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MaXoE Festival 2022 : La Sélection Livres – Nature & Animaux

Place à la Nature et aux Animaux dans la Sélection Livres du GPL 2022 ! Et si on parlait des poulpes ? L’éthologue Ludovic Dickel les connait bien, très bien même car il consacre ses recherches aux céphalopodes et c’est passionnant. Vous ne regarderez plus les pieuvres de la même manière après la lecture de cet ouvrage. On peut en dire tout autant des arbres à côté desquels vous passez sans y prêter attention. Alain Baraton nous plonge dans les forêts, au coeur de la vie des arbres, êtres vivants parfois majestueux dont nous devons prendre soin. De balade, nous en parlons aussi avec Rémy Oudghiri et ses marcheurs solitaires. Oubliez vos GPS, cartes et autres boussoles, contentez-vous d’avancer sans réfléchir jusqu’à perdre votre chemin pour mieux vous retrouver !

Place aux ouvrages sélectionnés pour le Grand Prix des Lecteurs de ce 9ème MaXoE Festival !

 

‘La vie privée du poulpe’ de Ludovic Dickel

 

Vous ne verrez plus jamais les pieuvres de la même manière ! Ludovic Dickel, professeur d’éthologie à l’université de Caen-Normandie et spécialiste des céphalopodes, consacre un ouvrage tout aussi surprenant que captivant au poulpe.

Intitulé ‘La vie privée du poulpe’ et sorti le 09 mars chez Humensciences, on y découvre que les sèches sont aussi intelligentes que les souris et que leur cerveau a autant de neurones que celui du petit rongeur. Elles apprennent à manipuler les objets et peuvent même les ‘goûter’ rien qu’en les touchant. Elles ont aussi des techniques de camouflage incroyables qui leur permettent d’imiter le substrat sur lequel elles reposent ou de prendre des postures spécifiques pour faire illusion. Des couleurs qui reflètent aussi leur état émotionnel. Autant dire que l’on est très loin du monstre des profondeurs de Jules Verne et que l’on se reprocherait bien plus de la pieuvre 42 dans la série américaine Resident Alien !

Aussi bien écrit qu’illustré, le livre de Ludovic Dickel vous révèlera un univers passionnant dont il reste encore beaucoup à découvrir, et il pourrait même inspirer quelques vocations dans le domaine de l’éthologie.

Extrait : Étant enfant, j’avais appris à deviner où était sa tanière : lorsque des restes de coquillages jonchent l’entrée d’un trou de rocher, il y a des chances que le maître des lieux porte ventouses. La pieuvre, c’est l’Alien du baigneur : on se sent observé, on sait qu’elle est là, on détecte ses traces, mais on ne la voit que rarement, uniquement quand on la cherche. Quand cela arrive, on aperçoit juste quelques ventouses, avec de la chance on voit parfois un œil curieux qui nous scrute. En utilisant mon courage et un petit bâton pour explorer l’antre, il m’arrivait de sentir un corps que j’imaginais mou, gluant et fuyant. Un frisson d’effroi me parcourait quand une force immense retenait l’objet, jusqu’à le garder dans sa crevasse. Je remontais le mètre cinquante qui me séparait de la surface, à bout de souffle, au bout de ma vie après ce combat héroïque. Le temps de reprendre une rapide bouffée d’air en surface et de redescendre, le monstre et le bâton avaient disparu…

 

‘Mon tour de France des bois et des forêts’ de Alain Baraton

 

Alain Baraton est jardinier en chef du Château de Versailles et il a une passion pour les arbres. Après ‘Dictionnaire amoureux des arbres’ sorti en 2021, il leur consacre cette année un nouvel ouvrage vivifiant avec ‘Mon tour de France des bois et des forêts‘ paru chez Stock en mai dernier. Celui que l’on peut entendre depuis déjà plus de deux décennies dans des chroniques sur France Inter, prend ici la plume pour nous conter la vie des arbres.

Des Cévennes à Brocéliande, en passant par le châtaigner de la maison de son enfance, Alain Baraton nous parle de l’histoire des forêts, celle des arbres parfois centenaires qui ont survécu aux déchainements météorologiques (certains n’ont pas été aussi chanceux, comme le tulipier de Marie-Antoinette terrassé par la Tempête de 1999) autant qu’à ceux des hommes. Avec passion et enthousiasme, on se laisse porter par les anecdotes et faits historiques (avec la forêt de Compiègne par exemple où fut signé l’armistice de 1918), les fables et expériences féériques (avec la forêt de Mercoire et la bête du Gévaudan).

