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MaXoE Festival 2021 : La Sélection Livres (Société, Environnement, Art, Sciences…)

L’année dernière, notre Sélection Livres du GPL 2020 a contenu un important succès et les votes ont été particulièrement nombreux pour soutenir les auteurs et les ouvrages que nous avions sélectionnés et soumis aux votes. Cette année encore, le choix fut difficile mais nous avons malgré tout souhaité élargir les thématiques du GPL 2021  en vous proposant pour chacune d’elles une sélection resserrée de trois ouvrages.

Cette sélection, essentiellement constituée d’essais et de récits, comporte les catégories suivantes : Société, Environnement, Histoire, Arts & Sciences et Monde. Des thèmes aussi variés qu’intéressants qui vont vous faire (re)découvrir des faits historiques, vous emener dans des contrées lointaines, vous offrir un regard parfois critique sur le monde de l’art, ou encore vous faire partager des chemins de vie uniques.

Place aux ouvrages sélectionnés pour le Grand Prix des Lecteurs 2021 du 8ème MaXoE Festival !

 

SOCIETE


Un garçon comme vous et moi de Ivan Jablonka (Seuil)

On retrouve Ivan Jablonka avec un nouveau récit dans lequel, une fois n’est pas coutume, il nous présente les frontières souvent floues entre masculin et féminin. Si vous avez apprécié ses précédents ouvrages Laëtitia (2016) ou encore En camping-car (2018), Un garçon comme vous et moi a tout ce qu’il faut pour vous emmener au coeur de la jeunesse de l’auteur, celle de toute une génération habitée par des particularités individuelles pas toujours faciles à assumer.

Extrait : À la fin de ma terminale, un camarade a concocté un bêtisier, assortiment des phrases les plus stupides prononcées au cours de l’année. Une anthologie du grotesque, distribuée à toute la classe.La quasi-totalité des professeurs y figurent. Avec onze citations, notre prof de physique, une vieille passionnée aux manières bourrues, reçoit la « bêtise d’or ». Notre prof de maths est honoré de la « bêtise d’argent ». Une demi-douzaine d’accessits sont décernés aux profs d’anglais, d’histoire-géo, d’allemand, de philo, de sciences naturelles. Seul au milieu des enseignants, je me vois attribuer la « bêtise de bronze », avec sept citations à mon actif. J’ai dit à un camarade que j’aimais sa « présence masculine et racée », j’ai raconté à un autre que j’avais rêvé de lui. J’ai aussi déclaré : « Je ne suis pas un mâle ! » Il y a des élèves ridicules comme il y a des profs qu’on chahute.Même si trente ans ont passé, je mérite toujours d’être inscrit au palmarès de la bêtise. Car la masculinité n’a cessé pour moi d’être un problème, une question en suspens. J’aimerais bien savoir en quoi je suis un homme – et même, si j’en suis un.

 

Autoportrait en noir et blanc de Thomas Chatterton Williams (Grasset)

Thomas Chatterton Williams est métis, américain, né d’un père noir et d’une mère blanche. Posées ainsi, les choses ont l’air simples et pourtant, le sous-titre de son ouvrage illustre la démonstration à laquelle il nous invite : Désapprendre l’idée de race. Celui qui débute son livre en citant James Baldwin et Ralph Ellison maîtrise son sujet : après Une soudaine liberté – Identités noires et cultures urbaines, retour sur une identité qu’il veut au-delà de toute construction raciale.

Extrait : À travers toute mon adolescence – dont je passai une bonne partie sur les terrains de basket, ou planté devant Black Entertainment Television (et sans famille noire étendue, puisque mon père avait rompu tous les liens avec le Sud), avec une ferveur qui, avec le recul, ressemble beaucoup à celle du converti, ou au zèle des « born-again » –, j’ai consciencieusement appris ma race et agi selon elle, comme le chouchou du professeur dans un cours de rattrapage sur la masculinité noire. En y repensant, ce qui me choque le plus est la pure artificialité de ma démarche. Les gènes que je partage avec mon père, qui m’ont frisé les cheveux et foncé la peau, ne portent pas en eux un ensemble d’attitudes prédéfinies. Tout ce que j’ai cru comprendre de la façon dont un « négro » devrait se comporter, je l’ai absorbé à la volée, en observant le monde artificiel et amèrement manichéen autour de moi.

