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La BD du jour : Royal Aubrac T2 de Bec & Sure

Lorsque proche de la mort on regarde le passé, il ne faut rien avoir à regretter, telle pourrait être la devise qui parvient à François-Alexandre dans le second volet de Royal Aubrac. Un diptyque où émotion et regard sur la vie se conjuguent pour un réel plaisir de lecture…

 

Lorsque François-Alexandre Peyregrandes arrive au Royal Aubrac, un sanatorium luxueux qui accueille riches bourgeois, artistes ou fils et filles de bonnes familles, il ignore encore presque tout de la vie. Dans ce lieu clôt il se fera de nouveaux amis, il connaîtra des joies, des peurs, l’amour, la passion mais aussi quelques désillusions et la solitude qui s’immiscent dans l’existence au moment où on ne les attend pas. Dès son arrivée en plein cœur de l’Aveyron, il est pris en main par Warren, un écrivain pour dames raffiné qui aime à prendre la tangente pour briser la routine du quotidien au milieu des malades.

Le début du second volet de ce diptyque nous montre Warren et François-Alexandre en pleine randonnée en ski sur les collines et chemins escarpés qui s’élèvent autour du Royal Aubrac. Pris par le brouillard et ayant perdus leurs repères, les deux jeunes hommes passeront la nuit « chez l’habitant ». Ce moment de partage, de convivialité, qui permet en outre le contact avec l’autochtone et autorise la découverte de sa façon de vivre, représente quelque chose de neuf pour François-Alexandre qui a peu vécu et ne s’était pas forcément mêlé au monde rural. Avec l’arrivée d’un nouveau pensionnaire haut en couleurs, un dénommé Gaspard Champion, il va découvrir ce que le mot vivre signifie. Il fera le mur, sera dépucelé en grande pompe dans une maison close et se rapprochera de Geneviève, une belle blonde elle aussi pensionnaire du Royal Aubrac. Au milieu de cette mort programmée ou probable, il va (ré)apprendre le plaisir des sens et de la vie, prendre conscience que ces instants éphémères de pur bonheur se doivent d’être savourer avant que la mort ne le rattrape. En voyant partir les malades recouvert d’un simple drap sur un brancard il relativisera son état et peut-être en sortira-t-il plus fort ?

Avec la fin de ce diptyque tout en nuances et en émotions, Christophe Bec nous offre un superbe hommage à la vie. Rien n’est acquis et tout doit être conquis avec détachement mais passion. La vie mérite qu’on s’y attache, qu’on la croque avec délectation sans attendre les lendemains. Des lendemains qui peuvent venir tout bouleverser et remettre en question ce que nous sommes, des hommes si fragiles. Christophe Bec arrive à rapprocher la vie et la mort comme pour mieux exposer de façon limpide et frappante le peu de différences qui les séparent. Si la mort peu frapper au hasard ou presque, ne devrions-nous pas dès aujourd’hui saluer cette lueur si fragile de vie qui, même si elle paraît tenace, peu s’éteindre soudainement ? Le dessin de Sure accompagne le récit avec ce questionnement permanent, cette fragilité et cette émotion qui sied au récit et l’enveloppe sans artifice ou surenchère. Un album relativement fort par son sujet et son traitement.

Bec & Sure – Royal Aubrac T2 – Vent d’Ouest – 2012 – 14,50 euros  


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