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Comics en Vrac spécial Steam Punk : La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, Ignition City, Grandville T2

Pas toujours facile de trouver des comics qui sont dans l’univers Steam Punk. Je parle bien des oeuvres qui le sont vraiment car certains récits qui nous avaient été indiqués comme étant dans cette mouvance se sont révélés plutôt être de la Fantasy. Voilà donc une sélection de 3 comics dont l’incontournable oeuvre d’Alan Moore  mais aussi Grandville qui devrait vous plaire. Nous nous permettons aussi de resservir la critique d’Ignition City que nous avions publié  ici. Nous l’avons insérée dans ce dossier. 

 

 

Ignition City

Scénario : Warren Ellis

Dessin : Gianluca Pagliarani

Collection : Glénat Comics

Format : 173 x 265, 144 pages

Editeur : Glénat

ISBN : 9782723488310

Web : http://www.glenat.com

L’histoire : si vous aimez l’ambiance Steam Punk, vous allez être servis. Nous voilà en 1956. Sachez que les martiens ont interrompu la seconde guerre mondiale et ils ont apporté toutes les technologies permettant le voyage spatial. Tout le monde se précipite dans la brêche et se rue sur les étoiles. Mais en 1956, la situation a bien changé. Petit à petit les états interdisent les vols spatiaux pour des raisons diverses et variées. L’aventure spatiale tourne donc court et il ne reste bientôt plus qu’un spatioport, celui qui est situé à Ignition City. C’est crade, mal famé et peuplé d’anciennes gloires de l’exploration spatiale.

Notre avis : la principale qualité de ce récit, c’est bien cet univers glaude à souhait que Warren Ellis a créé. Cette impasse du monde nous a fasciné. On se croirait hors du temps, hors des lois. Les personnages sont truculents : dealers d’armes, scientifiques au placard, extra-terrestres SDF, il y en a pour tous les goûts. 

Au milieu de ce désert foutraque, débarque Mary, une jeune fille au caractère de feu qui vient chercher des explications sur la mort de son père, un héros de l’humanité. Sur place l’enquête n’est pas facile, on ne sait pas qui sont les alliés ni qui sont les ennemis. Mais petit à petit les pièces du puzzle se mettent en place et on découvre une Mary plus forte qu’on ne le pensait. Le récit est rondement mené, on nous fait entrer doucement dans l’aventure jusqu’à la révélation finale. Les personnages sont creusés et on se prend d’affection pour un certain nombre d’entre eux. Le rythme est soutenu et les dialogues claquent bien. 

Du côté des dessins, on ne peut pas rester indifférent. Vous allez détester ou adorer. C’est un style vraiment particulier qui met le paquet sur les décors, magnifiques. C’est moins convaincant pour les personnages dont les visages, spécialement chez les femmes, manquent un peu de caractère. 

C’est une BD pas comme les autres qui nous est servie ici. Elle n’est pas passée loin de la perfection …

Appréciation : 4

 

 

 

La ligue des Gentlemen Extraordinaires

Scénario : Alan Moore

Dessin : Kevin O’Neill

Format : couleurs, 416 pages

Editeur : Panini Comics

ISBN : 978-2809427585

Web : http://www.paninicomics.fr

L’histoire :  1898, la ligue se forme sous l’impulsion d’un certain Monsieur M et de son bras droit, Campion Bond, personnage assez antipathique d’ailleurs. Ils demandent à Miss Wilhelmina Murray (Mina Harker dans Dracula de Bram Stoker) d’aller chercher différentes figures emblématiques, héros du passé ou du présent, de la littérature populaire du 19ème siècle. Il s’agit d’Allan Quatermain, héros aventurier, du capitaine Nemo, qu’on ne présente plus, de l’insaisissable homme invisible ou encore du schizophrène Docteur Jekyll. Le recrutement en se fait pas sans anicroches. Allan est un junkie shooté à l’opium, l’homme invisible a des occupations peu orthodoxes dans un couvent, le docteur Jekyll fait parler de lui à Paris sous son autre identité et Nemo est personae non grata dans un paquet d’endroits. La bande finit par s’allier pour contrecarrer les plans du docteur, un caïd de Londres. Mais les méchants ne sont jamais là où on le croit. Les vilains du passé semblent vouloir revenir à la surface et les plans sont en plusieurs bandes, à n’en pas douter. 