 

Souriez, vous êtes filmés ! de Robin Rivaton (L’observatoire)

Le sous-titre : Plaidoyer pour une surveillance d’État et le bandeau : Le livre qui vous fera aimer la surveillance affichent le point de vue l’auteur un brin provovateur ; de Dupont de Ligonnès à l’application Stop Covid, il développe des arguments qui pourraient bien vous faire changer d’avis sur le sujet. Après Relancer notre industrie par les robots (2013) et La Ville pour tous (2019), Robin Rivaton explore à nouveau notre société de façon toujours aussi percutante.

Extrait : Je suis favorable à la surveillance. En fouillant les librairies, je crois bien que cette position est iconoclaste et qu’elle a des allures de première. Les rayons sont Introduction remplis de livres, et les journaux de tribunes, appelant à sortir de la surveillance de masse. Une surveillance «de masse» qui semble pointer du doigt le caractère collectif de celle-ci. Il y a aussi ce fameux documentaire de Sylvain Louvet, Tous surveillés. 7 milliards de suspects, Prix Albert-Londres 2020 de l’audiovisuel, comme si la surveillance ne devait concerner que quelques personnes. Or c’est bien le caractère universel de la surveillance qui protège de l’arbitraire, ou d’une surveillance qui ne serait orientée que vers tel ou tel groupe social, ethnique ou religieux.

 

ENVIRONNEMENT


Vaincre l’injustice climatique et sociale de Naomi Klein (Actes Sud)

L’activiste altermondialiste canadienne Naomi Klein a écrit ce manifeste avec Rebecca Stefoff dont là encore le sous-titre explicite le titre : Feuilles de combat à l’usage des jeunes générations. Il s’agit d’un véritable recueil d’outils, un guide pratique transgénérationnel qui met à l’honneur une jeunesse qui se mobilise de manière très engagée pour que des actions concrêtes soient prises contre le réchauffement climatique ou les injustices sociales et économiques.

Extrait : À New York, parmi les 10 000 manifestants, une jeune fille brandissait une peinture qui représentait des bourdons voletant au-dessus de fleurs et d’animaux sauvages. Le motif était réjouissant, mais les mots qui l’accompagnaient l’étaient beaucoup moins : “45 % des insectes sont morts à cause du changement climatique. 60% des animaux ont disparu au cours des 50 dernières années.” Au centre, elle avait peint un sablier dont les grains avaient presque fini de s’écouler. Ce jour de mars 2019 a été le premier d’un mouvement mondial de “grève des écoles” pour le climat. Les organisateurs de cet événement estiment qu’il y a eu, ce jour-là, près de 2 100 grèves analogues dans 125 pays. Plus de 1,5 million de jeunes s’étaient mobilisés. La plupart étaient simplement sortis de leur établissement scolaire – avec ou sans permission – pour une heure ou pour toute la journée.

 

Ecouter l’Anthropocène de Quentin Arnoux (Le Bord de l’eau)

Et si nous prenions le temps d’écouter le monde qui nous entoure pour mieux l’entendre et le comprendre ? C’est ce à quoi nous invite l’ouvrage de Quentin Arnoux, qui comme l’indique son sous-titre : Pour une écologie et une éthique des paysages sonores nous explique comment l’écologie a besoin que nous soyons à l’écoute des paysages et de ceux qui les peuplent pour une prise de conscience globale. Des indicateurs auxquels nous semblons pourtant sourds…

Présentation Editeur : À l’intérieur d’une fine couche atmosphérique, notre planète s’exprime et résonne selon une infinité de manifestations et phénomènes acoustiques. Et si l’Anthropocène pouvait se raconter et s’expérimenter sous l’angle du son ? Cet ouvrage se propose de développer un récit alternatif et sensoriel de l’Anthropocène dans lequel les paysages sonores se dressent en véritables boussoles acoustiques. En développant une considération auditive de l’environnement, des disciplines scientifiques – la bioacoustique et l’écoacoustique au premier chef – nous font entendre les phénomènes globaux du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité. Les paysages sonores ont le potentiel d’indicateurs environnementaux.

