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La BD du jour : Les Carnets de Cerise de Neyret et Chamblain et Au pays des ombres de Mathis/Martin

L’enfance période charnière dans la construction de la personnalité de chacun recèle mille secrets qui méritent d’être explorer. Avec les aventures de la pétillante Cerise Aurélie Neyret et Joris Chamblain ouvrent une porte vers une série tendre dans laquelle peuvent s’assimiler les plus jeunes. Mais il ne faut pas oublier aussi que l’enfance peut se trouver traversée par des moments plus graves qui participent aussi à édifier celui ou celle que nous serons demain. Deux visions, deux approches, deux traitements d’un sujet pleinement complémentaires !

 

La collection Métamorphose arrive encore à nous surprendre et ce n’est pas une mauvaise nouvelle. Dans ce nouvel opus composé par Aurélie Neyret et Joris Chamblain, nous suivons les pas de Cerise, une jeune fille de 10 ans et demi (importance ô combien essentielle à cet âge-là) et de ces deux amies Line et Erica. Les trois gamines passent le plus clair de leur temps ensemble, notamment depuis qu’elles ont confectionné une cabane dans un arbre en plein cœur de la forêt qui jouxte le village où elles habitent avec leurs parents. Cerise rêve d’écrire des histoires surtout depuis qu’elle discute et rencontre sa voisine Mme Desjardins, une célèbre et mystérieuse romancière. Alors elle cherche des sujets qui pourraient donner lieu au début d’une longue et belle histoire qui débuterait par ce qui reste sa phrase préférée « Il était une fois… ». Et puis un jour l’élément déclencheur surgit : Un homme d’un certain âge passe tous les week-ends devant la cabane de Cerise et de ces amies. Il porte de lourds seaux de peinture et revient généralement couvert de peinture de la tête aux pieds. Que fait-il ? Pourquoi autant de peinture et pourquoi traverse-t-il la forêt ? Cerise va mener l’enquête et découvrir que ce monsieur se dénomme Michel et qu’il est peintre, enfin peintre à la retraite, et d’un genre bien particulier… Elle le suivra dans la forêt avec Line et Erica sans parvenir à percer le secret qu’il conserve précieusement. Mais Cerise ne va pas s’arrêter sur cet échec et elle prendra l’initiative d’aller au-delà des barrières naturelles qui la bloque dans la découverte de cette étrange déambulation du vieil homme.

Avec cet album d’une fraicheur remarquable, tant dans le traitement de fond de son sujet – qui aborde en substance des thématiques aussi diversifiées que l’insouciance de l’enfance, la marchandisation de notre société, le temps qui passe – que sur la forme, le récit oscillant en permanence entre BD classique et journal intime de la jeune Cerise, la collection Métamorphose reste fidèle à sa ligne directrice. Nous retrouvons donc ici le souci d’observer les changements qui surviennent dans la vie de la jeune héroïne qui, par l’écriture et son observation du monde, va apprendre à grandir autour de valeurs saines parfois oubliées mais qui fondent l’âme d’un humanisme à reconquérir. Le dessin regorge de trouvailles, de petits détails qui peuvent paraître sans signification au premier abord mais qui prennent tout leur sens au fur et à mesure que se déroule l’histoire. Un nouvel album choc pour cette collection déjà riche !

Aurélie Neyret et Joris Chamblain – Les Carnets de Cerise T1 – Soleil coll. Métamorphose – 2012 – 15, 95 euros

 

Dans ce récit d’enfance tourmentée, Antoine, âgé de 10 ans à peine ne peut se résoudre à la disparition de son frère Vincent décédé il y a peu. Le père du petit garçon exerce la profession de fossoyeur et sa mère celle de taxidermiste, autant dire que dans cette famille atypique la mort rôde toujours au détour d’un chemin. Lorsqu’il est en classe Antoine parle de son frère et de la relation qu’il entretien encore avec lui, car le jeune garçon l’affirme, il est revenu de chez les morts pour s’amuser avec lui et continuer son jeu favori qui consiste à gober les mouches. Peut-être parce qu’il était simple d’esprit a-t-il pu ouvrir cette porte qui sépare le royaume des morts de celui des vivants ? En tout cas c’est ce qu’il affirme, ayant même réussit à entrer dans ces sphères interdites aux vivants. Raillé par ses camarades de classe, Antoine se réfugie alors dans son monde et lorsque Claire, une petite camarade dit s’intéresser à ce qu’il affirme il décide de l’amener à la rencontre de Vincent. Mais tout ne se passe pas comme prévu et il va basculer malgré lui dans ce royaume des ombres…

Si l’album fait preuve d’une grande force émotionnelle, il sait aussi jouer avec l’humour, chose essentielle s’il en est pour ne jamais virer dans le macabre. Le scénario joue sur les enchevêtrements de petites histoires de personnages secondaires au cœur du récit qui densifient la trame principale. Le dessin quant à lui se révèle surprenant, notamment dans la transcription des sentiments et des émotions qui parcourent Antoine, dans ses postures et sa façon de se mouvoir. Il arrive aussi à se faire suffisamment expressif pour se passer parfois de dialogues ou d’explications, amenant des ruptures de rythmes essentielles pour prendre la mesure de cet univers. Les deux auteurs ont travaillés ensemble sur les couleurs avec un résultat lui aussi essentiel. Les recherches graphiques qui sont présentées en fin d’album démontrent un travail préparatoire poussé et exigeant qui en explique pour partie la réussite. Une manière originale d’aborder le deuil dans l’enfance, avec émotion, sans tomber dans le larmoyant, tout en justesse. Une belle découverte.

Mathis/Martin – Au pays des ombres – Soleil coll. Noctambule – 2012 – 17,95 euros


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