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MaXoE Festival 2026 : Sélection BD Européenne

Petit tour du côté de la Sélection BD Européenne du MaXoE Festival 2026 !

La BD européenne possède toujours des capacités à nourrir nos rêves. D’abord car elle s’aventure sur des chemins peu ou pas empruntés, ensuite car elle n’hésite jamais à jouer du médium, à pousser toujours plus loin, graphiquement et narrativement, les curseurs, les limites. Le tout en s’ancrant dans le présent mais aussi les imaginaires les plus débridés. Encore une fois il était difficile de faire une sélection de quelques albums. Nous avons joué cette année le grand écart, à savoir des récits franchement différents, qui chacun sont autant de coups de cœur pour des raisons totalement différentes. C’est jubilatoire et ça démontre la vitalité du franco-belge !

 

 

Cette BD est l’adaptation d’un roman de E.J. Ellory. Il faut dire que Philéas est spécialisé dans cet exercice. L’histoire commence en 2006, on suit l’inspecteur John Verlaine qui enquête sur un meurtre : un corps a été retrouvé dans le coffre d’une voiture, on lui a découpé le coeur puis replacé celui-ci dans sa poitrine. Il va voir la mafia locale mais sans succès, enfin la seule information que lui livrent les bandits c’est qu’il ne faut pas se mêler de tout cela. De retour au poste de Police, il fait la rencontre de deux agents du FBI qui lui indiquent que l’homme décédé était chargé de la sécurité de la fille d’une personnalité politique et celle-ci a disparu. L’enquête pour retrouver la jeune femme commence et elle est ponctuée par des appels téléphoniques d’une personne qui demande à faire venir un flic, Ray Hartmann, d’une autre ville, New York, pour que la situation se débloque. Une fois Ray arrivé en Louisiane, on signale qu’un homme arrivé au poste demande à le voir. C’est Ernesto Perez et c’est lui qui donnait les coups de fil. Il propose un deal à notre flic. Il veut que Ray écoute attentivement une histoire et la fille sera libérée …

Quelle belle BD. L’auteur nous propose de revivre le parcours d’un jeune mafioso avec tout ce que cela implique. Tout cela est traité avec beaucoup d’humanité, on comprend le parcours, on ressent les émotions et on est effrayés par le côté inéluctable de certains destins. Ce qui ressort aussi de tout cela, c’est la fragilité de chacune de nos vies, tout peut basculer à tout moment. Ces pages sont aussi comme un témoignage historique, on voit les années passer, on voit les choses changer et c’est tellement bien fait ! La fin aussi vous surprendra, il y a un côté Usual Suspects dans tout cela. En bref, vous allez dévorer ces pages sans vous arrêter, c’est sûr. Les dessins sont parfaits pour décrire cette ambiance de mort et de misère et ils sont couchés sur un papier brut de très belle qualité. Un must-have de cette fin d’année !

Fabrice Colin – Vendetta – Philéas

 

Kori, une jeune adolescente de 11 ans accro aux écrans, est inscrite à un week-end nature pour se déconnecter, où les téléphones sont interdits. Cependant, elle passe plus de temps à jouer en cachette sur son portable qu’à participer aux activités… jusqu’à épuiser complètement sa batterie. Elle et certains de ses camarades décident alors de traverser la forêt en pleine nuit pour aller acheter un chargeur dans une boutique du coin. Malheureusement pour eux, la forêt est réputée hantée et serait même le repaire d’un démon… Parviendront-ils à la traverser indemnes ? Kori réussira-t-elle à finir sa partie ?

Ce premier tome pose les bases de l’univers d’À faire peur. On est tout de suite plongé dans l’ambiance grâce à la présentation du récit par le narrateur et ses deux chats (oui, il y a des chats qui parlent !). Les personnages jouent sur des archétypes de l’enfance mais restent crédibles : il y a le peureux, le simplet, l’extravertie qui aime faire des blagues à tout le monde, le chevalier blanc… et Kori, la jeune fille au tempérament de feu. Notée 1 sur 4 sur l’échelle du trouillomètre, cette première histoire constitue une excellente entrée en matière pour commencer à se faire peur en douceur. Les dessins de Paul Drouin collent parfaitement au scénario et parviennent à nous plonger dans le folklore de Trouillensac, avec juste ce qu’il faut pour nous faire frissonner. Mais au-delà de l’aspect horrifique, les œuvres de Lylian et Ingrid Chabbert cherchent aussi à faire passer des messages tout en nous faisant réfléchir. Ici, le thème de l’addiction aux écrans qui touche de plus en plus de jeunes, est particulièrement bien intégré à l’histoire. Les histoires d’À Faire Peur s’annoncent donc comme un savant mélange de frissons et de réflexion.