Être un chêne – Sous l’écorce de Quercus de Laurent Tillon (Actes Sud)

Quercus n’est pas un homme, c’est un chêne mais aussi et surtout le compagnon de vie rencontré par l’auteur à son adolescence. Responsable biodiversité de l’Office national des forêts (ONF) et membre du Conseil national de protection de la nature, Laurent Tillon nous invite à prendre conscience de la fragilité du monde qui peuple nos forêts, il nous en dévoile aussi les nombreux secrets dans un savoureux mélange faits scientifiques, de poésie et de philosophie.

Quatrième de couverture : Les arbres aussi ont une histoire. Et ils la racontent à tous ceux qui perçoivent les mille petits signes inscrits dans leur écorce, dans la forme d’une branche ou l’amitié nouée avec leurs voisins. Depuis son adolescence, Laurent Tillon écoute patiemment Quercus, un grand chêne sessile dans la force de l’âge, deux cent quarante ans. Il nous révèle dans ce livre une histoire pleine d’aventures aussi diverses que tumultueuses qui a débuté avant la Révolution française. Au gré d’innombrables péripéties émaillées de batailles silencieuses et d’alliances inattendues, de pilleurs et de parasites, de tempêtes et de trahisons, l’auteur entremêle subtilement l’histoire de Quercus à celle de tout le petit peuple de la forêt, capricornes et salamandres, mulots et chauves-souris, pics et chouettes. C’est Shakespeare en sous-bois.

 

HISTOIRE


Là où tout se tait de Jean Hatzfeld (Gallimard)

Il y a quelques semaines, le Président Emmanuel Macron a reconnu la « responsabilité accablante » de la France dans le génocide au Rwanda, mettant ainsi fin à une forme de déni institutionnel. Dans ce sixième ouvrage sur le génocide rwandais, Jean Hatzfeld, grand reporter, veut cette fois rendre hommage aux « Justes » à l’histoire méconnue, des Hutus qui lors de la folie génocidaire de ceux qui les entouraient, ont au péril de leur vie parfois, aidé et protégé des Tutsis.

Présentation Editeur : Sur les collines de Nyamata, Jean Hatzfeld part cette fois à la recherche des très rares Hutus qui ont résisté à la folie génocidaire au péril de leur vie. Au Rwanda, on les appelle abarinzi w’igihango, les gardiens du pacte de sang, ou parfois les Justes. Mais vingt-cinq ans après, ils restent des personnages silencieux, entourés de méfiance ; parce que aux yeux des Hutus ils incarnent la trahison, ou leur renvoient l’image de ce qu’ils auraient pu être, tandis que les Tutsis portent sur eux d’irréductibles soupçons et le plus souvent refusent d’admettre qu’il y ait eu des Hutus méritants. Beaucoup de sauveteurs ont été abattus par les tueurs, sans laisser de trace. Certains de ceux qui ont survécu racontent ici leurs histoires extraordinaires.

 

Laure Moulin – Résistante et soeur de héros de Thomas Rabino (Perrin)

Tout le monde connait Jean Moulin, préfet devenu chef de la Résistance au destin tragique, mais on connait beaucoup moins sa soeur, Laure Moulin. Femme engagée, résistante et secrétaire de son frère, elle a joué un rôle déterminant dans les nombreuses actions qu’il a menées. A la fin de la guerre, Laura Moulin n’a eu de cesse de faire connaître l’histoire de son frère Jean. Thomas Rabino lui dédie un livre retraçant sa vie, en s’appuyant sur de nombreuses archives.

