héroïne. Trois fascicules format comics souples voient le jour à partir de 2014 et deviendront les portes d’entrée dans l’univers d’Anita. Un univers qu’il nous est permis de (re)découvrir aujourd’hui dans son intégralité grâce au premier opus d’une intégrale qui verra toute la matière écrite et dessinée pour cette série publiée en trois épais volumes. Le premier, que vous pouvez vous procurer, reprend les trois premiers récits édités jadis par Casterman. Et ils valent sacrément le détour, donc à vos portefeuilles !

Gratien/Cromwell – Le journal d’une emmerdeuse  – Akiléos/Week end On Mars – 2017 – 22 euros


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