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MaXoE Festival 2022 : La Sélection Livres – Récits / Autobiographies

Les Récits de la Sélection Livres du GPL 2022 vous feront voir la vie différemment. Commençons par le livre de Dorine Bourneton, pilote handicapée que rien n’arrête et qui partage avec enthousiasme sa vision de la vie et la manière de réaliser ses rêves. De reconstruction, au sens propre comme au figuré, il en est aussi question avec Tatiana Mukanire Bandalire qui démontre qu’avec force et volonté, soutien et bienveillance, il est possible de revenir de l’horreur du viol, endémique dans l’est de la RDC. Dans un tout autre registre, plus léger mais certainement tout aussi nécessaire, l’ouvrage de Nathalie Cabrol nous invite au voyage, dans ses expéditions sur Terre et peut-être un jour bien au-delà…

Place aux ouvrages sélectionnés pour le Grand Prix des Lecteurs de ce 9ème MaXoE Festival !

 

‘Du crash à la voltige’ de Dorine Bourneton

 

Quand la passion vous anime, elle peut vous faire décrocher la Lune ; en ce qui concerne Dorine Bourneton, ses rêves l’ont emmené dans les nuages. Le titre de son ouvrage ‘Du crash à la voltige‘ sorti il y a tout juste un an chez Robert Laffont est explicite : après un crash d’avion alors qu’elle n’a que 16 ans dont elle sortira vivante mais paraplégique, rien ne l’empêchera de devenir la première femme handicapée pilote de voltige au monde.

D’abord pilote privé avant de pouvoir enfin devenir pilote professionnelle, elle est aussi marraine de l’Institut pour la Recherche sur la Moelle épinière et a créé en 2019 l’association Envie d’envol qui vise à favoriser l’inclusion et le dépassement de soi à travers l’apprentissage de la voltige aérienne. Le but est aussi de repousser les limites administratives et technologiques pour ouvrir le monde du pilotage aux personnes handicapées. Optimiste, bienveillante et engagée, Dorine Bourneton nous fait partager avec ce récit sa méthode pour atteindre nos propres rêves.

Une vraie leçon de vie, celle de cette pilote extraordinaire dont le précédent ouvrage ‘Au-dessus des nuages’ (sorti en 2015) a été adapté en 2020 pour la télévision avec dans le rôle de Dorine Bourneton, Alice Taglioni.

Extrait : Je me blottissais à l’arrière de l’avion, un Robin monomoteur de quatre places. J’assistais à la danse millimétrée du décollage. Mon père demandait l’autorisation à la tour de contrôle, puis s’alignait et poussait les gaz. L’avion tremblait dans toute sa chair, crachait tout ce qu’il pouvait de bruit, de force, de vitesse. Le tableau de bord vibrait, les sièges vibraient, les membrures vibraient. Le sol vibrait. Le ciel vibrait. Jusqu’à ce que l’appareil se cabre en douceur, se détache et s’élève enfin. Dans un ultime rugissement chaotique, l’avion se jetait dans la gueule du ciel. Et tout devenait calme et fluide. Je voyais en bas défiler les labours rectilignes des champs et les boursouflures des forêts, la divagation des routes et la fracture des croisements, et, dans une superposition enivrante, je visualisais les réflexions de l’auteur de Terre des hommes. En ligne droite, l’avion nous montre ce que nos routes contournent, nous emmène vers des contrées où la vie ne semble pas si naturelle et nous fait remonter jusqu’à l’origine du monde. Vue depuis l’air, la Terre allait devenir l’endroit où mes rêves de pilote de l’Aéropostale seraient « plus réels que les dunes » du désert. C’était donc ça, voler ? Transformer une carcasse de métal hurlant en une machine à écrire au ciel les alphabets les plus fluides et les plus déliés.

 

‘Au-delà de nos larmes’ de Tatiana Mukanire Bandalire

 

Le viol des femmes, des enfants et de bébés comme arme de guerre. Tatiana Mukanire Bandalire fait parti de ses 60 000 femmes ‘réparées’ par le Docteur Denis Mukwege, chirurgien gynécologique et prix Nobel de la Paix en 2018, directeur médical de l’hôpital Panzi de Bukavu en République démocratique du Congo (RDC) qu’il a fondé en 1999.