Présentation Editeur : La résistante dans l’ombre du héros. Laure Moulin (1892-1974) est la sœur du héros national Jean Moulin. À la Libération et jusqu’à sa mort, cette gardienne de la mémoire n’a eu de cesse de sillonner la France pour faire connaître l’action de son frère. Pour autant, elle, n’a pas vécu à travers le seul prisme fraternel.Si elle n’est pas au nombre de ces héroïnes qui maniaient la mitraillette comme Lucie Aubrac, elle s’inscrit cependant bel et bien dans la lignée de ces femmes résistantes, trop humble pour s’en prévaloir. Elle est la secrétaire de Jean, conservant des papiers compromettants et remplissant plusieurs missions pour lui. Tel est le passé magistralement relaté par Thomas Rabino à partir de sources inédites : archives familiales, privées, administratives et résistantes, témoignages de proches amis et connaissances.Il est aujourd’hui temps de lever le voile sur une femme d’exception, éternelle républicaine, et grande résistante.

 

Dans l’intimité des Windsor : 1940-1945 de Alathea Howard (Stock)

La Reine Elisabeth II a fêté ses 95 ans cette année, quelques semaines avant le décès de son mari Philip Mountbatten. Un couple que l’on a pu découvrir dans la série The Crown diffusée sur Netflix, mais qui était la jeune Elisabeth ? Dans son journal intime, Alathea Fitzalan Howard, voisine de la famille royale, lève le voile sur leur vie  pendant la seconde guerre mondiale : amitié, jeunesse et expériences vécues avec ses amies, la future reine Elisabeth et sa soeur Margaret.

Extrait : Sa seule joie est l’amitié qu’elle porte aux princesses Elizabeth et Margaret qu’on a mises à l’abri à Windsor pendant la guerre. Une guerre qui ne fut jamais très loin puisque Windsor Park fut bombardé et des gens tués. Dans Our Princesses at Home, un livre de photos publié en 1940 qui montrait la vie quotidienne des princesses, Lisa Sheridan écrivait : « La reine Elizabeth souhaitait plus que tout au monde que ses enfants vivent entourés d’affection et de bonheur. » Je pense qu’Alathea, en tant que voisine et amie, en a bénéficié involontairement, suivant ainsi une ligne de conduite pendant la guerre. Si le journal accorde une grande place aux moments qu’Alathea partagea avec les princesses, et à l’amour qu’elle leur vouait, il ne se prive pas d’évoquer les choses avec franchise. Elle déclare, par exemple, du prince Philip, « pas du tout mon genre ». Ce n’est pas rien d’apprendre que la première fois qu’Elizabeth parla de lui, elle n’avait que quatorze ans.

 

ART / SCIENCES

 

Léon Spilliaert DE Eva Bester (Autrement)

Le peintre belge Léon Spilliaert est à l’honneur dans cet essai d’Eva Bester que certains peuvent écouter dans l’émission dominicale Remède à la mélancolie sur France Inter. Son attrait pour le noir, le vague à l’âme, l’auteure connait bien, et c’est justement le thème central des oeuvres de Spilliaert. De cette rencontre est né cet ouvrage dédié à cette connexion : ‘C’est un alchimiste : de la boue et la sombreur, il fait du sublime. Spilliaert donne du panache au spleen.’

Extrait : Plusieurs d’entre nous ressentent le monde comme un vaste hangar froid sans plafond et sujet à une pluie continue. Quelques esprits singuliers – une dizaine par siècle – passent cet environnement existentiel crépusculaire au tamis de leur psyché, et en font de la beauté. En 1881, Ostende, port de pêche du littoral des Flandres dont le nom signifie en néerlandais « la fin de l’Est », donne naissance à l’un d’eux : le peintre belge Léon Spilliaert. Nerveux et sujet à des maux d’estomac, cet élu va représenter la mélancolie, l’angoisse et la déréliction avec tant de grâce qu’on serait presque tenté, pour mieux savourer son œuvre, de les convier en soi délibérément au lieu de s’y soustraire. L’encre de Chine de Spilliaert matérialise une bile noire transcendée. Les ténèbres intérieures sont transfigurées, le spleen est sur son 31, le macabre n’a jamais paru aussi séduisant ; quitte à être englouti par l’effroi inhérent à notre condition, autant le faire dans un beau tableau.