Lylian / Ingrid Chabbert – A Faire Peur, T1 : Terreur Au Camping – Soleil

 

Franck Sharko n’est qu’un jeunot dans la police du 36 quai des orfèvres. Il est chez lui, sous la douche, et des salves d’images effrayantes s’imposent à lui. Heureusement une personne vient frapper à la porte ce qui lui permet de sortir de ces pensées sombres. C’est sa compagne qui lui a fait la surprise de débarquer à l’improviste mais même cette présence ne lui fait pas oublier ce qu’il a vécu la veille. Il a été dépêché sur une scène de crime particulièrement glauque. Le voilà donc qui débarque, avec son coéquipier, dans un atelier de peinture parsemé d’oeuvres représentant une tête de monstre aux dents acérées. Pire encore, dans une chambre, il découvre un corps attaché au lit avec un sac craft sur la tête et il peut dire merci à ce sac car la tête du cadavre est complètement décomposée. Au-dessus de la tête de lit, des photos sont alignées, elle représentent des enfants pris individuellement en photo et sans le moindre habit sur eux. Dure affaire pour ce jeune policier…

Voilà une BD polar comme je les aime. L’ambiance est sombre à souhait et les ficelles du scénario sont suffisamment emmêlées pour ne pas être prévisibles. Le jeune Sharko fait ses armes et on sent le potentiel du flic chez lui déjà. Les thèmes abordés sont ceux qui sont chers à Franck Thilliez. On y parle bien sûr de sexualité mais aussi d’esprit retors, la drogue est bien présente aussi. Il y a également des théories sur les jumeaux et sur la manipulation de l’enfance. Tout cela est monté en mayonnaise avec brio pour une lecture très addictive. Le tout bénéficie du trait de Michel Montheillet qui sait créer les ombres propices à l’angoisse. Si vous aimez les thrillers, cette lecture est faite pour vous. 

Franck Thilliez, Luc Brunschwig – 1991 – Philéas 

 

Parfois l’homme perd la tête, englué dans les travers d’une société qui ne lui laisse plus le temps de s’adapter ou de composer avec le réel, parfois c’est sa face cachée, cette arrière-boutique négligée de l’étrange ou de l’ailleurs, univers obscur ou abscons, qui révèle sa propension à illuminer la pensée… C’est un peu de cela dont il est question dans La tête de mort venue de Suède…

Lorsqu’il meurt au milieu du dix-septième siècle, son aura est déjà au plus haut. De par son œuvre publiée en philosophie et en sciences, et de par les polémiques ou les controverses dont elle fut l’objet dans une société dominée par une Église omnipotente qui s’oppose encore fermement aux démonstrations développées par l’héliocentrisme. René Descartes publiera de son vivant des travaux fondateurs pour le renouveau de la philosophie. Le Discours de la méthode ou Les méditations métaphysiques font partie de ses écrits essentiels, transmis et appris par les générations suivantes sans discontinuer jusqu’à nos jours. Pour autant, peu d’entre nous connaissent l’histoire de l’homme, du philosophe et plus particulièrement de sa fin tragique, encore suspecte (fut-il empoisonné à l’arsenic ?) et de sa dépouille, trimballée à gauche et à droite depuis la Suède, où Descartes rendit l’âme, jusqu’à Paris, où ses restes furent délogés de plusieurs lieux avant que sa tête n’atterrisse au musée de l’Homme, où elle est encore conservée.

Passé un préambule onirique qui se veut une ouverture sur un monde étrange, le récit de Daria Schmitt s’arrête sur la galerie d’Anatomie comparée du Jardin des Plantes à Paris. Là, chaque nuit, un crâne s’éveille et déambule dans les travées, cherchant à lever les zones d’ombres qui sillonnent son passé, et à requestionner les théories aujourd’hui – trois siècles plus tard – contestées ou nuancées. Ces doutes et ces interrogations, qui s’alimentent de fils décousus, sont partagés avec les squelettes d’animaux exposés qui l’entourent dans ce lieu fermé, qui vont l’aider dans sa démarche.

Au travers d’une proposition graphique d’une grande maîtrise, faite de planches qui empruntent ou flirtent avec la gravure, Daria Schmitt poursuit la construction d’une œuvre qui s’immiscent et louvoie avec l’étrange. Après Le bestiaire du crépuscule qui revisitait L’Étrange Maison haute dans la brume/The Strange High House in the Mist de Lovecraft et après Ornithomaniacs, qui, lui, offrait une relecture très personnelle d’Alice au pays des merveilles et du Magicien d’Oz, la dessinatrice pose un nouveau jalon à son œuvre. Les ingrédients qu’elle cultive depuis ses premiers récits, l’étrange, l’onirisme, les questionnements sur le sens de (certaines) choses qui percutent la vie (ou la mort) de ses personnages et cette place laissée aux animaux, êtres pensants, qui dialoguent avec les humains qui les entourent, se retrouvent déclinés dans La tête de mort venue de Suède, dont le titre à lui seul peut se lire comme une invitation à tourner les pages. Les dialogues savoureux composés par l’autrice et la capacité à faire « vivre » la narration, conjugués à la richesse foisonnante de son trait, font de ce nouveau titre un album incontournable de cette rentrée littéraire. Un titre qui prend place dans la prestigieuse collection Aire Libre, décliné dans trois écrins distincts, qui saura ravir le lecteur qui suit Daria Schmitt depuis ses débuts ou celui qui la découvre au travers de ce projet.

