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La BD du jour : Monster Club de Jean-Luc Masbou et Thierry Leprévost

Deux sociétés de cytozoologie qui se crêpent le chignon pour revendiquer la paternité de leur nom, Monster Club… ça pourrait paraître léger au premier abord… Et pourtant, grâce aux talents conjugués de Masbou au scénario et de Leprévost au dessin cela donne une série légère mais prenante qui se dévore de bout en bout !

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monster_club_1Alors que la cryptozoologie (de crypto qui signifie caché et zoologie qui signifie animal, donc l’étude des animaux cachés ou disparus) n’en est qu’à ses balbutiements, en Angleterre à Londres ainsi qu’aux Etats-Unis, à Baltimore, deux sociétés qui se revendiquent de cette science sont sur le point de voir le jour. Si la motivation pour la découverte d’espèces disparues ou imaginaires qui peuplent les récits légendaires, mythiques ou farfelus n’est plus à démontrer pour ces deux sociétés, reste pour chacune d’entre elle à trouver un nom officiel qui scellerait une reconnaissance publique. Après maintes hésitations, descentes de bouteilles de whisky, le club de Londres trouve enfin son nom. Ce sera Le Monster Club. Evident… Isn’t it ? Quelques heures plus tard (décalage horaire oblige) le club de Baltimore se trouve confronté aux mêmes difficultés concernant la dénomination de leur future société. Après de longs retournements de neurones, descentes de bouteille de bourbon, le club de Baltimore trouve lui aussi son nom. Ce sera Monster Club of course ! L’annonce de la création des deux sociétés dans la presse de l’époque fera grand bruit puisque aucune ne pourra revendiquer officiellement la paternité du nom. Les tensions s’avivent donc des deux côtés de l’Atlantique. Après avoir envisagé d’en venir aux mains, ou d’en découdre par l’intermédiaire d’un duel à l’ancienne, les deux sociétés décident finalement de rester sur le terrain qui est le leur, la cryptozoologie. Le premier des deux clubs qui ramènera la preuve irréfutable de l’existence d’un animal disparu pourra revendiquer la primauté du nom. La chasse est lancée…

Avec cette série qui se veut tout à la fois rythmée, bourrée d’humour et dominée par l’aventure en territoires hostiles, Jean-Luc Masbou (De cape et de crocs) livre un récit palpitant et léger digne des meilleures séries B. Peu importe ici l’exactitude des faits historiques (le terme de cryptozoologie est bien postérieur à la fin du XIXème siècle) ou des vraisemblances. Tout repose sur un système de dualités qui s’impose dès les premières planches et qui se décline tout au long de l’album (nous trouvons plus en avant dans le récit deux frères jumeaux pas spécialement en phase…). Ce système nourrit en permanence le côté humoristique de l’album qui ne manque pas de verve lexicale  et de rebondissements dans son déroulé relativement dense. Au dessin Thierry Leprévost, jusque-là surtout vu en tant que coloriste (Garulfo, Kerioth, Les guerriers du silence…) trouve le bon ton pour laisser vivre cette aventure qui tient nous dit l’éditeur tout à la fois de Jules Verne, de Sherlock Holmes et de La Ligue des gentlemans extraordinaires auquel nous pourrions ajouter Le Monde perdu de Conan Doyle pour le côté cryptozoologique. Si le premier volet de ce récit pose essentiellement les bases de futures aventures à venir et dans lesquelles les personnages seront peut-être plus fouillés, ce jalon relativement frais fait honneur au récit d’aventure relevé d’humour et déglingué à souhait !

Jean-Luc Masbou et Thierry Leprévost – Monster Club Tome 1 – Delcourt – 2013 – 14,30 euros


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