 

L’autre art contemporain de Benjamin Olivennes (Grasset)

L’art est une chose, l’art contemporain en est définitivement une autre. Certains de ces artistes sont portés au nu alors que d’autres moins médiatisés mais autrement plus talentueux semblent ne pas même exister. Benjamin Olivennes explique d’ailleurs sans détour que ‘s’opposer à cet art contemporain, ce n’est pas s’opposer à l’art, c’est opposer un contre-pouvoir à ce qui aujourd’hui domine‘. Mention spéciale pour la très belle couverture de l’artiste-peintre Sam Szafran.

Extrait : Qu’a-t-il pour déplaire, cet art contemporain pris comme un tout, comme nous pouvons en faire l’expérience dans une foire ou un musée ? Il est, la plupart du temps, insignifiant ; moche ; fonctionnant à la provocation, souvent sexuelle, mais une provocation banale et triste ; n’impliquant aucun métier, aucun savoir-faire, aucun travail ; quand il y a création d’un objet neuf, celui-ci est produit en usine par un « artiste » qui ne pose pas les mains sur l’œuvre. Il se reconnaît aussi aux critères d’évaluation qu’il se donne à lui-même et aux commentaires qu’il suscite : « c’est marrant », ou le sempiternel « c’est intéressant ». Qui ne voit que dire d’une œuvre d’art qu’elle est « intéressante », c’est avouer qu’elle est insignifiante, car l’œuvre d’art devrait nous bouleverser, nous émouvoir, nous saisir, nous éclairer ? Souvent il me prend l’envie de demander à ceux qui disent de telle ou telle exposition d’art contemporain que « ouais non là, j’ai trouvé ça vachement intéressant, tu vois » s’ils aimeraient avoir ce qu’ils viennent de voir dans leur chambre : cette mise à l’épreuve aiderait à distinguer le bon grain de l’ivraie.

 

Idées de génies de Gautier Depambour et Étienne Klein (Flammarion)

Vulgariser la science, c’est ce que propose cet ouvrage par le biais de 33 textes qui nous permettent de (re)découvrir de manière didactique, des femmes et des hommes de génie qui ont fait avancer la science avec mini-bio, contexte, commentaires et même anecdotes. Nous avions sélectionné Ce qui est sans être tout à fait d’Etienne Klein lors du GPL 2020, on le retrouve cette fois en duo avec Gautier Depambour, et on aime toujours autant ce qu’il propose !

Présentation Editeur : Tout le monde connaît le chat de Schrödinger, enfermé dans sa boîte étriquée, dont on répète à l’envi depuis plusieurs décennies qu’il est à la fois « mort et vivant ». Mais qui a vraiment lu le texte dans lequel il devient le héros d’une expérience de pensée « diabolique »  ? Cette anthologie propose de faire vivre charnellement la science, à travers une sélection de 33 textes, chacun présentant une idée qui a marqué l’histoire de la physique occidentale du XVIIe au XXIe siècle. Car la physique, loin de se limiter à un ensemble de lois abstraites ou de théories sans âme, est aussi une véritable aventure humaine, ponctuée de débats, de passions, d’émotions, de convictions, et bien sûr… de coups de génie.

