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La BD du jour : Les contes de l’ère du Cobra T2 d’Enrique Fernandez

Irvi, Sian, le Cobra, Maluuk, les personnages centraux du récit d’Enrique Fernandez nous offrent une fin de diptyque surprenant qui place son auteur parmi les narrateurs à suivre. Mélange de fantastique, d’exotisme, de couleurs envolées et de rythmes effrénés… Du bel ouvrage…

 

Dans la première partie de ce conte oriental nous avions découvert le destin brisé de Sian, belle jeune fille et d’Irvi le garçon qui faisait battre son cœur. L’amour qui devait s’épanouir entre les deux tourtereaux trouva une issue moins heureuse, car la beauté de Sian fut aussi en partie sa perte. Vendue à la Maison des princesses, son destin devait croiser celui d’un haut représentant d’un royaume plus ou moins lointain. Irvi ne parvint pas à empêcher le triste sort dévolu à sa belle…

Déboussolé il aida dans son désespoir un peu malgré lui le Cobra à devenir empereur, lequel  plongea dès lors le peuple dans une morosité sans nom. Le jeune homme décida alors de se retirer pour vivre en ermite… jusqu’à ce que Maluuk, un artiste ambulant, saltimbanque des grands chemins, le convainc de participer à un plan bien huilé capable de renverser le Cobra et de rétablir une liberté pour le peuple tout entier.

Pour cela Maluuk imagine un stratagème plutôt efficace, faire du Cobra le héros de sa nouvelle pièce de théâtre. Son ego flatté, le tyran ne se douterait pas des dangers potentiels pouvant le menacer. Il accepte tête baissée de participer à ce qui sera, il n’en doute point, un des moyens d’attirer la sympathie et la crainte des autres princes environnant et de les pousser ainsi à reconsidérer les rapports qui les lient. Mais pour Irvi et Maluuk, même si le plan semble sans faille, il se pourrait qu’un élément extérieur vienne perturber tout l’échafaudage mis en place…

Avec ce récit particulièrement envolé, jouant sur les rythmes et les couleurs Enrique Fernandez arrive à ses fins : donner un spectacle dont seul le son pourrait manquer. Succession de trouvailles graphiques, d’atmosphères construites en quelque coups de crayon et d’une explosion de tableaux se succédant dans une densité rare l’auteur espagnol donne à voir un talent maitrisé qui parvient à envelopper le lecteur au point de le plonger en observateur averti du conte dont il lit le déroulé. L’esprit des grands récits orientaux est conservé avec ses doutes et ses fins à tiroirs, une morale qui s’écoule en substance sans pour autant prendre le dessus sur le plaisir à lire une histoire fantastique des plus relevée. Le second volume aurait pu baisser de rythme tant le premier était mené tambour battant, il n’en est rien ce qui dénote un sens du découpage et de la narration maîtrisés eux aussi. Un auteur à suivre !   

Enrique Fernandez – Les contes de l’ère du Cobra T2 – Glénat – 2012 – 13,90 euros


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