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La BD du jour : L’or des fous de Di Giorgio & Olivares

L’or des fous offre une plongée au coeur de la conquête espagnole en Amérique du Sud par le biais de la vie tourmentée de son plus fervent animateur : Pizarro. Une série historique qui ne se veut ni didactique ni porteuse d’un quelconque jugement, mais s’attache au destin des hommes et femmes qui ont cotoyés le farouche conquistador…

 

L’or des fous reprend le récit de la vie du conquistador espagnol Francisco Pizarro. Celui-là même qui réussira à faire plier l’empire inca et à amasser des tonnes d’or destinées à justifier son intervention sur le nouveau monde. Le récit de Di Giorgio et Olivares débute par la fin. Pizarro tombe dans un traquenard fomenté par les hommes d’Almagro (qui accompagna le conquistador dans ses expéditions). Touché durement par un coup d’épée, il se meurt lentement laissant derrière lui les souvenirs de sa gloire passée. C’est sur son linceul que l’homme voit sa vie défiler. Et en défilant c’est toute l’histoire des conquêtes espagnoles en Amérique qui se trouve exposée sur près d’une décennie.

Il faut d’abord replacer le contexte de l’époque. L’Amérique est devenue une nouvelle destination pour les navigateurs empreints de gloire et de richesses. Pizarro, issu d’une petite noblesse provinciale découvre le nouveau monde en 1502, dès lors son attrait pour ces terres ne cesse de se renforcer. Sensible aux légendes sur de mystérieuses cités recouvertes d’or, il monte une première expédition en 1524 puis une seconde en 1526. Elles se soldent par une déroute totale. Le récit de Di Giorgio va nous faire découvrir l’organisation et le déroulement de la troisième et dernière conquête, celle qui fera entrer l’homme dans l’histoire. Pizarro décide de partir à la recherche de la cité de Cajamarca censée ruisseler d’or. L’homme retient les échecs du passé et décide de faire route vers le Pérou avec une infrastructure réduite à 3 caravelles, 37 chevaux et 180 hommes, assurant de fait une plus grande mobilité face à l’adversité. Après les infructueuses tentatives passées, Pizarro va enfin pouvoir jouer avec la chance puisque au moment où débute sa conquête, une terrible guerre civile prend corps dans l’Empire Inca. Se faisant il parvient à passer entre les mailles des nombreux guerriers dressés sur sa route.

Ce premier volet pose les bases de cette série condensée sur la dernière partie de la vie du conquistador espagnol. Axé sur les préparatifs et l’arrivée jusqu’à Cajamarca, le récit se construit autour de la mémoire de Pizarro mourrant. Pour Di Giorgio le sanguinaire militaire, peut-être adouci par la fin qui se dessine, livre une vision moins sombre de son action. Cela reste bien évidemment la vision d’un auteur. Pizarro se trouve habité par certains remords et par un attrait manifeste pour la voluptueuse Illona. Le dessin d’Olivares accompagne magnifiquement le récit. Les planches des caravelles ballottées en pleine tempête ou celles des scènes de bataille restituent toute la tension du moment. Une série où aventure, histoire, destins tragiques se conjuguent et laisse se développer tout un lot de belles promesses…

Di Giorgio & Olivares – L’or des fous – Soleil – 2012 – 13,95 euros


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