Avec ‘Au-delà de nos larmes’ paru en novembre 2021 aux Editions des femmes, Tatiana Mukanire Bandalire nous livre un témoignage poignant, celui d’une jeune femme violée sur fond de guerre dans le Kivu, une région riche en minerais de conflits (comme le cobalt) nécessaires à la fabrication des batteries de nos téléphones et ordinateurs. En 2017 elle crée le mouvement des Survivantes, pour ces femmes violées, mutilées, esclaves sexuelles, rejetées par leur communauté, mises au banc d’une société qui ne reconnait pas leur souffrance, puisse enfin se reconstruire. L’horreur, la barbarie, l’humiliation avec au bout du chemin, ces femmes qui ont tout subi et à qui on a tout enlevé, trouvent la force de briser le silence, de faire entendre leur voix, de se relever, la tête haute.

C’est bien le récit choc d’une survivante que nous offre ici Tatiana Mukanire Bandalire et qui nous met face à une réalité que nous feignons de ne pas voir tant elle pourrait ébranler notre confort autant matériel (au coeur de la guerre, les minerais de conflits) que l’hypocrisie de notre conscience morale avec des bourreaux identifiés qui jouissent d’une impunité criminelle dans l’indifférence coupable du monde. Bouleversant.

Présentation Editeur : République démocratique du Congo (alors appelée Zaïre), 1996. Une guerre éclate dans les hauts plateaux de l’Est du pays, voisin du Rwanda. La population bascule brutalement dans l’horreur, un cauchemar incessant, fait de conflits armés successifs depuis près de trois décennies. Les habitants, dans leurs villages et sur les routes, subissent frontalement le choc des violences de toutes sortes perpétrées par des rebelles, insurgés de l’armée, militaires, policiers, voleurs…, hommes ivres du pouvoir et de la puissance que leur donnent les armes. Parmi les exactions : les viols et mutilations sexuelles, au pouvoir de destruction ravageur, aggravé pour de nombreuses victimes par une obligation au silence. Mais Tatiana Mukanire parle, en son propre nom et au nom d’autres femmes victimes. « Nous avons en nous cette envie de vivre. Nous l’avons prouvé en nous battant pour notre survie, en nous accrochant à la vie. Nous avons été esclaves sexuelles, nous avons été enterrées vivantes quand nous ne pouvions plus satisfaire les besoins de nos ravisseurs. Nous avons été ligotées à un arbre au fond de la forêt. Nous avons été violées presque chaque heure. Nous avons perdu connaissance. Plusieurs fois, nous nous sommes crues mortes, mais au fond de nous subsistait l’espoir de respirer à nouveau et de revivre. » T. M. B.

 

‘Voyage aux frontières de la vie’ de Nathalie A. Cabrol

 

L’univers, la vie extra-terrestre, la planète Mars, vous y pensez souvent ? Et bien Nathalie Cabrol y pense (très) souvent et depuis (très) longtemps, depuis qu’elle a vu le premier homme poser le pied sur la Lune.

Celle qui dirige le Centre de recherche Carl Sagan de l’Institut SETI aux États-Unis, est aussi une exploratrice des milieux extrêmes terrestres. Elle y mène des expéditions scientifiques de haute altitude dans les Andes afin de mieux comprendre ce qu’aurait été Mars au début de son histoire. Dans ‘Voyage aux frontières de la vie‘ sorti au Seuil en septembre 2021, la scientifique nous fait découvrir son parcours, elle nous entraine dans ses recherches avec ses équipes et nous explique son approche holistique visant à faire converger de nombreuses disciplines. Rechercher le vivant ailleurs, en le trouvant peut-être déjà ici. Comprendre notre ‘monde’ pour mieux comprendre notre place dans l’univers.

S’intéresser à d’où nous venons et à ce que nous sommes pour mieux appréhender la vie extra-terrestre. Dans cet excellent livre de vulgarisation scientifique proposant de superbes photos, Nathalie Cabrol s’interroge et nous interroge : une autre vie sur Terre est-elle possible ?

Extrait : En apparence, rien ne me préparait à une vie d’exploration, que ce soit sur cette planète au sommet de quelques-uns des plus hauts volcans du monde, dans des lacs, des déserts et des environnements extrêmes, ou sur d’autres planètes – ce qui tend à prouver que les apparences peuvent être trompeuses. J’ai fait mon apparition de façon inattendue à la fin août 1963, au lieu de la fin septembre, et à cette époque mon univers tournait autour de Mimi, un petit appartement à l’ouest de Paris, et le bois de Saint-Cucufa. Je grandissais sans frère ni sœur et nos chats furent souvent mes seuls compagnons de jeu. J’ai en commun avec eux une indépendance farouche et une attitude rebelle contre l’autorité. Je plaisante souvent en disant que je suis ainsi parce que j’ai été élevée par des chats mais, dans le fond, je ne suis pas bien sûre que ce soit une plaisanterie.


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