Notre avis : oubliez le film (dont vous pouvez retrouver la critique ici), adoptez la BD. D’ailleurs Alan Moore a bien montré son mécontentement à la sortie du long-métrage. Trop réducteur il ne retranscrit absolument pas l’ambiance si particulière de ce comics. Alan Moore arrive à créer un univers incomparable. L’histoire est alambiquée et les personnages sont hors normes. Les complots, les retournements de situations et les trahisons vont bon train. Concernant notre bande, on est loin d’une Ligue de Justice, oh que oui. Ils ont tous des sacrées casseroles à trainer et leurs démons les hantent toujours. Nemo a une rage incroyable en lui doublée d’un machisme sans nom, Allan a du mal à se débarrasser de sa dépendance à la drogue, l’homme invisible est le plus cynique de tous, … Vous l’avez compris, c’est haut en couleur et l’humour noir de Moore claque à tous les coins de page.

La BD que nous avons entre les mains est un recueil des deux premiers opus concernant la Ligue. Ce sont les récits fondateurs, ceux qu’ils ne faut pas louper. C’est un très beau livre. Les planches sont entrecoupées de nouvelles écrites par Moore et on peut vous dire que le bonhomme a du style.

Le dessin est très particulier. Les décors bénéficient d’un traitement privilégié avec un niveau de détails époustouflant. Les visages prennent le contre-pied, ils sont taillés à la serpe comme pour leur donner une sévérité exagérée. Quand on lit le propos, cela ne nous surprend pas. On sent une forme de défiance envers le genre humain, un scepticisme par rapport à l’avenir.

Voilà, il est difficile de décrire ce que l’on ressent à la lecture de ce comics mais il y quelque chose de particulier qui en fait une oeuvre à part, résolument adulte, totalement amère, définitivement indispensable.   

Appréciation :  4

 

 

Granville T2, Mon amour 

Scénario : Bryan Talbot

Dessin : Bryan Talbot

Collection : Milady Graphics

Format : couleurs, 104 pages

Editeur : Milady

ISBN : 978-2811205317

Web : http://www.milady.fr

L’histoire : Angleterre, fin du 19ème, l’inspecteur Lebrock est au plus mal. Depuis le décès de Sarah, il est resté enfermé chez lui avec pour seules amies ses bouteilles de Whisky. Mais un événement va le faire revenir à la vie normale. Mad Dog, l’ennemi de toujours, a réussi à s’enfuir de sa prison alors même qu’il allait être exécuté. Il va falloir s’en occuper et Ratzi, compagnon de toujours de Lebrocke, va l’aider dans sa traque à mort. Les deux forment un couple des plus délicieux. Les choses pourraient paraître simples, énoncées comme cela, mais le conflit franco-britannique est encore dans les esprits et Mad Dog, héros de la révolution, n’agit pas que pour assouvir sa soif de sang. Lebrocke réussit à se prendre la tête avec son chef et il décide de mener l’enquête sans aucune couverture officielle. La prise de risque est maximale surtout que les indices le mènent à Paris, terre de l’ancien ennemi … 

Notre avis : voilà un comics assez original sur la forme. Bryan Talbot s’inspire d’un caricaturiste français du 18ème appelé Jean Ignace Isidore Gérard. Ben oui cela ne s’invente pas. L’artiste s’est fait connaître en produisant des oeuvres satiriques, véritables témoins de son époque. Sa patte graphique résidait dans le fait de représenter des hommes à têtes d’animaux, style repris dans le cadre de ce comics. Si vous comparez les oeuvres en question et les planches de cet album, l’inspiration est flagrante. Un petit détail : l’artiste caricaturiste se faisait appeler Grandville. Bryan Talbot s’est aussi inspiré d’un autre auteur/illustrateur français appelé Robida. Vous l’avez compris, la culture française est au centre du débat.

Le comics que nous avons entre les mains plonge à fond dans l’univers steam punk. Le trait de l’artiste retranscrit merveilleusement ses codes. Certains pourraient d’ailleurs ne pas apprécier ce trait. L’auteur utilise une méthode manuelle pour le crayonné doublée d’un traitement par ordinateur. Tout cela donne un dessin propre, parfois trop d’ailleurs, qui bénéficie de très beaux effets de lumière. Malgré cet aspect propret, les images nous renvoient une ambiance terrible, propice à vous immerger dans cette histoire d’enquête policière, teintée de vengeance personnelle.

C’est d’ailleurs cette ambiance qui rend cette BD si plaisante car le scénario est tout de même assez prévisible. On voit arriver un certain nombre de choses, c’est dommage. Heureusement les thèmes soulevés sont nombreux. Les horreurs de la guerre sont au premier plan et ainsi que la nécessaire rancoeur ancrée dans les âmes du peuple. On nous sert ainsi un monde aux reins brisés, un monde qui a du mal à croire en l’avenir. Ce sentiment est tangible à chaque planche. 

C’est un très bel ouvrage. Il se déguste avec un plaisir rare, plaisir suscité par l’âme renfermée par chaque page. Bon voyage ! 

Appréciation :  4


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