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Une BD sous le bras : Spécial humour estival !

Il est souvent préconisé de rire cinq minutes par jour pour repousser la naissance de rides ou ridules sur notre visage. Nous vous proposons donc une solution infaillible avec trois albums chaudement recommandés. Avis aux amateurs !

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L’été reste peut-être la meilleure période pour lire les albums d’humour. Pas que le reste de l’année doive se vivre dans une morosité exacerbée mais plutôt en raison d’une plus grande réceptivité au gag lu à l’ombre d’un parasol sur la plage ou en terrasse d’un bistro avec une bonne bière à proximité. Et à vrai dire on ne sera pas déçu de découvrir en tête de gondole trois albums humoristiques singulièrement différents mais près à nous décrocher un sourire même dans les situations qui ne s’y prêteraient pas forcément.

julien_cosmik7Celui qui remporte la palme n’est autre que le dernier volet de Cosmik Roger. Pour la peine le fait de savoir que la série s’arrête avec cet ultime opus serait plutôt du genre à nous enfermer dans un océan de nostalgie. Eh oui, il faut le dire, Cosmik Roger, le cosmonaute gringalet toujours présent dans les mauvais plans (type Pierre Richard dans La chèvre) et qui accumule allègrement les bourdes, fait un peu partie de la famille, habitués que nous sommes à suivre ses aventures depuis plus de dix ans maintenant. Pour ceux qui prennent le wagon en route rappelons un peu le contexte. Dans un futur assez éloigné la Terre n’a pu faire face au danger du surpeuplement. Des sept milliards qui la peuplent aujourd’hui sont venus se rajouter quelques trente-huit milliards de nouveaux pensionnaires. Il ne va sans dire que les ressources de notre belle planète bleue commencent à sérieusement être mises à mal. Le président du monde a donc décidé d’envoyer un explorateur au fin fond de la galaxie pour essayer de trouver une nouvelle planète viable à coloniser ! Après de nombreux déboires dans ses recherches, Cosmik Roger pense maintenant à autre chose de plus sentimental, lui le solitaire qui navigue dans le vide intersidéral projette de trouver son double, la femme qu’il pourra aimer et qui sera à ses petits soins et réciproquement, bref fini les aventures d’un soir sans lendemain, les saouleries avec les potes au bistrot et tous les travers du célibataire classique qui finissent souvent par couter plus cher qu’ils ne rapportent… Oui mais voilà trouver chaussure à son pied n’est pas mince affaire ! Il faut parfois se méfier des coups de cœur, ou des petites amies d’enfance, bref cela peut se révéler aussi difficile que d’identifier une nouvelle planète.

Julien et Mo/CDM nous concoctent là un sacré bon opus, et à vrai dire il est dommage que la série s’achève même si cela se fait sur un geste noble et héroïque de la part de son héros. Car passer un moment avec Cosmik Roger était l’assurance de voir les nuages disparaître, la certitude que le sable ne viendrait pas s’écraser sur notre visage lorsque notre voisin de plage secouerait sa serviette, l’évidence même que le serveur du bistrot n’oublierait pas notre tranche de citron dans notre bière blanche et que nous n’aurions pas oublié la crème solaire à notre appart situé si loin en plein cœur de la station balnéaire. En d’autres mots Cosmik Roger possédait cette faculté salutaire de rendre possible l’impossible et de réjouir les sourires les plus coincés de Mona Lisa en passant par Woody Allen. Pour tout dire cet ultime opus reste à l’image des autres et c’est bien là que le bât blesse. Nous n’en aurions pas voulu aux auteurs s’ils nous avaient livrés un dernier album moyen voire décevant, mais avec la lecture de l’ultime planche de ce onzième tome pleinement jouissif nous devront maintenant composer avec l’absence de l’un de nos plus chers héros…   

Les meilleures histoiresDu coup nous nous rattrapons sur un autre album de poche à couverture cartonnée qui n’est pas pour nous déplaire même s’il s’agit de la réédition et de la compilation de gags de Carali, dont certains sont passés à la postérité, Les meilleures histoires drôles en BD. Une fois pris en main l’album ne se lâche plus, signe plutôt positif me direz-vous. L’humour est souvent au bord des pâquerettes, souvent en dessous de la ceinture ou présente des scènes du quotidien que nous aurions pu vivre et dans lesquelles nous aurions sûrement été des plus mal à l’aise, pourtant chacun de nous ne saurait expliquer pourquoi, le charme opère toujours, même lorsque le gag et sa chute sont déjà connus.

