MaXoE > RAMA > Dossiers > Cinéma / DVD > Nouvelle Séance : Forrest Gump, de Robert Zemeckis

Nouvelle Séance : Forrest Gump, de Robert Zemeckis
Deux heures de film pour trente ans d'histoire

En ces temps pour le moins compliqués où l’on se questionne beaucoup (trop ?) et sur tout, la période est propice à l’introspection. Forrest Gump fait parti de ces films qui nous permettent de mettre un peu les choses en perspective, de manière simple mais efficace. Laissez-vous porter, et ne vous posez pas trop de questions, elles viendront sûrement après, une fois l’émotion cinématographique passée…

La vie c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber‘. C’est une jolie métaphore un brin poétique et cette phrase, devenue emblématique du film de Robert Zemeckis, le résume plutôt bien.

Sorti en 1994, le film Forrest Gump se base sur l’ouvrage de Winston Groom publié en 1986 et sur un scénario signé Eric Roth avec pour synopsis : À travers trois décennies agitées, Forrest vit une série d’aventures le propulsant de l’état de handicapé physique à celui de star du football, de héros du Viêt Nam au roi de la crevette, des honneurs de la Maison Blanche au bonheur d’une grande histoire d’amour. Forrest est le symbole d’une époque, un candide dans une Amérique qui a perdu son innocence. Son cœur dépasse les limites de son QI…

L’énoncé est simple et le film l’est tout autant. On se laisse porter par un personnage sensible que les épreuves de la vie ne semblent pas faire dévier de son chemin : il restera fidèle à ce qu’il est, une personne gentille et attentionnée, à l’optimisme quelque peu naïf et ce malgré les embuches et l’adversité. Il traversera ainsi l’histoire des États-Unis et ses événements marquants (la guerre du Viêt Nam, le scandale du Watergate…), excellera dans son équipe de football américain, deviendra un héros de guerre et même un champion de ping-pong, et il fera aussi fortune. En somme, une jolie histoire qui rejoint la grande mais qui compte aussi de nombreux destins brisés.

À commencer par l’amour de jeunesse de Forrest, la très jolie Jenny Curran (Robin Wright qui interprétera Claire Underwood dans la série House of Cards et que l’on a vu plus récemment dans les films Wonder Woman). Cet amour sincère que Forrest lui porte viendra ponctuer le film et nous faire découvrir, au gré de leurs rencontres, les nombreux affres de la vie de Jenny. Ils finiront pourtant par se retrouver, d’abord pour une nuit (après laquelle il courra pendant trois ans, au sens propre, vous verrez) puis pour le reste de la vie de Jenny. Nous n’en dirons pas plus pour ne pas déflorer la fin du film.

D’autres personnages auront un destin tragique, comme son ami soldat Bubba qui mourra lors d’une attaque pendant la guerre du Viêt Nam. Attaque durant laquelle Forrest réussira néanmoins à sauver la vie de son lieutenant Dan Taylor mais qui sera lui amputé des deux jambes. Afin d’honorer le souhait exprimé par Bubba avant sa mort, Forrest se lancera dans la pêche à la crevette et il sera rejoint par Dan ; après une pêche miraculeuse, ils créent la Bubba Gump Shrimp Company. Les investissements financiers de Forrest qui suivront le rendront milliardaire, notamment grâce à une société appelée… Apple.

L’élément essentiel dans l’histoire qui nous est contée ici, est bien son ancrage dans la réalité historique et notamment par les rencontres faites par Forrest. Grâce aux effets spéciaux de l’époque (qui ont certes un peu vieilli, forcément), il se retrouve aux côtés du président John F. Kennedy puis de Nixon. Il rencontrera aussi Elvis Presley (à qui il apprendra à danser, rien de que ça) ou encore John Lennon. On parcourt ainsi, aux côtés de Forrest, plus de cinquante ans de l’histoire parfois tumultueuse des États-Unis. Des thèmes forts sont abordés mais c’est toujours le prisme de la personnalité de Forrest qui l’emporte sur une réelle prise de conscience des problématiques sociétales qui ne sont finalement que survolées.

Et c’est un peu ce que l’on peut reprocher au film en seconde lecture, surtout aux yeux de certains américains pour qui Forrest Gump incarne une fable un peu fade, d’aucuns diraient conservatrice. Robert Zemeckis a toujours revendiqué avoir réalisé un film divertissant. Quant au producteur Steve Tish, il a souligné en recevant l’Oscar du meilleur film (on y reviendra) qu’il ne s’agissait pas d’un film politique mais d’un film sur axé l’humanité du personnage. Il faut dire que Forrest traverse les époques dans une certaine forme de ‘sérénité insouciante’, sans bousculer les choses, alors que d’autres personnages, plus engagés ou rebelles, payent durement leurs prises de position. Le message du film pourrait alors laisser penser qu’il est préférable de ne pas trop s’aventurer à changer l’ordre établi au risque d’en subir les conséquences. Vingt six ans plus tard, il est évident que l’on se questionne désormais plus sur ces sujets et que l’on aurait certainement apprécié, rétrospectivement, qu’ils soient abordés différemment dans le film.

Quoi qu’il en soit, Forrest Gump a le mérite de nous emmener dans une histoire aussi touchante qu’émouvante et dont le personnage principal, créé par l’auteur Winston Groom, est inspiré de personnes ayant existées. Un film qui comme nous l’évoquions plus haut, a été largement récompensé : il a reçu six Oscars en 1995 dont celui du meilleur film, du meilleur réalisateur pour Robert Zemeckis (qui a réalisé la trilogie Retour vers le futur, rappelons-le) et du meilleur acteur pour Tom Hanks (John Travolta et Bill Murray avaient été pressentis pour jouer le rôle de Forrest). On notera que Forrest Gump est arrivé second du box-office l’année de sa sortie, derrière Le Roi Lion mais devant True Lies, The Mask, Speed, Quatre mariages et un enterrement et même Entretien avec un vampire, c’est dire !

Comment ne pas terminer par la seconde phrase la plus marquante du film : ‘Cours, Forrest ! Cours !‘, une injonction elle aussi devenue célèbre car la scène est puissante et libère, au sens propre comme au figuré, Forrest de ses entraves. Et elle peut nous faire prendre conscience, dans une certaine mesure, de celles dont nous devrions peut-être nous libérer aussi…


Sur MaXoE, il n'y a PAS DE PUBLICITÉ Par contre, vous pouvez nous en faire sur les réseaux sociaux







Les films, vous les regardez de préférence...





Loading ... Loading ...