Mais il est aussi question d’écologie, qui loin d’être punitive ou subie, offre une vision positive de la nature qui nous entoure et de l’attention bienveillante que nous devons lui porter. A la lecture du livre d’Alain Baraton, on ne peut s’empêcher de penser au botaniste et expert mondial des forêts primaires Francis Hallé…

Extrait : De toutes les forêts de la région parisienne, la plus fréquentée est sans conteste celle de Bondy, en Seine-Saint-Denis, qui accueille chaque année près d’un million de promeneurs. D’une dimension moindre qu’à son origine, elle couvrait autrefois tout l’Est parisien. Particulièrement apprécié pour sa proximité avec la capitale (une petite quinzaine de kilomètres), le lieu jouit d’une autre prérogative : seuls les membres de la Cour royale étaient autorisés à y chasser. L’un des monarques qui y vinrent le plus souvent fut Henri IV. La petite histoire prétend que ses déplacements étaient surtout prétextes à rencontrer en toute discrétion Gabrielle d’Estrées, sa jeune maîtresse. Longtemps, cette forêt eut mauvaise réputation. Ne disait-on, d’ailleurs, « forêt de Bondy, forêt de bandits ! » ? Ce livre ne suffirait pas à énumérer toutes les légendes qui ont fait de ce bois un lieu maudit, mais il en existe fort heureusement quelques-unes qui se terminent bien, comme celle à l’origine du pèlerinage de la Nativité de la Vierge Marie célébrée tous les ans le 8 septembre. L’histoire qui suit se passe en 1212, sous le règne de Philippe Auguste. Il n’était pas bon en ce temps-là de circuler de nuit ou sans protection…

 

‘La société très secrète des marcheurs solitaires’ de Rémy Oudghiri

 

Rémy Oudghiri marche seul, il se balade au hasard et souvent, se perd. Il n’est ici pas question de randonnée mais bien de partir sans savoir où l’on va. C’est une redécouverte du monde que nous propose le sociologue Rémy Oudghiri dans ‘La société très secrète des marcheurs solitaires‘ paru au PUF au mois de mars.

Un monde que d’autres ont déjà exploré, à l’instar de Rousseau ou Baudelaire, ces marcheurs solitaires qui trouvaient l’inspiration en laissant leur esprit guider leurs pas. Ces illustres marcheurs autant que ceux que l’on découvre dans l’ouvrage Rémy Oudghiri, constituent une société secrète dont ils ignorent eux-mêmes faire partie. Marcher seul implique de l’être, mais on est surtout avec soi-même, c’est un voyage à la fois introspectif, détaché du monde et du temps qui s’ouvre alors à nous.

De Casablanca aux Puces de Saint-Ouen, l’art de se perdre avec l’assurance de toujours revenir chez soi est le meilleur moyen de libérer son esprit et d’accéder, peut-être au merveilleux, comme l’écrit Rémy Oudghiri : ‘L’errance était ainsi pour le poète le chemin le plus sûr vers le merveilleux.’

Extrait : La nature profonde de Rousseau le portait à l’oisiveté. Il aimait muser toute la journée sans ordre et sans suite, fidèle au caprice du moment ; c’était une façon d’être pleinement lui-même tel que la nature l’avait voulu, « sans diversion et sans obstacle ». Rousseau, qui fuyait la société des hommes, s’est trouvé dans la promenade solitaire. C’est d’ailleurs ce qu’il finit par faire : se retirer du monde pour marcher et rêver. Dans les Rêveries du promeneur solitaire, on le voit s’enfoncer toujours davantage dans la forêt et se cacher dans « un refuge ignoré de tout l’univers ». Rousseau voulait se perdre au plus profond de la nature, là où les hommes ne viendraient pas le chercher. Dans ses promenades, loin des villes, il s’émerveille des lacs, des rivages, des plaines, des arbres, des buissons, des fleurs. Il atteint ce fameux « sentiment de l’existence », source des pages parmi les plus belles de son œuvre. Le plaisir d’exister sans penser, en se laissant dériver, en rêvant, en marchant au hasard, sans but. Sans avoir besoin de jouer un rôle ou d’être quelqu’un…


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