Daria Schmitt – La Tête de Mort Venue de Suède – Dupuis

 

Le monde de Jenny va mal. Le lent glissement, continu, qui a ravagé la planète ne laisse en effet entrevoir aujourd’hui qu’un univers désolé, sur lequel ne glisse plus aucun espoir. Ou presque. Car une poche de femmes et d’hommes tente encore l’impossible, à savoir de retrouver des abeilles afin de polliniser les plantes et reconstituer, peu à peu, une biodiversité déchirée en lambeaux. À bord de monades tentaculaires, ceux qui ne sont pas encore résignés arpentent les terres grises, cartes en main, avec cette contrainte permanente de ne pas s’arrêter, pour ne pas risquer la mort. Le mouvement est vie, et cette règle est bien inscrite dans l’esprit de Jenny. La jeune femme, comme d’autres, explore les moindres recoins de terre, en usant de la miniaturisation possible de son corps, pour arracher les rares indices qui permettraient de retrouver la piste d’une pollinisatrice salvatrice. Mais le constat semble sans appel. Et la durée de vie des derniers humains réduite à peau de chagrin. Luttant contre fantômes et démons, Jenny continue pourtant d’y croire, jusqu’à mettre en danger sa santé physique…

Silent Jenny clôt la trilogie SF de Mathieu Bablet entamée avec Shangri-La il y a dix ans. Dans ce dernier volet, le dessinateur dépeint un monde à l’agonie dont les perspectives se heurtent sans cesse à des rideaux de nuages ou de fumée qui réduisent d’autant la palette chromatique ambiante à des niveaux de gris terreux. Un univers post-apo sombre qui pourtant, laisse entrevoir quelques espérances. Car le monde n’est pas encore totalement mort et, même si les espoirs sont minces de voir un jour la courbe du pire s’inverser, certains y croient encore. À bord de monades qui s’imposent comme des micro-sociétés à part entière les femmes et les hommes partagent, échangent, se parlent, se respectent et luttent dans un même but, là où le repliement sur soi et la résignation auraient pu l’emporter. Au travers de gestes et de regards anodins, mais précieux, échangés, la vie bringuebalante, fragile, éphémère et vouée à l’échec de cette poche de vie laisse apparaître de faibles rais de lumière. Encore faut-il accepter qu’ils ne soient pas tous immaculés, le temps jouera pour eux.

Avec Silent Jenny Mathieu Bablet arrive à maturité. Peut-être parce que l’auteur de SF et l’homme n’ont jamais été aussi proches. Au travers du personnage de Jenny on retrouve les doutes, mais aussi les espoirs de ceux qui croient encore aux possibles inversions des courbes. Le dessin, d’une rare maîtrise, se fait riche et luxuriant. Il se décline parfois en doubles-planches monumentales qui dimensionnent l’univers désolé qui y est dépeint, avec poésie, onirisme et cette croyance folle en l’être humain. Du grand art, à lire et à partager à l’envi.

Mathieu Bablet – Silent Jenny – Rue de Sèvres

 

Un jour les eaux ont monté, de façon irrésistible et continue, envahissant toujours plus d’espace. Et elles ne sont jamais reparties. Les populations se sont alors réfugiées, de gré ou de force, à l’intérieur de villes bordées de hautes digues. Là, une nouvelle vie, pas nécessairement différente de l’ancienne, s’y organise sans trop se soucier des autres. Chacun aurait pu accepter cet état de fait et apprendre à se reconstruire, sans passion n’y emphase. Pourtant, des poches de vie résistent encore aux injonctions des autorités à gagner la terre ferme. Dans des bateaux de fortune parfois agglomérés entre eux, sur des maisons flottantes au grès des courants ou encore sur des lambeaux de terre encore préservés, des femmes et des hommes refusent de s’aligner. Ils y découvrent une autre manière de vivre, faite de partage, d’entraide et d’écoute. Loin des standards imposés par la société consumériste et déshumanisée qui vient pourtant de se voir porter un sérieux coup d’arrêt, ils représentent un espoir et pourquoi pas une issue. En tout cas, une alternative à cette société sous contrôle qui invite à un rapport différencié au temps et à l’environnement. Dans ces espaces jadis grouillant de vie, nous suivons la trajectoire de Jeanne, la doyenne, d’Hans, de Groza et du chien bleu qui les accompagne. Si tous affichent des passés et des parcours meurtris, ils vont aussi, au cœur de ces emprises délaissées, retrouver le sel d’un quotidien dopé aux petites joies. Mais, pour le conserver, ils devront mener un dernier combat fait de solidarité. Dans une proposition graphique poétique teintée d’onirisme, Benjamin Flao, avec une délicatesse réjouissante, nous invite à repenser notre manière d’être au monde. Pour rehausser de couleurs bariolées nos modes de vie parfois ternes et briser les chaînes asservissantes d’une société qui a sûrement perdu l’essentiel. Avec simplicité. Un récit lumineux.