Pour vous faire saliver je vous propose deux/trois gags contenus dans cet épais volume. Dans la salle d’attente d’un hôpital un certain Monsieur Hon est interpellé par un chirurgien qui lui annonce être porteur de deux nouvelles concernant l’état de sa femme, une bonne et une mauvaise. Le mari demande alors que le docteur lui assène la mauvaise, et là c’est le choc : « Dans l’accident, votre femme a perdu la vue, ses bras, ses jambes, ses seins, la parole… C’est un légume quoi… Votre vie est foutue, mon pauvre vieux… ». Le mari devenu bleu demande alors que le chirurgien lui délivre malgré tout la bonne nouvelle… « La bonne nouvelle, c’est qu’on est le premier avril et qu’en fait votre femme est morte. Merci qui ? » SIC ! C’est direct et incisif… Deuxième exemple deux femmes viennent visiblement de passer une soirée entre fille et rentrent chez elles. L’une d’elle dit à l’autre qu’une envie pressante se fait sentir. La seconde lui propose alors d’aller se soulager dans un endroit calme, le cimetière. Sitôt arrivées les deux femmes font leur office et l’une dit à l’autre qu’elle n’a rien pour s’essuyer. Sers-toi de ton slip lui propose son amie et la première femme s’exécute puis jette sa culotte… La seconde par contre se trouve un peu dans la panade car elle ne porte pas de sous-vêtement sur elle. Elle se sert alors d’un tissu mortuaire qu’elle trouve à proximité. Le lendemain les deux maris discutent au bar. Le premier interpelle l’autre : « Dis-donc. Faut qu’on surveille nos femmes. La mienne est rentrée sans culotte la nuit dernière… Moi c’est pire dit le second, Elle est revenue avec une carte coincée entre les fesses avec un mot : De la part de toute la brigade des pompiers. On ne t’oubliera jamais » !

Le dessin vise l’efficacité, le texte souvent bref, incisif et parfaitement calibré assure quant à lui l’essentiel et reste en tête par ses pirouettes ou ses allusions plus ou moins salaces. Carali s’est imposé avec son style reconnaissable entre mille et il faut saluer ici les éditions Hugo & Cie de nous livrer cet opus à conserver et à ouvrir plus tard quand le cafard nous ronge… Et de cafard justement il en est question dans l’album à suivre…

LES INSECTES EN BDNous ne pouvions finir sur ce registre de l’humour sans évoquer le petit succès d’estime que représente la toute fraiche série Les insectes. Destinée aux enfants ou pré-ados (mais aussi aux autres) elle nous propose de mêler des histoires placées sous le double signe de l’humour et du savoir/de la découverte. Le principe est simple, faire un zoom sur les insectes qui pullulent (ou pas) dans nos jardins ou nos intérieurs et présenter leurs spécificités ou leur manière de vivre en une planche bourrée d’humour. Pas évident peut-être, mais cela fonctionne parfaitement bien, placé dans les mains expertes de Cazenove, l’homme qui dégaine un gag plus vite que son ombre.

Nous verrons ainsi par le biais d’un jeune garçon qui ne peut quitter la lecture d’un livre passionnant sur les insectes et qui relate à sa grand-mère ce qu’il découvre, que les abeilles fabriquent le miel d’une bien étrange façon puisque celle qui va récolter le nectar des fleurs régurgite ensuite celui-ci à une abeille receveuse qui le régurgitera à son tour en le mêlant à ses sucs gastriques… Pas très glamour ! Nous découvrirons ensuite que les fourmis volantes sont équipées d’ailes. Ces fourmis sexuées profitent de leur capacité à se déplacer plus vite et plus loin pour s’accoupler avec des individus d’autres colonies, réalisant ainsi l’essaimage. Nous apprendrons aussi que l’empuse, mante particulièrement féroce du sud de l’Europe aime à se nourrir d’autres insectes qu’elle dévore vivants ou encore que les insectes ne possèdent pas de poumons mais respirent grâce à des orifices situés le long de leur corps. Bref pas mal de découvertes, même pour nous, sur des insectes comme l’éphémère, le criquet, le forficule, l’empuse, la queue fourchue, le hanneton, le phasme, le taon de bœufs ou le bupreste.

Nous découvrons aussi et surtout au travers de ces histoires que si l’homme est souvent considéré comme pas forcément sympa envers son espèce, les insectes ne sont pas non plus très tendres avec leurs homologues. Un album particulièrement frais que l’on doit aussi à l’efficacité des dessins de Cosby. Recommandé !

Julien et Mo/CDM – Cosmik Roger – Fluide Glacial – 2013 –  10, 80 euros
Carali – Les meilleures histoires drôles en BD – Hugo & Cie – 2013 – 14,95 euros
Cazenove/Vodarzac/Cosby – Les insectes tome 2 – Bamboo – 2013 – 10,60 euros


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