 

MONDE

 

Le Souffle des Andes de Linda Bortoletto (Payot)

Exploratrice à travers le monde, de la Sibérie à l’Alaska, en passant par l’Himalaya et Israël, Linda Bortoletto sillonne en solitaire depuis plus d’une décennie des contrées sauvages et spirituelles. L’ancienne capitaine de gendarmerie nous emmène à travers les Andes et nous plonge cette fois au cœur du Greater Patagonian Trail pour un chemin parfois mouvementé entre deuil et résilience, aventure extrême et thérapie. Tout là-bas, au bout du monde, la vie…

Présentation Editeur : À l’été 2019, alors qu’elle parcourait seule, en Turquie, le trek du Chemin des Soufis, Linda Bortoletto faillit mourir dans les montagnes d’Anatolie centrale, victime d’une agression sexuelle dont elle réchappa par miracle et qui la laissa dévastée. Quelques mois plus tard, elle décidait de se lancer dans un périple de résilience et de purification en affrontant l’un des treks les plus difficiles de la planète, le Greater Patagonian Trail, qui, depuis Santiago du Chili, traverse les Andes sur trois mille kilomètres non balisés, absolument sauvages, dangereux, où règnent les quatre éléments (volcans en activité, torrents déchaînés, apocalyptiques tempêtes, végétation parfois infranchissable). Ce défi la conduira au bout du monde, là où renouer avec la vie.

 

Rumeurs d’Amérique de Alain Mabanckou (Plon)

On aime quand Alain Mabanckou nous fait voyager au Congo-Brazzaville, son pays natal, mais cette fois c’est du côté des Etats-Unis que l’auteur nous emmène, pays dans lequel il enseigne depuis une quinzaine d’années. Sous la forme d’un carnet de bord Californien il explore comme il sait si bien le faire, une société et son rapport avec les individus qui la composent : minorités, musique, politique… Une exploration profonde, faite d’échanges et de rencontres.

Présentation Editeur : Le portrait d’une autre Amérique. Ici, je me suis fondu dans la masse, j’ai tâté le pouls de ceux qui ont ma couleur, et de ceux qui sont différents de moi, avec lesquels je compose au quotidien. Certains lieux, de Californie et du Michigan, me soufflent leur histoire car je les connais intimement. D’autres me résistent, et il me faut quelquefois excaver longtemps pour voir enfin apparaître leur vrai visage. Mais ce périple n’a de sens que s’il est personnel, subjectif, entre la petite histoire et la grande, entre l’immense et le minuscule. Et peut-être même que, sans le savoir, j’entreprends ici ce que je pourrais qualifier d’autobiographie américaine, entre les rebondissements de l’insolite, la digression de l’anecdote et les mirages de l’imaginaire.

 

Manuwa Street de Sophie Bouillon (Premier Parallèle)

C’est une plongée au coeur de Lagos au Nigeria dans laquelle nous entraine l’auteure. Prix Albert-Londres et directrice adjointe de l’Agence France-Presse dans la plus grande ville du pays, Sophie Bouillon pose sa plume factuelle de journaliste pour décrire avec justesse et sans tabou, le meilleur comme le pire de la bouillonnante et très contrastée Lagos, oscillant entre misère et opulence. Un récit tout à la fois attachant et inquiétant, émouvant et captivant.

Présentation Editeur : « Lagos vous rend vivant. Lagos vous tue. Ici, vous aurez tort sur tout. Ici, vous n’aurez plus raison de rien. Lagos crée autant de millionnaires qu’elle envoie de pauvres au tapis. Et jamais, vous, humains, malgré vos croyances et vos certitudes, jamais vous n’aurez voulu tant vivre. Au milieu de ce trop-plein, de ce trop de gens, de ce trop de déchets, d’injustices, de fêtes et d’excès. De tout ce que vous aviez tenté d’ignorer jusqu’à présent. » La narratrice vit à Lagos, la capitale économique tentaculaire du Nigeria, lorsque le premier cas de coronavirus y est déclaré. Journaliste, elle s’extrait de sa nuit pour aller écrire la dépêche qui annoncera au monde que l’Afrique, à son tour, est touchée par ce « virus des Blancs » qui met l’Occident à genoux. Manuwa Street, c’est le récit impressionnant d’une année qui s’achèvera par le soulèvement d’un peuple. C’est aussi et surtout une plongée hypnotique et lumineuse dans une ville qui ne connaît jamais de répit, à la rencontre d’hommes et de femmes aux prises avec le vacarme du monde.


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