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Nouvelle Séance : Gangs of New York, de Martin Scorsese
America was born in the streets

Ce n’est un secret pour personne, j’ai toujours considéré Martin Scorsese comme le meilleur réalisateur de ces cinquante dernières années. Et Leonardo DiCaprio est de loin mon acteur préféré. Pour moi, il était donc difficile de ne pas commencer ce nouveau rendez-vous par un film les réunissant tous les deux. Sorti en 2003 en France après avoir été présenté au Festival de Cannes en 2002, Gangs of New York marque le début de leur longue collaboration en même temps qu’il symbolise la naissance de ma passion pour le cinéma.

Une place déserte, silencieuse et recouverte d’une neige immaculée. Sans un bruit, des hommes et femmes la remplissent peu à peu et finissent par former deux clans qui se toisent du regard. Les Natifs, menés par William Cutting dit « Bill le Boucher », s’apprêtent à affronter les Lapins-Morts et le Prêtre Vallon qui les dirigent. Les premiers sont américains, les seconds irlandais. Nous sommes à New York, en 1846. La guerre des gangs fait rage.

Janvier 2003. La salle s’assombrit et je découvre sur grand écran la signification du terme « cinéma » avec une scène d’ouverture stupéfiante. Celle d’un combat entre deux gangs dans un décors enneigé dont le blanc immaculé se recouvre rapidement de rouge sur une musique de Peter Gabriel. Les corps s’y affrontent avec une violence crue qui se transforme progressivement en un ballet sidérant dont Daniel Day-Lewis (Bill le Boucher) et Liam Neeson (Vallon le Prêtre) sont l’épicentre. Le premier aura raison du deuxième et les Lapins-Morts doivent se soumettre s’ils ne veulent pas disparaître.

Seize ans plus tard, le fils de Vallon le Prêtre – Amsterdam (Leonardo DiCaprio) – revient dans le quartier de Five Points, tombé sous la coupe des Natifs, pour venger la mort de son père. Il devient rapidement le protégé de Bill le Boucher.

Une relation quasi filiale s’installe entre les deux hommes, Amsterdam retrouvant la figure paternelle qu’il a perdu tandis que Bill le Boucher fait du jeune homme le fils qu’il n’a jamais eu. Si Leonardo DiCaprio n’avait pas encore à l’époque toute la finesse de jeu qui le caractérise à présent, il parvenait déjà à s’imposer à l’écran face à un Daniel Day-Lewis magistral dans un rapport ambigu qui n’est pas sans rappeler celui qui le lie à Jack Nicholson dans un autre film de Martin Scorsese : Les Infiltrés.

Toutefois, la réussite de Gangs of New York va bien au delà du talent de ses acteurs et de ce scénario mêlant vengeance et complexité des rapports et sentiments humains. Toute l’intelligence de Martin Scorsese est en effet d’inscrire son oeuvre dans une dimension beaucoup plus importante, en faisant s’entrechoquer le parcours d’un homme avec l’histoire de toute une époque.

À mesure que le récit d’Amsterdam avance, celui-ci s’efface pour laisser place à l’Histoire des États-Unis. Gangs of New York bascule et devient alors un plaidoyer anti-ségrégation en même temps qu’il montre les ravages provoqués par la Guerre de Sécession qui, comme n’importe quel conflit armé, se sert des indigents comme chair à canon pendant que les nantis dînent de mets raffinés dans leur luxueux salon de la 5e Avenue. Tandis qu’Amsterdam cherche à tuer le père d’adoption pour entrer dans l’âge adulte, le spectateur assiste en parallèle à la naissance d’une civilisation. Ce qui n’était au départ qu’une simple histoire de vengeance se transforme en un film fleuve où le grand spectacle et la réalisation sont d’une maîtrise rare.

Trois heures plus tard, ce jour de janvier 2003, je suis sortie de la salle de cinéma bouche-bée et lessivée. J’avais encore en tête cette séquence d’ouverture inouïe. Une séquence qui me fait toujours frissonner aujourd’hui. 

Gangs of New York, réalisé par Martin Scorsese. Avec Leonardo DiCaprio, Daniel Day-Lewis, Cameron Diaz, Liam Neeson, Brendan Gleeson, John C. Reilly, … Sorti sur nos écrans le 8 janvier 2003.


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