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La BD du jour : Christophe Bec & Nicolas Sure – Royal Aubrac

Nous l’avons vu hier la BD peut se faire documentaire, rendre compte d’une situation extraordinaire (ou pas d’ailleurs). Elle peut aussi revenir sur le passé, pour mettre en avant un point de l’histoire. Christophe Bec et Nicolas Sure nous offrent avec Royal Aubrac, un récit poignant autour d’un pavillon de tuberculeux… Là où la mort s’immisce peuvent aussi se révéler de grandes leçons de vie…

 

Le titre en dit peu sur cet album, Royal Aubrac. Tout au plus peut-on deviner que l’action se déroulera dans une région connue pour ses grands espaces et son aligot, c’est déjà pas mal. Par contre il nous faudra franchir les premières planches de l’album pour en savoir plus, connaître le destin de François-Alexandre Peyregrandes, étudiant aux Beaux-Arts issu d’une petite noblesse provinciale, atteint de tuberculose. Nous sommes au début du XXème siècle. Si la maladie et ses symptômes sont connus du corps médical, la façon de vaincre l’infection reste un mystère pour les chercheurs. L’étudiant en sait quelque chose, lui qui eut droit dans sa jeune existence à toute une batterie de tests et de traitements miraculeux pour la plupart inefficaces : liqueur de fowler (solution d’arsenic), huile de foie de morue, injections sous-cutanées d’acide phénique du Dr Desclat, créosote, opium… Alors que son état empire son père l’envoi dans un nouvel établissement réputé, situé en plein cœur de terres frappées par des hivers rigoureux et connues pour son air pur, Le Royal Aubrac. Là il sera pris en charge par les services du Docteur Raynal.

Cette histoire de Christophe Bec diffère de ses préoccupations habituelles. Elle nous surprend par l’érudition de son auteur sur la tuberculose et l’histoire de cette maladie, considérée longtemps comme la peste blanche car rares étaient les malades qui en réchappaient. Les références reprises dans le texte reposent sur des faits réels ce qui donne, en plus du vocabulaire technique employé, une certaine crédibilité à cette histoire. Si la maladie est au centre du quotidien des pensionnaires du Royal Aubrac, cet album n’est pas axé uniquement sur la maladie mais aussi sur les relations humaines qui naissent entre les malades. Le jeune François-Alexandre croisera une jeune fille superbe nommée Geneviève dont il tombera amoureux ainsi que Warren, jeune dandy à l’esprit brillant avec qui il liera une amitié sincère. La vie dans ce microcosme aussi pesante soit elle fera prendre conscience à François-Alexandre des priorités de la vie, de l’intérêt à écouter, à partager, à relativiser aussi face à l’inéluctable qui guette à tout instant. Car si la vie semble encore se mouvoir fort bien, la mort quant à elle attend le moment propice pour frapper et un état jugé satisfaisant quelques jours auparavant peu vite virer vers des cieux moins accueillants. Album simple dans la forme et précieux dans le fond, d’une humanité rare, Royal Aubrac se savoure de bout en bout. Un récit qui marquera à n’en pas douter…

Christophe Bec & Nicolas Sure – Royal Aubrac – Vent d’Ouest – 2011 – 13, 90 euros


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