Benjamin Flao – L’âge d’Eau, partie 2 – Futuropolis

 

Dans chaque campagne, même la plus reculée, la plus aride et la plus austère, s’élève toujours une maison, bicoque faite de pierres ou de bois dépareillé, qui atteste la présence de l’homme. Et derrière cette maison, un chemin qui y mène ou qui en part. Un chemin qui n’offre pas qu’une seule destination au promeneur mais qui se sépare vite en de multiples bifurcations, portant celui qui y serpente loin de son trajet initial. Alors tous les possibles peuvent s’y exprimer. De vieilles légendes transmises au coin du feu durant les longs hivers neigeux où le vent fouette les murs et les volets disjoints, des rêves éveillés qui parlent de forêts, d’arbres monumentaux, de lichens et de mousses, de champignons boursoufflés, d’une faune riche et sauvage et des enfants, hommes ou femmes qui s’y enfoncent parfois et qui y construisent toute une fantasmagorie à partager. Le chemin derrière la maison offre toutes ses images-là et beaucoup plus encore. Construit sous forme d’un long poème dessiné, le récit parle de l’immense et du microscopique, de la vie et de la mort et de la transformation qui s’opère entre toutes ces formes. Nous connaissions Jérémie Gasparutto pour son travail sur Doggbags et quelques illustrations réalisées ici ou là par exemple pour la promotion du Manger Bambi de Caroline De Mulder chez Gallimard en 2021. Avec Le chemin derrière la maison le dessinateur nous ouvre les portes de son univers singulier, fait de dessins et de récits qui s’agglomèrent a priori sans liens ou sans logique particulière mais qui, au final, nourrissent un humus riche et sombre. Une matière qui renvoie à l’organique, au minéral, à la fragilité des existences et à beaucoup d’autres choses. Car l’album composé par Jérémie Gasparutto tissera des liens différents en chaque lecteur qui y pénètrera avec sa sensibilité et sa vision composée, alimentée de son vécu et de son expérience. Un ovni proposé par Rue de Sèvres en grand format (25.2x34cm) qui détonne à souhait !

Jérémie Gasparutto – Le Chemin Derrière La Maison – Rue de Sèvres

 

Lorsqu’il s’engage dans le projet fou de raconter l’histoire de la vie depuis le Big Bang jusqu’au Big Crunch, Jens Harder n’est pas sûr lui-même d’aller au bout de son périple. Après trois opus publiés depuis 2009, sort, fin 2025, le dernier volet, qui entreprend de raconter l’avenir de notre planète. Un avenir qui, il l’avoue dans les notes de cet imposant pavé, repose sur ce qui lui semble plausible au regard de l’évolution des techniques et des choix humains. Tout en sachant que personne ne sait ce que sera demain dans mille, cent ou même dix ans. Rien qui ne freine pour autant Harder qui décortique, dans des chapitres s’étendant sur quelques siècles puis quelques millions d’années, l’échec civilisationnel d’une humanité absorbée par la technologie et qui a, depuis longtemps, construit son futur sur des chimères. Alors, peu à peu, si certains territoires (l’Afrique notamment) parviennent à des développements technologiques « satisfaisant » la spirale et l’ambition technologique précipitent la fin. Une fin qui devient palpable (à notre époque) sur une planète saignée à blanc qui voit sa flore et sa faune peu à peu dépérir. Et ce ne sont pas les projets fous d’expansion lointaine, réservés à des millionnaires coupés du réel, qui vont arranger les choses. Aussi, Jens Harder prévoit-il que la Terre n’accueillera plus d’humains sur son sol en 2530. Les colonies lointaines, assurant le continuum de civilisations mortifères avant de s’éteindre définitivement… Que sera demain ? Peu le savent, mais peut-être qu’un premier pas serait de réfléchir à cette phrase d’Asimov que cite Harder en postface : L’aspect le plus triste de la vie d’aujourd’hui est que la science accumule des connaissances plus vite que la société n’accumule de sagesse (Isaac Asimov).

Jens Harder – Gamma… Visions – Actes Sud


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